{"id":7180,"date":"2020-03-02T15:29:31","date_gmt":"2020-03-02T14:29:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nodesign.net\/?p=7180"},"modified":"2020-03-02T16:59:54","modified_gmt":"2020-03-02T15:59:54","slug":"jean-louis-frechin-le-design-doit-etre-au-liberalisme-ce-que-la-croix-rouge-est-a-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.nodesign.net\/en\/jean-louis-frechin-le-design-doit-etre-au-liberalisme-ce-que-la-croix-rouge-est-a-la-guerre\/","title":{"rendered":"Jean-Louis Frechin : \u00ab Le design doit \u00eatre au lib\u00e9ralisme ce que la Croix-Rouge est \u00e0 la guerre \u00bb Par Sylvain Bourmeau, journaliste."},"content":{"rendered":"<p class=\"p4\"><span class=\"s1\"><b>Bouscul\u00e9 et embarqu\u00e9 par la mutation num\u00e9rique mais aussi saisi et requis par l\u2019urgence \u00e9cologique, le design se retrouve toujours au croisement de questions sociales, \u00e9conomiques, technologiques, scientifiques, esth\u00e9tiques et culturelles. Une place privil\u00e9gi\u00e9e pour observer mais aussi pour faire, et donc agir. Auteur r\u00e9cent d\u2019un ouvrage dans lequel il pense sa pratique, le designer Jean-Louis Frechin pr\u00e9pare \u00e9galement une exposition dans le cadre de Lille-design.<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\">Architecte de formation, le designer Jean-Louis Fr\u00e9chin a fait partie des premi\u00e8res promotions d\u2019\u00e9tudiants form\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure de cr\u00e9ation industrielle, au sein de laquelle il fut ensuite directeur de l\u2019innovation et de la prospective, et fondateur de l\u2019Atelier de design num\u00e9rique. Dans le cadre de son agence, NoDesign, il accompagne et pense la grande mutation num\u00e9rique depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Commissaire d\u2019une prochaine exposition qui se tiendra en avril dans le cadre de Lille-design, il vient de publier Le design des choses (FYP \u00e9ditions).<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>On a appris il y a quelques jours la disparition de Larry Tesler, celui qui a invent\u00e9 le couper-copier-coller. Peut-on le consid\u00e9rer comme un designer ?<br \/>\n<\/b>Je dirais qu\u2019il \u00e9tait un concepteur. Un concepteur, et aussi l\u2019inventeur de quelque chose. Il se trouve que le mot conception en anglais se dit design, et qu\u2019en fran\u00e7ais ou disons en europ\u00e9en continental, le mot design a un autre sens, qu\u2019il renvoie davantage \u00e0 l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9ation. C\u2019est un peu le grand drame du design\u00a0: un m\u00eame mot veut dire deux choses diff\u00e9rentes sur deux continents. Et le sens anglais a peu \u00e0 peu \u00e9cras\u00e9 le sens europ\u00e9en continental, d\u2019abord nos amis italiens, puis nous les Fran\u00e7ais, et plus largement tous ceux qui ont progressivement accept\u00e9 le sens anglais apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Cela dit, personnellement j\u2019aurais tendance \u00e0 consid\u00e9rer Larry Tesler comme un designer lorsqu\u2019il invente le copier-coller, parce que cela participe de l\u2019usage, d\u2019une chose que l\u2019on voit mais surtout qu\u2019on ressent. Cette invention fait de lui un designer au sens europ\u00e9en continental car son geste d\u00e9passe la technique, d\u00e9passe la conception pour relever du sens et des usages partag\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Son invention a profond\u00e9ment transform\u00e9 les mani\u00e8res de travailler de tout le monde ou presque mais plus encore peut-\u00eatre celle des designers\u2026<br \/>\n<\/b>De ceux qui veulent faire comme les designers s\u00fbrement\u2026 (rire) C\u2019est vrai que ce fut une v\u00e9ritable r\u00e9volution pour nombre de pratiques, non seulement de l\u2019\u00e9crit mais aussi pour tous les outils classiques du design, les logiciels de dessin, de dessin vectoriel, de dessin en 3D. \u00c0 tel point qu\u2019il existe aujourd\u2019hui des sortes de super copier-coller\u00a0: ce n\u2019est plus je copie, je colle mais j\u2019empile dans une m\u00e9moire des \u00e9l\u00e9ments que j\u2019ai coll\u00e9s, comme des feuillets virtuels que je peux convoquer plus tard sans rien voir, en \u00e9voluant typiquement dans l\u2019espace historique, du <i>feel<\/i>. Et ce ressenti des choses, ind\u00e9pendamment de ce que