Nous sommes successivement passés tout au long du XX siècle d’un marché d’équipement à un marché de masse, d’un marché de masse à un marché d’offre, du produit pour tous aux produits pour chacun, et d’un marché de niche à un marché de choix et de participation. La révolution numérique, nouvelle révolution industrielle, bouleverse les schémas de production: la distribution et les services prennent le pas sur l’industrie et les produits. L'interrogation sur l'usage ou les pratiques nous mène en ligne droite au nouveau contour des objets contemporains et aux interrogations conceptuelles qui guident leur conception: quelle fonction, quelles formes, quelles utilités, quels usages? Une question se pose donc aux designers et aux créateurs pour l'industrie: Qu'est-ce qu'un objet aujourd'hui, comment vie t'on avec et que fait-on avec eux?
Néo-objet
Un objet, c'est qui se présente à la vue, ce qui se présente à l'esprit, ce qui affecte les sens. À partir de cette définition, nous proposons de regrouper l’ensemble des produits, des services ou des espaces utilisant les TIC comme moteur fonctionnel sous la métaphore de « NéoObjet ». Le « NéoObjet » est un support et une représentation animée par un programme qui porte et hybride des fonctions, des représentations, des interactions et de l'information pour tenter de proposer une utilité, un usage, ou des pratiques. Le « NéoObjet » offre des fonctions et des services invisibles ou non tangibles qui n'existent que par le résultat qu'elles produisent. Le « NéoObjet » possède un rapport à l'espace et au temps simultané et bouleverse les notions de géographie, de mobilité. Il a cette particularité d'être produit, généré diffusé et consommé par une machine reconfigurable, programmable, versatile, et traversée par de multiples métaphores : l'ordinateur. Il traite les différentes "données" de manières identiques et indifférenciées. C’est un objet d’intégration et d’hybridation. Le « NéoObjet » bouleverse la conception des produits « matériels » sur le plan de la forme, de l'usage, de la durée et de la finalité. Le postulat « forme-fonction-utilisation» sur lequel s'est appuyée la conception des produits au siècle dernier n'est plus d’actualité, à l’heure où les fonctions numériques n’ont que peu d’influence "mécanique" sur les formes qui les accueillent... Le l'objet réel n’est-il plus que le “support et la représentation ” d’un système logiciel?
Ce "NéoObjet" interpelle la réflexion et la création sur le plan de la connaissance, de la culture, de l'économie, de l'art, de la société, et de la philosophie.
L'extension du domaine de l'objet
Une caractéristique principale des objets contemporains est le report de l'usage et de la valeur ajoutée au-dehors de la matière. Les services numériques permettent de communiquer, d'être connecté n'importe, de se détendre, mais également de faire, de produire, d'émettre, etc.. Le NéoObjets élargit le champ traditionnel des objets en s'hybridant avec les notions de service, d'information, de connaissance, d'outil-diffuseur, etc..... Ces objets entraînent et créent de nouveaux paradigmes dans la relation de l'individu à l'objet. Ils créent une situation nouvelle d'usage des objets, modifient les pratiques et dessinent peut-être les contours de ce que nous pourrions appelés des objets relationnels ou des objets réflexifs.
Qu’est-ce que le design aujourd’hui ?
La mutation profonde du système des objets nous incite à penser que l'activité du designer change dans sa définition et dans son territoire d'intervention. Le design est né, historiquement, du besoin de créer des produits plus en adéquation avec l'homme. Le processus s'est développé lorsque la société de production industrielle d’équipement s’est transformée en société de renouvellement et « d’hyper offre. » Dans ce contexte, qu’est-ce que le design, aujourd’hui ? Est-ce toujours, si l'on se réfère à une définition courante, une activité créatrice qui tente de donner des qualités formelles des objets produits industriellement en vue d'un résultat esthétique s'accordant aux impératifs fonctionnels et commerciaux. Cette définition généralement acceptée, qui cantonne le design a une activité décorative répond-elle encore aux réalités des enjeux qui se pose à notre société ? Il semble que les questions qui sont posées aux créateurs contemporains, ne posent plus tant la question de faire des beaux produits, que la question de ce que l'on doit produire: des produits, des situations et des services désirables, utilisables et essentiels. Face à cet enjeu, e design ne s’attache plus tant aux objets qu’à la fourniture d’une solution, d'une situation, d'un projet. Le design devient l’écart entre la technique et le produit ou service final. la solution. Les questions posées par les NéoObjets, créent des espaces de réflexions et de créations qui sont des opportunités fortes pour design. Il devient l'espace de recherche actif des usages, des pratiques et de l'appropriation des Nouveaux Objets.
Quel design pour les NéoObjets ?
Quels rôles, quels usages et quelles lisibilités donner aux objets virtuels. Pour être crédible, le nouveau design doit proposer des futurs imaginables. La question qui nous semble importante repose la question des champs et pratiques du design en s'appuyant sur des réflexions et des théories de conception qui propose des paradigme adaptés aux enjeux d'aujourd'hui que faire, comment, pourquoi, nouveaux processus d’innovations, création de nouveaux objets, nouveaux usages, nouvelles utopies, nouvelles transgressions, nouvelles valeurs... pour tenter de Transformer l'innovation technologique en pratique ou en usage. Ce constat nous conduit à poser la problématique des « nouvelles matérialités » des objets contemporains numériques….. Appréhender le substrat de l'information, de la cognition, de l'usage et des pratiques pour l'inscrire dans une démarche de modernité qui tente de créer des relations intègres et sensées entre informations, fonction et les représentations et interactions qui lui sont associées.

NéoObjet
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