Qu’est-ce qu'un objet aujourd’hui ?
Par Jean-Louis Frechin le samedi, octobre 27 2007, 17:02 - Design numérique - Lien permanent
Chaque nouveau siècle provoque des mutations qui sont les indicateurs ou les conséquences des manières dont l’homme dessine et habite le monde.Le XXI siècle confirme le caractère post-industriel de notre économie. Il célèbre le rôle central de l’utilisateur - consommateur - citoyen.
Nous sommes successivement passés tout au long du XX siècle d’un marché d’équipement à un marché de masse, d’un marché de masse à un marché d’offre, du produit pour tous aux produits pour chacun, et d’un marché de niche à un marché de choix et de participation.
La révolution numérique, nouvelle révolution industrielle, bouleverse les schémas de production: la distribution et les services prennent le pas sur l’industrie et les produits.
L'interrogation sur l'usage ou les pratiques nous mène en ligne droite au nouveau contour des objets contemporains et aux interrogations conceptuelles
qui guident leur conception: quelle fonction, quelles formes, quelles utilités, quels usages?
Une question se pose donc aux designers et aux créateurs pour l'industrie: Qu'est-ce qu'un objet aujourd'hui, comment vie t'on avec et que fait-on avec eux?
Néo-objet
Un objet, c'est qui se présente à la vue, ce qui se présente à l'esprit, ce qui affecte les sens. À partir de cette définition, nous proposons de regrouper l’ensemble des produits, des services ou des espaces utilisant les TIC comme moteur fonctionnel sous la métaphore de « NéoObjet ». Le « NéoObjet » est un support et une représentation animée par un programme qui porte et hybride des fonctions, des représentations, des interactions et de l'information pour tenter de proposer une utilité, un usage, ou des pratiques. Le « NéoObjet » offre des fonctions et des services invisibles ou non tangibles qui n'existent que par le résultat qu'elles produisent. Le « NéoObjet » possède un rapport à l'espace et au temps simultané et bouleverse les notions de géographie, de mobilité. Il a cette particularité d'être produit, généré diffusé et consommé par une machine reconfigurable, programmable, versatile, et traversée par de multiples métaphores : l'ordinateur. Il traite les différentes "données" de manières identiques et indifférenciées. C’est un objet d’intégration et d’hybridation. Le « NéoObjet » bouleverse la conception des produits « matériels » sur le plan de la forme, de l'usage, de la durée et de la finalité. Le postulat « forme-fonction-utilisation» sur lequel s'est appuyée la conception des produits au siècle dernier n'est plus d’actualité, à l’heure où les fonctions numériques n’ont que peu d’influence "mécanique" sur les formes qui les accueillent... Le l'objet réel n’est-il plus que le “support et la représentation ” d’un système logiciel? Ce "NéoObjet" interpelle la réflexion et la création sur le plan de la connaissance, de la culture, de l'économie, de l'art, de la société, et de la philosophie.
L'extension du domaine de l'objet
Une caractéristique principale des objets contemporains est le report de l'usage et de la valeur ajoutée au-dehors de la matière. Les services numériques permettent de communiquer, d'être connecté n'importe, de se détendre, mais également de faire, de produire, d'émettre, etc.. Le NéoObjets élargit le champ traditionnel des objets en s'hybridant avec les notions de service, d'information, de connaissance, d'outil-diffuseur, etc..... Ces objets entraînent et créent de nouveaux paradigmes dans la relation de l'individu à l'objet. Ils créent une situation nouvelle d'usage des objets, modifient les pratiques et dessinent peut-être les contours de ce que nous pourrions appelés des objets relationnels ou des objets réflexifs.
Qu’est-ce que le design aujourd’hui ?
La mutation profonde du système des objets nous incite à penser que l'activité du designer change dans sa définition et dans son territoire d'intervention. Le design est né, historiquement, du besoin de créer des produits plus en adéquation avec l'homme. Le processus s'est développé lorsque la société de production industrielle d’équipement s’est transformée en société de renouvellement et « d’hyper offre. » Dans ce contexte, qu’est-ce que le design, aujourd’hui ? Est-ce toujours, si l'on se réfère à une définition courante, une activité créatrice qui tente de donner des qualités formelles des objets produits industriellement en vue d'un résultat esthétique s'accordant aux impératifs fonctionnels et commerciaux. Cette définition généralement acceptée, qui cantonne le design a une activité décorative répond-elle encore aux réalités des enjeux qui se pose à notre société ? Il semble que les questions qui sont posées aux créateurs contemporains, ne posent plus tant la question de faire des beaux produits, que la question de ce que l'on doit produire: des produits, des situations et des services désirables, utilisables et essentiels. Face à cet enjeu, e design ne s’attache plus tant aux objets qu’à la fourniture d’une solution, d'une situation, d'un projet. Le design devient l’écart entre la technique et le produit ou service final. la solution. Les questions posées par les NéoObjets, créent des espaces de réflexions et de créations qui sont des opportunités fortes pour design. Il devient l'espace de recherche actif des usages, des pratiques et de l'appropriation des Nouveaux Objets.