l\u2019on voit, c\u2019est vraiment la base du design d\u2019interaction et des pionniers du Macintosh, qui ne parlaient pas d\u2019exp\u00e9rience mais de <i>look-and-feel<\/i>\u00a0: il y a ce que l\u2019on voit, il y a ce que \u00e7a fait, et il y a ce que l\u2019on ressent, et le \u00ab ce que l\u2019on ressent \u00bb est sup\u00e9rieur \u00e0 ce que l\u2019on voit et ce que l\u2019on fait. Ce nouveau design de la conception a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 aux Xerox PARC mais c\u2019est vraiment chez Apple qu\u2019il a pris toute son ampleur. Pourquoi\u00a0? Tout simplement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas oubli\u00e9 la forme, contrairement \u00e0 ce qui s\u2019est pass\u00e9 plus tard avec les Californiens du web. \u00c0 ces d\u00e9buts d\u2019Apple, la graphiste Susan Kare, qui a travaill\u00e9 sur les ic\u00f4nes, a apport\u00e9 deux choses importantes : sa culture du canevas, qui lui venait de sa grand-m\u00e8re, d\u2019o\u00f9 des ic\u00f4nes tr\u00e8s minimales 16 par 16 ; et ensuite le c\u00f4t\u00e9 joyeux, le brin d\u2019humour et de dr\u00f4lerie qui a d\u00e9dramatis\u00e9 la machine, c\u2019\u00e9tait tout b\u00eate le petit chien, le hello, la petite bombe\u2026 Trois fois rien et, en m\u00eame temps, extraordinaire. Elle, c\u2019est vraiment une designer au sens plein et entier.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Vous avez v\u00e9cu cette grande mutation, vous avez connu l\u2019avant et l\u2019apr\u00e8s. Quel regard r\u00e9trospectif portez-vous sur ce moment\u00a0?<br \/>\n<\/b>J\u2019ai eu la chance de conna\u00eetre ce basculement, oui. J\u2019aurais pu ne y \u00eatre\u00a0: je n\u2019\u00e9tais pas bon en maths, les machines me faisaient peur, mais je suis tomb\u00e9 dedans gr\u00e2ce aux usages, c\u2019est-\u00e0-dire gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019architecture et au design. En archi, il fallait apprendre \u00e0 programmer pour faire un dessin, c\u2019\u00e9tait compliqu\u00e9 mais je m\u2019y suis attel\u00e9. Et lorsque je suis arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019ENSCI, il y avait des macs et ils m\u2019ont dit \u00ab\u00a0bonjour, c\u2019est parti\u00a0\u00bb. Cette \u00e9poque ce fut d\u2019abord \u00e7a marche un petit peu, puis \u00e7a marche pour quelques personnes, \u00e7a marche pour plus de monde \u2013 avec le mac et son interface graphique\u2026 Et dix ans apr\u00e8s, avec le web \u00e7a s\u2019est mis \u00e0 marcher pour \u00e9norm\u00e9ment de monde. Au d\u00e9part, c\u2019\u00e9tait vraiment une affaire de sp\u00e9cialistes, de d\u00e9veloppement. La question des usages n\u2019\u00e9tait pas pos\u00e9e. Puis on s\u2019est demand\u00e9 \u00e0 quoi cela devait servir, \u00e0 quoi cela pouvait \u00eatre utile, et l\u00e0 le design est arriv\u00e9. D\u2019abord pour la conception des machines, puis pour celle des outils, les macpaint, macdraw, macwrite\u2026 Et ensuite on a r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que les gens faisaient avec, ceux qui faisaient des livres d\u2019abord, qui ont commenc\u00e9 \u00e0 acheter des macs et \u00e0 r\u00e9inventer la tradition typographique. On a vu se cr\u00e9er une multitude de fonderies, de studios qui cr\u00e9aient de nouvelles fontes. On a d\u00e9couvert que, loin de s\u2019opposer \u00e0 la tradition, ces machines pouvaient au contraire la r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer. Tout d\u2019un coup \u00e7a coupait la chique de tous les geignards habituels sur le mode gnagnagnam\u00e9tiersdulivreonvatousdisparaitre\u2026 Jamais on a vu autant de cr\u00e9ativit\u00e9 typographique en fait. On commen\u00e7ait \u00e0 comprendre qu\u2019on allait pouvoir mettre du design dans la technologie et prolonger la tradition, la typographie, le sens, l\u2019image, le projet, la fonction, la complexit\u00e9\u2026 Tout allait bien, et puis le web est arriv\u00e9, et l\u00e0 tout a explos\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Pourquoi\u00a0? Comment\u00a0?<br \/>\n<\/b>Nos amis californiens ont d\u00fb r\u00e9pondre en urgence absolue et inventer des usages qui n\u2019existaient pas. