En complement d'un article de Daniel Kaplan sur internetActu quelques réflexions...

Cet article est passionnant au regard des modèles d'innovations que l'on peut rencontrer dans les schémas industriels ou officiels et des enjeux que nous avons ˆ relever.

Il me semble que la notion d'imaginaire est une notion forte, qui nous emmène plus loin que les théories "adaptatives" autour de l'usabilité ou de l'accessibilité qui théorisent une sorte de "chausse-pied " ou de "prothèse normative" pour interfacer des produits finis avec des humains.

l'Imaginaire est en effet un moteur de l'innovation technologique et non technologique et un indicateur fort pour une organisation. Elle est la substance et le moteur d'avancement pour le constructeur, le producteur, l'innovateur ou le créateur, mais l'imaginaire produit aussi une représentation collective, commune et fédératrice des directions pour une société ou une entreprise_un programme de voyage, ensemble vers le futur_.

"Créer délibérément des “prises” destinées a faciliter l’adaptation le bricolage, la personnalisation, le détournement, la recombinaison… de ce qu’on a produit,"

Cette ambition relève d'une démarche expérimentale, comme celle du design numérique, ou du hacking, qui conduit par le détournement, l'accident créatif, ou le bricolage a de nouveaux scénarios, ˆ l'innovation, ˆ l'invention ou ˆ la création dans les champs spécifiquement humains et sociaux.

"Penser les produits autant comme des plates-formes d’innovation que comme des objets finis – et s’intéresser aux idées, connaissances, valeurs et compétences qui émergent autour de ces produits-plates-formes…"

La démarche expérimentale et l'utilisation de ces "NéoSemiProduits" permettront de produire de nouvelles applications ou de nouveaux écosystèmes humains. Le bon vieux Lego et le Meccano sont de retour, chic. Cette démarche est parfaitement illustré ˆ différents niveaux par les écosystèmes PHP, ou Flickr, ou par le couple proce55ing et Wiring qui permet ˆ des designers ou des artistes de produire simplement des dispositifs hard et soft impensables, il y a encore 5 ans.

"Beaucoup de “produits” technologiques devraient être pensés au moins comme des outils, des instruments, voire des infrastructures, c’est-ˆ-dire comme des supports pour l’action et l’interaction, et non comme des objets aux usages bien identifiés."

Cette réflexion s'inscrit dans le débat ouvert par Bernard Stiegler sur la différence entre pratique et usage. Elle induit une notion a mon sens plus forte que l'utilisabilité qui est celle de l'appropriation, c'est a dire d'un usage qui se transforme en pratique, et de la finition du produit par l'utilisateur, qui est l'ultime étape de customisation, c'est ˆ dire d'une personnalisation a posteriori, que je pourrais appeler la "post personnalisation" ou la "perso production".

Ces démarches, réflexions et projets sont au cœur des activités de Nodesign . (NO=Nouveaux Objets)

Pour finir, je vais me permettre de déclarer Daniel Kaplan comme un des plus fins théoricien du Design ;=)) Merci a lui

Jean Louis Frechin - Nodesign.net