Quel design pour les NéoObjets ?
Quels rôles, quels usages et quelles lisibilités donner aux objets virtuels. Pour être crédible, le nouveau design doit proposer des futurs imaginables. La question qui nous semble importante repose la question des champs et pratiques du design en s'appuyant sur des réflexions et des théories de conception qui propose des paradigme adaptés aux enjeux d'aujourd'hui que faire, comment, pourquoi, nouveaux processus d’innovations, création de nouveaux objets, nouveaux usages, nouvelles utopies, nouvelles transgressions, nouvelles valeurs... pour tenter de Transformer l'innovation technologique en pratique ou en usage. Ce constat nous conduit à poser la problématique des « nouvelles matérialités » des objets contemporains numériques….. Appréhender le substrat de l'information, de la cognition, de l'usage et des pratiques pour l'inscrire dans une démarche de modernité qui tente de créer des relations intègres et sensées entre informations, fonction et les représentations et interactions qui lui sont associées.

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Néo-objet
Un objet, c'est qui se présente à la vue, ce qui se présente à l'esprit, ce qui affecte les sens. À partir de cette définition, nous proposons de regrouper l’ensemble des produits, des services ou des espaces utilisant les TIC comme moteur fonctionnel sous la métaphore de « NéoObjet ». Le « NéoObjet » est un support et une représentation animée par un programme qui porte et hybride des fonctions, des représentations, des interactions et de l'information pour tenter de proposer une utilité, un usage, ou des pratiques. Le « NéoObjet » offre des fonctions et des services invisibles ou non tangibles qui n'existent que par le résultat qu'elles produisent. Le « NéoObjet » possède un rapport à l'espace et au temps simultané et bouleverse les notions de géographie, de mobilité. Il a cette particularité d'être produit, généré diffusé et consommé par une machine reconfigurable, programmable, versatile, et traversée par de multiples métaphores : l'ordinateur. Il traite les différentes "données" de manières identiques et indifférenciées. C’est un objet d’intégration et d’hybridation. Le « NéoObjet » bouleverse la conception des produits « matériels » sur le plan de la forme, de l'usage, de la durée et de la finalité. Le postulat « forme-fonction-utilisation» sur lequel s'est appuyée la conception des produits au siècle dernier n'est plus d’actualité, à l’heure où les fonctions numériques n’ont que peu d’influence "mécanique" sur les formes qui les accueillent... Le l'objet réel n’est-il plus que le “support et la représentation ” d’un système logiciel? Ce "NéoObjet" interpelle la réflexion et la création sur le plan de la connaissance, de la culture, de l'économie, de l'art, de la société, et de la philosophie.
L'extension du domaine de l'objet
Une caractéristique principale des objets contemporains est le report de l'usage et de la valeur ajoutée au-dehors de la matière. Les services numériques permettent de communiquer, d'être connecté n'importe, de se détendre, mais également de faire, de produire, d'émettre, etc.. Le NéoObjets élargit le champ traditionnel des objets en s'hybridant avec les notions de service, d'information, de connaissance, d'outil-diffuseur, etc..... Ces objets entraînent et créent de nouveaux paradigmes dans la relation de l'individu à l'objet. Ils créent une situation nouvelle d'usage des objets, modifient les pratiques et dessinent peut-être les contours de ce que nous pourrions appelés des objets relationnels ou des objets réflexifs.
Qu’est-ce que le design aujourd’hui ?