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, autour de l\u2019an 2000, il faut se souvenir que les sites c\u2019\u00e9tait des logos en flammes, des textures absolument \u00e9pouvantables d\u2019informaticiens fans de hard rock\u2026 Les blogs scientifiques ou les sites scientifiques \u00e9taient tout aussi \u00e9pouvantables\u00a0! Il fallait trouver une autre mani\u00e8re de concevoir un web r\u00e9ellement utile. Ce fut le cas en 2004 avec l\u2019arriv\u00e9e du web 2.0 qui a transform\u00e9 le web media en web applicatif, d\u00e8s lors les besoins en design sont devenus assez cons\u00e9quents. Le \u00ab g\u00e9nie am\u00e9ricain \u00bb a donc d\u00fb trouver des r\u00e9ponses tr\u00e8s rapides \u00e0 des probl\u00e8mes tr\u00e8s lourds, il n\u2019\u00e9tait pas question de prendre cinq ans pour former des gens\u2026 Ils ont donc commenc\u00e9 par rappeler aux informaticiens qu\u2019il fallait \u00eatre centr\u00e9 sur les gens. Vu d\u2019Europe, de l\u2019humanisme europ\u00e9en, c\u2019\u00e9tait un peu bizarre, parce cela voulait dire qu\u2019avant on faisait des sites pour les machines. Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 dire qu\u2019il fallait travailler sur l\u2019exp\u00e9rience globale du site, produire une esp\u00e8ce d\u2019harmonie des choses, d\u2019abord pour cr\u00e9er du confort \u2013 tr\u00e8s bien \u2013, et ensuite pour transformer les utilisateurs en clients \u2013 un peu moins bien \u2013, et enfin, quand les sites sont devenus gratuits, pour faire en sorte que les gens restent longtemps afin qu\u2019on puisse les exposer \u00e0 la publicit\u00e9. Et l\u00e0, c\u2019est ce que j\u2019ai ressenti \u00e0 l\u2019ENSCI, notre histoire a d\u00e9vi\u00e9. Nous \u00e9tions dans une forme de continuation du design europ\u00e9en et nous avons bascul\u00e9 dans un prolongement du design consum\u00e9riste am\u00e9ricain, de Raymond Loewy\u00a0\u00e0 la captologie, c\u2019est-\u00e0-dire de la laideur se vend mal \u00e0 l\u2019attention rapporte gros. C\u2019est leur histoire mais pas la n\u00f4tre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, ressentie depuis longtemps, d\u2019\u00e9crire ce livre que vous venez enfin de publier, <i>Le design des choses<\/i>\u2026<br \/>\n<\/b>Oui c\u2019est cet agacement qui est \u00e0 l\u2019origine de ce livre, d\u2019abord imagin\u00e9 pour mes \u00e9l\u00e8ves. Pour leur expliquer que nous aurions pu continuer notre histoire du design. Un design qui, du Bauhaus \u00e0 aujourd\u2019hui, aurait tent\u00e9 de faire les choses \u00e0 l\u2019europ\u00e9enne. Ce n\u2019est pas une tare d\u2019\u00eatre europ\u00e9en\u00a0! Et j\u2019aime rappeler que le design a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 en Europe. Au lieu d\u2019int\u00e9grer ce que les am\u00e9ricains appellent <i>user research<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire en fait de la documentation utilisateur, nous aurions pu nous appuyer sur la sociologie, par exemple, parce qu\u2019on a de tr\u00e8s bons sociologues en Europe et notamment en France, on aurait pu utiliser les travaux de l\u2019anthropologie pour tenter de comprendre les gens pour lesquels il s\u2019agit de concevoir des choses de mani\u00e8re un peu profonde, comme on l\u2019a fait en architecture dans les ann\u00e9es 70, par exemple, comme je l\u2019ai appris \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Au lieu de \u00e7a, on a caricatur\u00e9 tout \u00e7a avec des personnages, avec des techniques qui sont simplement des techniques et non des approches profondes pour faire les choses bien. \u00a0Et je ne suis pas en train de parler comme un artiste qui serait contre un monde de l\u2019entreprise peupl\u00e9 de m\u00e9chants\u2026 Faire les choses bien c\u2019est cr\u00e9er de la bonne valeur, c\u2019est rendre \u00e0 terme possible l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me parfait, celui qui fait que les clients se sentent bien, que les gens qui travaillent dans l\u2019entreprise se sentent bien, qu\u2019on a un bon produit\u2026 Qu\u2019un cercle vertueux id\u00e9al se mette en place. Ce qui existe dans certaines entreprises et caract\u00e9rise la signature europ\u00e9enne. De toute fa\u00e7on, on n\u2019a pas le choix\u00a0: on ne peut pas se battre sur les prix, on ne peut pas se battre sur l\u2019hypertechnologie, en revanche on peut se battre sur la synth\u00e8se, sur la promotion d\u2019une sorte d\u2019art de vivre et d\u2019art de penser.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Et aujourd\u2019hui cette bataille est perdue\u00a0?