{"id":5710,"date":"2010-12-13T10:54:01","date_gmt":"2010-12-13T08:54:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.nodesign.net\/blog\/?p=5710"},"modified":"2010-12-13T18:28:06","modified_gmt":"2010-12-13T16:28:06","slug":"vers-un-confort-numerique-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.nodesign.net\/blog\/vers-un-confort-numerique-moderne\/","title":{"rendered":"Vers un confort num\u00e9rique moderne"},"content":{"rendered":"<p>Publication propos\u00e9 au Plan Urbanisme Construction Am\u00e9nagement (<a href=\"http:\/\/rp.urbanisme.equipement.gouv.fr\/puca\/\">PUCA<\/a>)  lors du Grand Atelier Design logement qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 pendant la Biennale de Saint Etienne, les 25 et 26 novembre 2010.<\/p>\n<p>Le champ explor\u00e9 ici concerne l\u2019observation, l\u2019exploration et l\u2019\u00e9mergence de nouveaux usages et pratiques permises par les technologies de l\u2019information et de la communication dans l\u2019habitat. Il tente \u00e9galement de cerner les r\u00f4les auxquels le design pourrait pr\u00e9tendre dans les enjeux que ces technologies pointent. <\/p>\n<p>Les objets, les technologies issues de la r\u00e9volution industrielle, et les pratiques qui en d\u00e9coulent, provoqu\u00e8rent \u2013 autant qu\u2019elles y ont r\u00e9pondu \u2013 des situations in\u00e9dites \u00e0 l\u2019origine de changements des modes de vie et des fa\u00e7ons d\u2019habiter. Dans l\u2019habitat, \u00e0 partir du XIXe si\u00e8cle, les vieux objets d\u00e9coratifs ou fonctionnels du confort quotidien cohabiteront d\u00e9sormais avec des objets technologiques, li\u00e9s \u00e0 des services complexes et parfois envahissants de fourniture d\u2019\u00e9nergie, de distribution d\u2019eau. Pour autant, l\u2019arriv\u00e9e de ces objets dans les foyers \u2013 dont il faudra trouver la place et le statut \u2013 ne se fera pas aussi facilement que leur omnipr\u00e9sence pourrait, aujourd\u2019hui, le laisser croire. Pour que tous ces objets soient actifs, il faudra que se r\u00e9alise le projet ambitieux d\u2019\u00e9lectrification de tous les logements. L\u2019histoire et la nature de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 s\u2019inscrivent dans ce que nous appelons \u00abl\u2019\u00e2ge de la commande\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ouverture et la fermeture des circuits \u00e9lectriques par des interrupteurs. Ces interfaces techniques sont la partie visible d\u2019un syst\u00e8me complexe dissimul\u00e9 au maximum (\u00e0 l\u2019image des compteurs \u00e9lectriques) au profit d\u2019un usage simple, confortable, \u00e9vident. <\/p>\n<p><strong>I. De la machine \u00e0 habiter \u00e0 un \u00e9cosyst\u00e8me d\u2019interaction<br \/>\n<\/strong><br \/>\nLe Corbusier a d\u00e9fini l\u2019acte de cr\u00e9ation architecturale et la relation \u00e0 l\u2019objet, en ces termes : \u00abTo create architecture is to put in order. Put what in order ? Function and objects.\u00bb Ainsi l\u2019architecte, dans son analyse fonctionnaliste du logement et dans ses propositions, ne s\u00e9pare pas le b\u00e2ti des objets et int\u00e8gre le mobilier dans la conception. La maison est une machine \u00e0 habiter. Cette assertion est-elle \u00e0 repenser alors que la nature des objets et services d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l\u2019habitat est boulevers\u00e9e par les technologies de l\u2019information et de la communication, les possibles ouverts par les technologies de l\u2019Internet (IP: Internet protocole) et l\u2019industrie des services\u00a0? Il s\u2019agit de proposer des objets et des pratiques qui provoquent autant qu\u2019ils r\u00e9pondent \u00e0 des situations in\u00e9dites, d\u00e9finissent des modes d\u2019interaction diff\u00e9rents et forment des repr\u00e9sentations simples et compr\u00e9hensibles des technologies. L\u2019un des enjeux importants dans la conception de nouveaux objets est de parvenir \u00e0 maintenir un regard sensible et contextuel qui permette \u00e0 chacun de vivre et d\u2019habiter le monde contemporain. <\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes et les services sont en position centrale dans les nouveaux possibles de la technique : les services d\u00e9tr\u00f4nent les objets, les usages se substituent \u00e0 la possession, les flux prennent la valeur de la mati\u00e8re. Des services num\u00e9riques se substituent aux pratiques conditionn\u00e9es par un face \u00e0 face (la t\u00e9l\u00e9conf\u00e9rence prend le pas sur le d\u00e9placement). Il pourrait \u00eatre ais\u00e9 de faire de