La mutation profonde du système des objets nous incite à penser que l'activité du designer change dans sa définition et dans son territoire d'intervention. Le design est né, historiquement, du besoin de créer des produits plus en adéquation avec l'homme. Le processus s'est développé lorsque la société de production industrielle d’équipement s’est transformée en société de renouvellement et « d’hyper offre. » Dans ce contexte, qu’est-ce que le design, aujourd’hui ? Est-ce toujours, si l'on se réfère à une définition courante, une activité créatrice qui tente de donner des qualités formelles des objets produits industriellement en vue d'un résultat esthétique s'accordant aux impératifs fonctionnels et commerciaux. Cette définition généralement acceptée, qui cantonne le design a une activité décorative répond-elle encore aux réalités des enjeux qui se pose à notre société ? Il semble que les questions qui sont posées aux créateurs contemporains, ne posent plus tant la question de faire des beaux produits, que la question de ce que l'on doit produire: des produits, des situations et des services désirables, utilisables et essentiels. Face à cet enjeu, e design ne s’attache plus tant aux objets qu’à la fourniture d’une solution, d'une situation, d'un projet. Le design devient l’écart entre la technique et le produit ou service final. la solution. Les questions posées par les NéoObjets, créent des espaces de réflexions et de créations qui sont des opportunités fortes pour design. Il devient l'espace de recherche actif des usages, des pratiques et de l'appropriation des Nouveaux Objets.
Quel design pour les NéoObjets ?
Quels rôles, quels usages et quelles lisibilités donner aux objets virtuels. Pour être crédible, le nouveau design doit proposer des futurs imaginables. La question qui nous semble importante repose la question des champs et pratiques du design en s'appuyant sur des réflexions et des théories de conception qui propose des paradigme adaptés aux enjeux d'aujourd'hui que faire, comment, pourquoi, nouveaux processus d’innovations, création de nouveaux objets, nouveaux usages, nouvelles utopies, nouvelles transgressions, nouvelles valeurs... pour tenter de Transformer l'innovation technologique en pratique ou en usage. Ce constat nous conduit à poser la problématique des « nouvelles matérialités » des objets contemporains numériques….. Appréhender le substrat de l'information, de la cognition, de l'usage et des pratiques pour l'inscrire dans une démarche de modernité qui tente de créer des relations intègres et sensées entre informations, fonction et les représentations et interactions qui lui sont associées.

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Commentaires
Le designer de NéoObjets est-il donc condamner à poursuivre les poussées technologiques dont les sciences sociales et la philosophie sont exclus (déonthologie et humanisme relatif)?
Au nom de quoi ce designer peut-il prétendre définir de nouvelles pratiques ou usages sensées répondre aux besoins "essentiels" de ses concitoyens ?
Son rôle serait-il de transformer l'innovation technologique en produits assimilables par le marché en créant de nouveaux besoins ?
hello Adrien, je vois dans tes remarques ta meconnaissance de l'histoire des pensés portées par le design. Qui parle d'accompagner ou de subir les poussées technologiques. certainement pas moi. Même si il n'y pas de possibilité simple d'échapper au déterminisme des technologies. Qui exclu la philosophie ou l'anthropologie, certainement pas un français, par contexte culturel. Deleuze ,Foucault, Derrida reste d'actualité et notre patrimoine, me semble t'il !
"Au nom de quoi ce designer peut-il prétendre définir de nouvelles pratiques ou usages sensées répondre aux besoins "essentiels" de ses concitoyens ?" je peux retourner la question au non de quoi et qui peut prétendre définir de nouvelle pratique ou usages sensées répondre aux besoins "essentiels" de ses concitoyens ? ingenieur, marketeur, psycho sociologue, cogniticien, qui propose ?Personne, ou tout le monde et certainement pas les gens a priori, comme c'est une mode de le dire.
C'est pour cela que le design est une médiation anticipatrice, un regard, un catalyseur des besoins tournée vers la société, depuis son invention. Je te conseil et je t'invite á l'anniversaire de l'Ensci (http://www.ensci.com) qui fête ses 25 ans. les projets valent mieux que les paroles.
Il ne faut pas confondre la fascination de l'art et du design, et la tentative d'invention d'une esthétique á ces choses qui nous entourent avec la recherche d'une vérité scientifique ou humaine. Ton propos ne doit pas confondre notre condition humaine, décrite par la philosophie ou un combat politique decroissantisto pseudo humaniste et l'ambition modeste du designer de proposer un possible meilleur concret par des objets ouverts, saisissables, appropriables et responsable.
Tu peux lire aussi Giorgio Agamben et son texte sur les dispositifs, ou le dialogue de Foucault et Aron
"Le design est né, historiquement, du besoin de créer des produits plus en adéquation avec l'homme. Le processus s'est développé lorsque la société de production industrielle d’équipement s’est transformée en société de renouvellement et « d’hyper offre. »"
Je suis tout à fait d'accord avec cette vision historique du design. En ce sens, rapporter systématiquement le design au Bauhaus est à mon avis un raccourci un peu rapide.
Pour revenir sur la polémique qui vous oppose, je pense voir ce qui coince.