<br \/>\n<\/b>J\u2019avais tendance \u00e0 le penser et, paradoxalement, lors de cours ou de rencontres en \u00e9cho \u00e0 ce livre, je constate que le public est souvent compos\u00e9 de ces gens que je critique beaucoup, tous ceux qui tournent autour de notions comme l\u2019exp\u00e9rience-utilisateur, et qui sont visiblement tr\u00e8s heureux de d\u00e9couvrir que tout cela a une histoire, que \u00e7a ne vient pas de nulle part. Je me suis rendu compte qu\u2019une partie de ces gens aiment aussi faire les choses bien, qu\u2019ils sont engag\u00e9s dans ce qu\u2019ils font, qu\u2019ils r\u00e9alisent qu\u2019on peut aussi faire des choses sans les recettes am\u00e9ricaines, ils sont arriv\u00e9s \u00e0 la limit\u00e9 de certains mod\u00e8les marketing, comme celui des personas par exemple, ils d\u00e9couvrent la sociologie, certains m\u2019ont parl\u00e9 de Marcel Mauss\u00a0! Ce sont de bonnes nouvelles\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Mais au-del\u00e0 des histoires diff\u00e9rentes de la signification du mot design en Europe et aux \u00c9tats-Unis, on n\u2019a jamais autant de choses distinctes derri\u00e8re ce m\u00eame mot. N\u2019y a t-il pas le risque que design veuille d\u00e9sormais tout dire et rien dire\u00a0?<br \/>\n<\/b>On peut partir du mot projet. Si, par projet, on entend juste technique d\u2019entreprise, co\u00fbt, qualit\u00e9, d\u00e9lais, c\u2019est une chose mais si par projet je veux dire projection, ambition, dessein, tout de suite les gens comprennent. Et le design, ce n\u2019est que \u00e7a\u00a0: le dessein. Comme disait Cl\u00e9menceau, l\u2019anglais n\u2019est que du fran\u00e7ais mal parl\u00e9, design est donc un mot fran\u00e7ais, dont le sens final a \u00e9merg\u00e9 en Angleterre. Alors je ne gagnerai pas ce combat face \u00e0 la terre enti\u00e8re, mais je crois possible d\u2019expliquer qu\u2019on peut cr\u00e9er des choses plut\u00f4t que les concevoir, c\u2019est-\u00e0-dire mettre un peu de sensibilit\u00e9 dans les choses. Quand on mange de la pur\u00e9e chez Pierre Troisgros\u00a0ou quand votre m\u00e8re fait de la pur\u00e9e vous savez tr\u00e8s bien qu\u2019elle est diff\u00e9rente de la pur\u00e9e Mousseline. La pur\u00e9e Mousseline, c\u2019est de la conception, c\u2019est une recette r\u00e9plicable \u2013 qu\u2019on peut aimer, par ailleurs \u2013 alors que la pur\u00e9e c\u2019est une chose dans laquelle on met un peu de soi-m\u00eame, dans laquelle des humains mettent un peu d\u2019eux-m\u00eames, pour produire un r\u00e9sultat qui n\u2019est pas toujours le m\u00eame mais qui transmet de l\u2019amour, du d\u00e9sir etc. Et \u00e7a, c\u2019est un besoin. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019on aime les livres, c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019on aime le cin\u00e9ma\u2026 Et, pour moi, les objets sont des objets culturels au m\u00eame titre que les livres et les films, ils parlent de nous. Faire un produit ce n\u2019est pas simplement additionner des fonctions, c\u2019est un peu plus que cela et nous en avons terriblement besoin aujourd\u2019hui. C\u2019est encore plus vrai des services, \u00e0 propos desquels on a tout \u00e0 apprendre parce que des services qui nous rendent heureux il n\u2019y en a pas tellement\u2026 \u00c7a ne marche jamais, on a donc besoin d\u2019un peu d\u2019\u00e9l\u00e9gance et de gr\u00e2ce dans ces domaines-l\u00e0, dans les situations collectives, par exemple. On a besoin de vues d\u00e9port\u00e9es pour r\u00e9gler des probl\u00e8mes devenus tr\u00e8s complexes ou structur\u00e9s par des positions id\u00e9ologiques si fortes qu\u2019\u00e0 un moment il faut un regard un peu diff\u00e9rent pour cr\u00e9er une forme de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui permette d\u2019assembler des choses tr\u00e8s diff\u00e9rentes et les faire cohabiter ensemble\u2026. Ce peut-\u00eatre le r\u00f4le du design.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Vous utilisez souvent le mot \u00ab chose \u00bb, et le distinguez du mot \u00ab objet \u00bb. Qu\u2019est-ce pour vous qu\u2019une chose\u00a0?