« À bicyclette »

Déjà plébiscité par les citadins en fin d’année dernière du fait des grèves dans les transports collectifs, le vélo fait un nouveau retour en force avec le coronavirus. Un virage déjà pris par nombre d’industriels qui tablent sur sa démocratisation.

Né en France, le vélocipède est à nouveau dans l’air du temps. De l’outil des ouvriers pour se transporter à l’usine, à objets de liberté des premiers congés payés, aux moyens de locomotion par nécessité de la Seconde Guerre, le vélo est partie intégrante de notre culture et de notre histoire. Après 1945, il est largement supplanté par l’automobile. Il se concentre alors sur les loisirs et le sport. Dans les années 1960, les exploits d’Anquetil accompagnent les succès industriels de marque comme Mercier, Lejeune Maillard, Simplex, Huret, Rigida et Mavic, Stronglight ou TA en France. Seules ces trois dernières ont échappé à la disparition. A la fin des années 1970, l’industrie française du vélo entre dans une douloureuse agonie. Incapables de se renouveler, les Français n’ont pas vu l’émergence du Mountain Bike américain, subissent les coûts imbattables des Taïwanais ou l’innovation des Japonais de Shimano. Ils ont finalement flanché sous la pression des grandes surfaces et du coût du travail. Survivantes, Gitanes et Peugeot appartiennent au suédois Cycleurope. Paradoxalement, ces marques sont à la mode en Californie et chez les jeunes pratiquants urbains qui chevauchent les anciens destriers du Tour de France.

Renouveau via le vélo électrique.

A l’heure de la saturation des métropoles, le vélo retrouve son usage de moyen de transport . On assiste à un timide renouveau de la production dans l’Hexagone. Décathlon propose des produits justes en performance et en prix, en partie fait en France. GoSport a sauvé la Manufacture Française du Cycle pour ses propres productions. En Auvergne, Histoire Bike, réinvente la randonneuse cyclotouriste haut de gamme. « 1886 » propose des vélos élégants, made in Saint-Etienne. Mais l ‘accélérateur de la démocratisation du retour du vélo comme transport est l’apparition du vélo à assistance électrique illustré par la renaissance de Solex à Saint-Lô , les sublimes Jitensha électriques ou encore par le très connecté Angell, le VAE fabriqué par SEB en Côte-d’Or. Moustache illustre peut-être le mieux ce renouveau industriel. Le fabricant vosgien, né avec le VAE propose une gamme complète de produits contemporains et originaux.
Les villes et régions devront innover pour articuler le « vélo système urbain » dans leur réseau de transport collectif et résoudre les besoins des usagers en termes de sécurité, de vol et multimodalité.

Publication originale dans les Echos
09/06/2020 | Jean-Louis Frechin | Économie & société | Innovation | Tribune |

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