La technologie est aujourd'hui trop souvent "formattante" pour le design. Elle formatte les création au niveau esthétique (avec des directions comme "plus petit, c'est plus beau" ou "l'important, c'est les détails"), mais aussi au niveau de l'usage. Exemple typique : puisque mon lecteur mp3 a un écran couleur, il va pouvoir lire de la vidéo.
Du coup, le designer en milieu technologique est souvent réduit à décorer des produits issus d'une logique technique pure. On pratique du design cosmétique high tech. La téléphonie est un bon exemple de ce type de design.
Par contre, au niveau de l'interface, le designer a bien souvent un rôle décisif(Ipod, Nokia).
La question du design de "néo objet" est donc, à mon avis, celle du design "hardware".
Or, il semble que nombre de designers esquivent cette question. A quoi bon dessiner de nouveaux objets quand la planète se pourrit jour après jour, et alors que l'on peut réutiliser des terminaux existants pour remplir les mêmes fonctions?
Ce que je ne comprend toujours pas , Jean-Louis, c'est que tu dis toi-même que le designer crée de nouveaux besoins, puisque (et je sais que tu le penses également) les besoins de l'homme (en tout cas en général et en occident) sont déjà comblés, ou sont potentiellement « comblables » (cf post de JM Cornu : www.cornu.eu.org/news/pou... : nous avons dépassé le stade de l'économie de survie.
Donc ma question est : Quelle besoins le designer devrait-il créer ? Par rapport à quoi sinon un contexte technologique changeant (et par rapport aux problèmes que ces technologies sont susceptibles d'engendrer) qu'encore une fois il ne maîtrise pas et qui est reste pour le moment toujours imperméable aux questions politiques et au débat publique ?
Tu as peut-être raison de vouloir mettre en scène dans la vie des gens ses problématiques à travers des néo-objets, mais quelle conscience tu en as et quel pouvoir et légitimité pourrait te permettre d'aller au bout ? et surtout pourquoi créer un besoin pour ça et au service réel de qui ?
« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » (Albert Einstein)
Le principe de précaution a peut-être des limites, mais le technopush réinterprété et formalisé joliment par le designer reste la poursuite du technopush sans capitaine(s) à la barre...( si ce n'est le capitaine capital qui est considéré comme une contrainte naturelle indépassable ! ;) )...
il ne s'agit pas de techno push mais de design "socialy led".
L'enjeu est de produire des objets ouverts: des objets/services dont on peut se saisir pour en faire d'autres choses. le NéoObjets est encore une fois une inversion du paradigme de conception des objets. un objet conséquence ouvert, cognitif, saisissable. le design ne s'inscrit pas dans la démarche de rationalité de la science même si certain veulent le faire croire (D-School -Chicago institute). Il y a une place pour une pratique de raison comme le dit A. Hatchuel. L'invention est soumise au regard, je ne peux décider de la faire adopter, mais la proposer à l'usage.
specifiquement dans ce registre d'objet ouvert.
— «Je ne proposerai pas d’appeler design ce qui organise d’avance des usages ni ce qui induit des consommations ni ce qui assigne des comportements au règne de la marchandise, mais plutôt certaines recherches et attitudes qui permettent à un système de production d’hésiter» —
Pierre damien Huygues, philosophe, dans «design et existence»
j'ajouterai d'exister
Je te rejoint sur ce point , je viens justement d'assister hier soir à la conférence de Marc Giget au CNAM sur l'innovation dans les services :
Il est clair que la poussée technologique constitue la matière dont les créateurs de services (les "nouveaux entrants" plus particulièrement) s'emparent pour faire la synthèse créative, je t'épargne le discours sur le "repartir de l'individu", l' "inside" plus que l' "insight", qui sont pour le designer une évidence.
On arrive ainsi à une telle rapidité de renouvellement et une telle multitude de services plus en phase avec le quotidien des gens que même ces derniers sont obligés de faire des choix, c'est une sorte de tri permanent, de sélection naturelle qui parait saine à la fois pour le consommateur et pour le devenir des technologies (éthique scientifique et industrielle) : on évite des déviances, c'est un procédé d'acceptation ou de rejet relativement démocratique des applications scientifiques.
Cependant, on cache encore au sélecteur-utilisateur une partie des paramètres de l'équation :
Si ce système de sélection fonctionnait réellement bien, pourquoi, puisque tout le monde souhaite protéger l'environnement par exemple, se trouve t-on encore à utiliser des services extrèmement polluants (j'ai envi de nuancer en disant qu'il y a un mieux, grâce à la dématérialisation par exemple, mais cela nécessite de produire des serveurs, des câbles, des satellites et des ordinateurs qui consomment énormément d'énergie produite elle aussi en polluant...).