<br \/>\n<\/b>Une chose c\u2019est un objet ind\u00e9termin\u00e9, quelque chose qu\u2019il faut domestiquer pour le transformer en objet. En fran\u00e7ais, le mot objet est dot\u00e9e d\u2019une puissance particuli\u00e8re, c\u2019est \u00e0 la fois une abstraction qui s\u2019offre \u00e0 l\u2019esprit et cette chose tr\u00e8s concr\u00e8te pos\u00e9e sur la table devant moi. Transformer les choses en id\u00e9es ou en \u00e9l\u00e9ments physiques, c\u2019est tout le d\u00e9fi du design. Passer d\u2019un potentiel, de quelque chose d\u2019ind\u00e9termin\u00e9 \u00e0 un concept ou une id\u00e9e, par exemple, ou un objet, un \u00e9l\u00e9ment inerte qui va procurer du bonheur, du plaisir. Pour un livre c\u2019est facile \u00e0 imaginer lorsque l\u2019histoire ou le propos est int\u00e9ressant mais pour un couteau, un v\u00e9lo ou un appareil photo, par exemple, soit un objet qui nous donne une capacit\u00e9 de regarder le monde avec distance, un objet qui donne du pouvoir\u2026 C\u2019est encore plus difficile pour ces artefacts d\u00e9termin\u00e9s que sont les services, des n\u00e9o-objets, des choses num\u00e9riques, toute la complexit\u00e9 de ces situations que j\u2019adore, des conjonctions de temps, d\u2019espace et d\u2019\u00e9v\u00e9nements dans la cit\u00e9 ou dans une organisation, dans un m\u00e9dia\u2026 \u00a0\u00c0 chaque fois, il s\u2019agit de cr\u00e9er du sens, de l\u2019int\u00e9r\u00eat, du contenu parfois et leur donner un \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9sirabilit\u00e9, de faire en sorte que ces objets soient aim\u00e9s par, non pas des consommateurs ou des utilisateurs, mais des \u00eatres humains simplement.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>On en d\u00e9duit que les designers sont par d\u00e9finition des g\u00e9n\u00e9ralistes, des encyclop\u00e9distes m\u00eame, des gens qui refusent les logiques de sp\u00e9cialisations toujours plus pouss\u00e9es\u2026<br \/>\n<\/b>C\u2019est la question essentielle\u00a0! G\u00e9n\u00e9raliste est un mot magnifique mais en langage commun \u00e7a veut un peu trop souvent dire branleur h\u00e9las. Un g\u00e9n\u00e9raliste pourtant c\u2019est quelqu\u2019un qui, \u00e0 partir d\u2019une connaissance acquise, va cr\u00e9er une connaissance nouvelle,\u00a0c\u2019est-\u00e0-dire quelqu\u2019un qui, \u00e0 chaque fois, va apprendre \u00e0 devenir sp\u00e9cialiste des d\u00e9fis et des choses qu\u2019il s\u2019agit pour lui de domestiquer. C\u2019est \u00e7a le design que j\u2019ai enseign\u00e9, un m\u00e9tier qui consiste \u00e0 apprendre \u00e0 devenir un sp\u00e9cialiste. Avec en France une caract\u00e9ristique sp\u00e9cifique, li\u00e9e \u00e0 notre histoire, peut-\u00eatre \u00e0 notre destin\u00a0: tenter d\u2019\u00eatre universel, c\u2019est-\u00e0-dire essayer\u00a0de produire des r\u00e9sultats qui parlent \u00e0 tout le monde, aux hommes comme aux femmes, aux jeunes comme aux vieux, des r\u00e9sultats qui r\u00e9sistent aux logiques de segmentation, celles qui nous incitent \u00e0 consid\u00e9rer les groupes sociaux comme des \u00ab\u00a0cibles\u00a0\u00bb sur lesquelles il s\u2019agit de tirer\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Comment former des g\u00e9n\u00e9ralistes<br \/>\n<\/b>Pour les \u00e9coles, c\u2019est un grand d\u00e9fi. Il ne s\u2019agit de former des touche-\u00e0-tout, de faire un peu de tout. Il faut au contraire faire beaucoup de choses \u00e0 fond, et faire en sorte que la somme de ces savoirs approfondis soit encore plus grande, selon la logique de la th\u00e9orie de la Gestalt : le tout est sup\u00e9rieur \u00e0 la somme des parties. Toutes les \u00e9ducations sup\u00e9rieures peuvent cr\u00e9er ces conditions, \u00e0 partir de bac +5 disons\u00a0: un sociologue peut devenir philosophe ou l\u2019inverse, un designer peut devenir un penseur de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, un ing\u00e9nieur peut devenir un chercheur scientifique \u00e0 la fin de sa vie, comme Gustave Eiffel qui s\u2019est mis \u00e0 mener des recherches fondamentales sur l\u2019a\u00e9rodynamisme.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Et, de fa\u00e7on tr\u00e8s concr\u00e8te, au quotidien, cela vous conduit \u00e0 travailler sur quoi, par exemple\u00a0?<br \/>\n<\/b>\u00c0 NoDesign, mon agence, on travaille sur des sujets tr\u00e8s vari\u00e9s. Par exemple, des objets volants dont il faut apprendre \u00e0 piloter l\u2019appareil, le drone, mais qui sont surtout des cam\u00e9ras volantes. La question est alors\u00a0: comment mettre la culture de la photographie dans un objet qui rel\u00e8ve plut\u00f4t de la culture a\u00e9ronautique, comment articuler ces deux cultures\u00a0? L\u2019une des choses que je pr\u00e9f\u00e8re c\u2019est imaginer les services num\u00e9riques dans les villes. On parle beaucoup des smart cities, pendant la campagne municipale on entend parler que de \u00e7a, mais la smart city c\u2019est juste des tuyaux avec des capteurs, ce n\u2019est quand m\u00eame pas tr\u00e8s orient\u00e9 population et citadins\u00a0! La question devrait plut\u00f4t \u00eatre\u00a0: comment, avec le num\u00e9rique, cr\u00e9er des dispositifs qui rendent vraiment service aux citoyens\u00a0? Comment, par exemple, organiser tous ces nouveaux objets de mobilit\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 obtenir le m\u00eame confort d\u2019usage que celui que propose la RATP\u00a0? Nous travaillons sur ces sujets pour Lyon notamment, dans le quartier de la Part-Dieu. On travaille aussi pour l\u2019\u00c9tat, qui est une collectivit\u00e9 complexe, avec des besoins particuliers et une sp\u00e9cificit\u00e9 qui la conduit parfois, sur des projets qui touchent \u00e0 la souverainet\u00e9, \u00e0 faire les choses elle-m\u00eame, avec ses propres informaticiens, ses propres chefs de projet\u2026 Qu\u2019il s\u2019agisse de sujets complexes pour le minist\u00e8re de l\u2019\u00e9cologie comme les grands \u00e9changes de carbone ou des communications s\u00e9curis\u00e9es pour le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et ses collaborateurs, d\u00e9sormais on commence par le design, et ensuite seulement on d\u00e9veloppe. Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas avant.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Il faut toujours commencer par le design ou au moins avec le design ?<br \/>\n<\/b>C\u2019est bien, oui, c\u2019est mieux. Sinon on commence avec des dessins tr\u00e8s complexes, des arbres fonctionnels auxquels personne ne comprend rien \u2013 un peu comme les plans d\u2019architectes. Nous on pr\u00e9f\u00e8re travailler avec des maquettes, des prototypes, des objets qui ne sont pas encore fonctionnels mais qui permettent \u00e0 tout e monde de comprendre la m\u00eame chose, de s\u2019approprier un objet qui n\u2019existe pas encore. Tout le monde se met \u00e0 parler le m\u00eame langage, ce qui est finalement le premier acte du design\u00a0: interfacer des gens afin qu\u2019ils parlent ensemble de la m\u00eame chose, \u00eatre un traducteur. Comme le dit Paola Antonelli, qui dirige aujourd\u2019hui le d\u00e9partement Design du MoMa : le niveau d\u2019int\u00e9gration du design dans un pays d\u00e9finit le niveau de maturit\u00e9 de ce pays. Pour elle, le design ne cr\u00e9e pas de la valeur ajout\u00e9e, il cr\u00e9e de la valeur. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on n\u2019ach\u00e8te pas de l\u2019informatique, on ach\u00e8te un usage, quelque chose qui nous pla\u00eet, quelque chose qui nous permet de vivre ce qu\u2019on est en tant qu\u2019homme, femme, passionn\u00e9 de litt\u00e9rature, de photo ou je ne sais quoi. La finalit\u00e9 d\u2019un produit c\u2019est finalement sa raison d\u2019\u00eatre, c\u2019est donc par l\u00e0 qu\u2019il faut commencer. Il est vrai qu\u2019en France, le design c\u2019est souvent futile, c\u2019est les Arts d\u00e9coratifs, les meubles de Louis XIV dont, \u00e0 mon avis, on n\u2019a pas fait le deuil \u2013 une sorte d\u2019\u0152dipe li\u00e9 au fait d\u2019avoir tu\u00e9 le p\u00e8re, d\u2019avoir br\u00fbl\u00e9 les meubles\u2026 Le para\u00eetre est tr\u00e8s important. Mais le design dont je parle, ce n\u2019est pas du tout cela, c\u2019est un design de l\u2019utile, de la fonction, de l\u2019usage, d\u2019un sens inscrit dans une culture.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Mais cela varie d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. On ne peut pas dire qu\u2019en France la culture du design soit tr\u00e8s partag\u00e9e\u2026<br \/>\n<\/b>Pour comprendre le design en g\u00e9n\u00e9ral, le design europ\u00e9en en particulier, il faut d\u2019abord se rappeler que la maman, c\u2019est l\u2019Italie, c\u2019est-\u00e0-dire le design des architectes\u00a0: on pense le monde, et aussit\u00f4t qu\u2019on a pens\u00e9 le monde, on le traduit en une belle chose, la <i>bella machina<\/i>. L\u2019Italie c\u2019est le pays de L\u00e9onard de Vinci, le premier designer, mais aussi de Brunelleschi, des ing\u00e9nieurs florentins. Nos amis allemands, c\u2019est le papa, le philosophe, tr\u00e8s