-Une première partie de la réponse consiste à dire que le marché n'est pas encore investi totalement par les "nouveaux entrants", que des mastodontes historiques freinent toujours la marche vers l'idéal en protégeant leurs intérêts (pendant encore combien de temps ?).
-La seconde partie de la réponse consiste elle, à dire que le bénéficiaire de ces services n'a pas toutes les cartes en main pour juger du réel bénéfice, c'est-à-dire des conséquences et des moyens mis en oeuvre.
La publicité, l'éducation et les médias semblent être les principaux acteurs de cette transmission partielle et choisie de l'information, de cette illusion : ils conditionnent notre jugement, nos besoins, nos désirs...
On en revient toujours à la même chose, la boucle n'est pas bouclée : ce sont systématiquement les opportunités technologiques qui créent le mouvement.
c'est la technique qui forge l'esthetique
"Plus petit, c'est plus beau"
"L'important c'est les détails"
C'est deux phrase décrivent bien l'intervention des designers sur les produits techniques actuels. Cela va dans le sens de ton dernier commentaire.
Si on compare un Nokia N70 et la cadillac Cyclone de 1959, on se rend compte que la forme de la cadillac est nettement moins "déterminée" par son architecture technique que celle du nokia.
Faut-il en conclure que le design était plus "autonome", moins "soumis" que celui du nokia?
Le néo objet se définit comme une interface matérialisée. Cela me semble une belle façon de réinjecter le design au coeur de la conception du produit.
Néanmoins, Jean Louis, peux tu m'éclairer sur un point précis? En quoi, concrètement, le néo objet est-il, au final, un produit VRAIMENT différent d'un objet technologique classique?
Le Ipod est il un néo-objet?
Le néo objet se définit comme une interface matérialisée. Cela me semble une belle façon de réinjecter le design au coeur de la conception du produit. Néanmoins, Jean Louis, peux tu m'éclairer sur un point précis? En quoi, concrètement, le néo objet est-il, au final, un produit VRAIMENT différent d'un objet technologique classique? Le Ipod est il un néo-objet?
Pierre, il faut séparer les causes des conscequences Les causes le NéoObjet met l'usage, l'experience et le service au cœur de la valeur de l'objet. l'usage prend le pas sur la possession , l'être sur l'avoir. le produit devient donc la représentation d'un service. Les conscequences. l'objet devient une interface d'usage matérialisé. le téléphone portable, la télévision, l'ipod, l'iphone, l'ordinateur d'aujourd'hui, les WebOs, l'internets des objets, tous sont des NéoObjets.Bonjour ! Voilà plusieurs jours que le billet a été posté et il fait couler de l'encre !! :-)
A mesure que je lis vos conversations, j'essaie de résumer le rôle du designer à propos des néo-objets... Dites-moi si je me trompe :
Il s'agirait de coordonner "l'objet dans l'objet" : c'est à dire de coordonner l'interface avec son support.
Cela revient à considérer l'interface comme un "objet" issu d'un usage (manipulations, transparence, recto-verso, traçabilité, accès, navigation etc. pour ne donner que quelques ex de caractéristiques connues) et à le mettre en relation avec le geste, c'est à dire la façon dont on va pouvoir entrer dans l'interface (wii, Ipod, Iphone etc. à nous d'en trouver d'autres).
Je me permets de souligner que c'est là que le designer se différencie d'un graphiste multimédia (car je me suis longtemps posée la question de l'apport d'un designer par rapport à un graphiste sur la création d'une interface)
La question qui reste la plus délicate peut être: quelle liberté laisse-t-on à l'utilisateur pour configurer son environnement? Quelles limites lui imposer? Quelles sont les caractéristiques d'un contexte ? identifier une marque ou un service (support de plusieurs marques) ?
Aussi, dans un autre registre y aurait-il aussi la possibilité de modifier son support (hardware) tout en gardant le même service ?
Est ce que l'usage du matériel pourraient être modifiable comme l'interface est configurable ? C'est une question que je me pose, pas une affirmation.
L'objet réflexif apparaît comme l'une des réponses des plus intéressantes (efficaces ?) en matière d'évolution face à un usage donné : cela devient très complexe de faire simple...
La conception d'un Néo objet oblige à concevoir son utilisation plus que sa forme. En cela, elle ne devrait pas se distinguer de celle d'un objet classique. C'est notre rapport de designer à l'objet qui est bouleversé, parce que nous sommes attachés de façon ultrasensible à son expérience sensorielle (forme, aspect, prise en main). Question: cette sensibilité est-elle encore utile, et surtout, de quelle manière l'intégrer à la conception d'un néo-objet?