rigoureux, attach\u00e9 aux concepts, et l\u2019un des concepts de sa philosophie c\u2019est le <i>Machinenbau<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire la maison machine comme un tout harmonieux, un peu comme le <i>wa<\/i> japonais qui est un syst\u00e8me en tant que tel, une culture. En France, la technique n\u2019est pas une culture, en Allemagne elle l\u2019est profond\u00e9ment. Une montre Allemande c\u2019est de l\u2019horlogerie, une montre fran\u00e7aise c\u2019est de l\u2019orf\u00e8vrerie, c\u2019est Cartier versus IWC. Du c\u00f4t\u00e9 des anglais, c\u2019est extr\u00eamement paradoxal, ce sont des marchands, ultra pragmatiques, mais le design anglais a donn\u00e9 au monde William Morris, qui est le premier designer qui s\u2019est d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 des objets pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la condition de travail des ouvriers, il est celui qui a pos\u00e9 la question sociale dans le design, qui a politis\u00e9 le design. Il a d\u2019ailleurs particip\u00e9 \u00e0 la fondation du parti socialiste anglais. Nous sommes donc entour\u00e9s de grands pays de design mais, en France, nous avons une histoire plus complexe. A l\u2019\u00e9poque de Boulle et du ch\u00e2teau de Versailles, la France \u00e9tait un pays d\u2019objets magnifiques, maitris\u00e9s, o\u00f9 l\u2019homme et l\u2019objet \u00e9taient confondus dans un processus commun, l\u2019artisanat. On a brul\u00e9 tout \u00e7a, et jamais vraiment fait le deuil\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\">En 1886, Marius Vachon, inspecteur des beaux-arts, r\u00e9dige ce qu\u2019on peut consid\u00e9rer comme \u00a0le rapport Gallois de l\u2019\u00e9poque : il explique qu\u2019on est en retard face aux Anglais et aux Allemands, que c\u2019est la cata\u2026 Dans ce rapport incroyable, il invente le design, il explique que les artistes doivent devenir des marchands, que nous pourrions alors \u00eatre \u00e0 la t\u00eate des objets comme nous sommes \u00e0 la t\u00eate des id\u00e9es\u2026. Le texte est disponible sur Gallica, il faut le lire, c\u2019est extr\u00eamement stimulant, rien n\u2019a chang\u00e9 en fait\u00a0! M\u00eame si \u00e9videmment, il y a eu nombre de designers importants en France par la suite, mais des designers plut\u00f4t qu\u2019un design fran\u00e7ais. Les responsables politiques, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s \u2013 Mitterrand, Lang, Montebourg\u2026\u2013 ne se sont pas int\u00e9ress\u00e9s au design. Ce fut souvent la m\u00eame chose dans les grandes entreprises m\u00eame s\u2019il y eut, au plan du graphisme notamment, des choses extraordinaires produites dans les ann\u00e9es 60 pour Air France, Elf etc par des gens comme Paulin, Tallon, ou les suisses Widmer et Keller\u2026 Mais comme me le confiait r\u00e9cemment Ma\u00efa Paulin, les agences de publicit\u00e9s ont balay\u00e9 tout cela dans les ann\u00e9es 70, ass\u00e9ch\u00e9 cette culture graphique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>Nous avons \u00e9voqu\u00e9 la mutation num\u00e9rique mais n\u2019avons pas encore parl\u00e9 de l\u2019autre transformation majeure, celle qui concerne la plan\u00e8te Terre. Qu\u2019est-ce qu\u2019implique cette prise de conscience de l\u2019anthropoc\u00e8ne pour un designer\u00a0?<br \/>\n<\/b>C\u2019est une question fondamentale, pour le design et pour son enseignement. Les designers d\u2019apr\u00e8s-guerre partageaient une culture de la frugalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la raret\u00e9 des choses dont ils disposaient, et leur culture de la conception \u00e9tait encore plut\u00f4t bas\u00e9e sur les grands principes physiques, les HLM des ann\u00e9es 50, par exemple, \u00e9taient ventil\u00e9s naturellement, on utilisait la physique de base pour faire en sorte que les choses marchent bien. Mais plus on a avanc\u00e9 dans le si\u00e8cle, plus on a utilis\u00e9 des technologies pour compenser de mauvaises conceptions, des conceptions plus rapides, on a mis des ventilateurs, des ventilations m\u00e9caniques contr\u00f4l\u00e9es, au lieu de fabriquer des choses en m\u00e9tal on les a produites en plastique\u2026 On a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 la plan\u00e8te. Il ne s\u2019agit pas, pour autant, aujourd\u2019hui de d\u2019apprendre \u00e0 respecter l\u2019environnement, cela ne veut rien dire pour moi l\u2019environnement\u00a0! Il vaut mieux parler de milieu, insister sur le fait que nous ne sommes pas entour\u00e9s de quelque chose mais que nous en faisons partie, que nous sommes partie prenante d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me complexe et en interaction avec tout un tas de choses, des animaux, des v\u00e9g\u00e9taux, des min\u00e9raux. Nus ne sommes pas au dessus ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9, nous sommes dans l\u2019eau\u00a0! Ce qu\u2019il nous faut apprendre c\u2019est le fair design, un design \u00e9quitable r\u00e9alis\u00e9 avec les ressources dont nous disposons et pas simplement en \u00e9tant astucieux mais en \u00e9tant en permanence au fait des principes de base de l\u2019ing\u00e9nierie, des mat\u00e9riaux et des conceptions. Il ne s\u2019agit pas de bon sens\u00a0ou de trucs niais, mais d\u2019\u00eatre en mesure de produire des conceptions \u00e9conomes par nature, selon l\u2019intelligence de la physique et des moyens \u00e0 disposition. Et pour cela, il ne faut pas disqualifier la technologie comme ennemi, ne pas \u00e0 l\u2019inverse tomber dans l\u2019apologie d\u2019Auguste Comte, ni davantage verser dans la collapsologie\u2026 En fait, le design doit \u00eatre au lib\u00e9ralisme ce que la Croix Rouge est \u00e0 la guerre. La question n\u2019est pas forc\u00e9ment comment faire des objets mais quels objets produire et faut-il ou non les produire. La question ne devrait plus syst\u00e9matiquement \u00eatre\u00a0: quel pont construire pour franchir la rivi\u00e8re\u00a0? mais\u00a0: faut-il aujourd\u2019hui traverser la rivi\u00e8re\u00a0? Parfois vous disposez d\u00e9j\u00e0 d\u2019une chose qu\u2019il suffit de modifier plut\u00f4t que d\u2019en produire une nouvelle. Il faut optimiser ce qui existe d\u00e9j\u00e0.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\"><b>\u00ad\u00adR\u00e9parer aussi\u2026<br \/>\n<\/b>\u00c9videmment\u00a0! R\u00e9parer ce n\u2019est pas sauver le monde, disait Albert Camus, c\u2019est \u00e9viter qu\u2019il se d\u00e9fasse. C\u2019est peut-\u00eatre moins ambitieux mais \u2026 R\u00e9parer c\u2019est redonner forme et recr\u00e9er un d\u00e9sir.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\">Jean-Louis Fr\u00e9chin, Le design des choses \u00e0 l\u2019heure du num\u00e9rique, FYP \u00e9ditions.<\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s3\"><a href=\"https:\/\/aoc.media\/auteur\/sylvain-bourmeau\/\">Sylvain Bourmeau<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"p7\"><span class=\"s1\">JOURNALISTE, DIRECTEUR D&#8217;AOC<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voir l&#8217;article:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/1018136425\/posts\/10219162160457699\/?d=n\">https:\/\/www.facebook.com\/1018136425\/posts\/10219162160457699\/?d=n<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bouscul\u00e9 et embarqu\u00e9 par la mutation num\u00e9rique mais aussi saisi et requis par l\u2019urgence \u00e9cologique, le design se retrouve toujours au croisement de questions sociales, \u00e9conomiques, technologiques, scientifiques, esth\u00e9tiques et culturelles. Une place privil\u00e9gi\u00e9e pour observer mais aussi pour faire, et donc agir. Auteur r\u00e9cent d\u2019un ouvrage dans lequel il pense sa pratique, le designer [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":7190,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[8,16,18,85],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v24.0 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Jean-Louis Frechin : \u00ab Le design doit \u00eatre au lib\u00e9ralisme ce que la Croix-Rouge est \u00e0 la guerre \u00bb Par Sylvain Bourmeau, journaliste. - nodesign.net<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Sylvain Bourmeau signe un long article sur le livre &quot;Le design des choses \u00e0 l&#039;heure du num\u00e9rique&quot; que vient de publier Jean-Louis Frechin.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.nodesign.net\/en\/jean-louis-frechin-le-design-doit-etre-au-liberalisme-ce-que-la-croix-rouge-est-a-la-guerre\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Jean-Louis Frechin : \u00ab Le design doit \u00eatre au lib\u00e9ralisme ce que la Croix-Rouge est \u00e0 la guerre \u00bb Par Sylvain Bourmeau, journaliste. - 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