ce constat contradictoire, un enjeu de r\u00e9duction de la mati\u00e8re. Puisqu\u2019il y a trop d\u2019objets, on nous promet leur possible disparition gr\u00e2ce aux ordinateurs, puis une disparition de l\u2019ordinateur-m\u00eame dans un gigantesque r\u00e9seau invisible omnipr\u00e9sent qui selon les mots de Jacques-Fran\u00e7ois Marchandise \u00ab\u2005se fait encore sur le mode de l\u2019extra-ordinaire, \u00e0 la fois comique et angoissant\u2005[1]\u2005\u00bb. On parle ainsi d\u00e9sormais d\u2019environnement intelligent, traduction maladroite d\u2019un terme anglo-saxon, \u00e0 prendre dans le sens d\u2019information ou d\u2019inform\u00e9. Les immeubles sont donc intelligents quand on les \u00e9quipe de c\u00e2bles de r\u00e9seaux Ethernet, de bus d\u2019information, permettant une meilleure gestion de l\u2019\u00e9nergie, des communications et d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019Internet, etc. <\/p>\n<p>La vie quotidienne est modifi\u00e9e par les possibilit\u00e9s des r\u00e9seaux num\u00e9riques et par les relations que celles-ci provoquent. Gr\u00e2ce \u00e0 la convergence num\u00e9rique \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire le traitement indiff\u00e9renci\u00e9 des contenus et la gestion du stockage \u2013 tous les objets serviciels que nous connaissons (cha\u00eene hi-fi, t\u00e9l\u00e9vision, t\u00e9l\u00e9phone, radio) sont appel\u00e9s \u00e0 \u00eatre remplac\u00e9s et \u00e0 g\u00e9rer les interactions avec leur propre environnement. L\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la diffusion de ces \u00e9quipements dans les foyers se fait, d\u2019une part sous la pression des grands op\u00e9rateurs de services (Orange, SFR, BT, EDF, Poweo, La Poste, distributeur d\u2019eau, c\u00e2blo-op\u00e9rateur, etc.) et d\u2019autre part, gr\u00e2ce aux qualit\u00e9s plastiques (accessibilit\u00e9, adoption) de l\u2019informatique (Internet, Linux, open source, etc.). Les pratiques et les mutations que ces changements construisent, red\u00e9finissent la fa\u00e7on dont nous habitons et dont nous pourrons habiter\u00a0: nouvelles formes de nomadisme domestique, cr\u00e9ations et diffusions de contenus remontants, cr\u00e9ations de situations nouvelles adapt\u00e9es et d\u00e9finis par les individus, partages d\u2019informations, e-fluidification, etc. On peut, \u00e0 titre d\u2019illustration, citer le r\u00e9seau Internet (IP) qui permet la diss\u00e9mination du traditionnel flux t\u00e9l\u00e9visuel sur une multitude d\u2019\u00e9crans disponibles \u00e0 tout moment et dans toutes les pi\u00e8ces du logement ou les exp\u00e9riences de partage d\u2019information (<a href=\"http:\/\/www.maResidence.fr\">maResidence.fr<\/a>).<\/p>\n<p>L\u2019architecture, qui jusqu\u2019alors d\u00e9finissait les dispositifs d\u2019habitation dessinant les contours de l\u2019habiter et de la vie, est dor\u00e9navant dans l\u2019obligation d\u2019int\u00e9grer dans le b\u00e2ti ces flux, ces situations de vie et ces usages \u00e9mergents : ubiquit\u00e9 informationnelle et mobilit\u00e9s domestiques lib\u00e8rent, en quelque sorte, l\u2019architecture de certaines infrastructures et traduisent la polyvalence spatiale ch\u00e8re \u00e0 Ludwig Mies van der Rohe. La machine \u00e0 habiter est litt\u00e9ralement d\u00e9log\u00e9e par de v\u00e9ritables \u00e9cosyst\u00e8mes d\u2019interaction (relationnelle) et de communication. Nous pourrions ainsi modestement modifier la phrase de Le Corbusier \u00abTo create architecture is to put in interaction in order. Put what in interaction? Function, objects, services, uses and practices for people. \u00bb<\/p>\n<p><strong>A. Le num\u00e9rique dans l\u2019habitat\u00a0: la voie classique<\/strong><\/p>\n<p>Une concurrence et des luttes industrielles se jouent sur les offres d\u2019acc\u00e8s, les offres de services, d\u2019interaction et de contenu pour int\u00e9grer les foyers. Concurrence si violente que certains observateurs qualifient ce march\u00e9 de \u00abguerre des foyers \u00bb.<br \/>\n> Le premier r\u00e9flexe consiste \u00e0 r\u00e9pondre avec les outils classiques des politiques publiques et industrielles : infrastructures, administration, r\u00e9gulation, tarification, taxation, d\u00e9l\u00e9gation des industriels ou mise en place de grands investissements au service du public (plan c\u00e2ble, plan calcul, plan fibre, etc.). Ces approches topdown produisent des r\u00e9sultats, mais elles sont souvent conflictuelles, longues, co\u00fbteuses et difficiles \u00e0 mettre en \u0153uvre alors que les ressources publiques se rar\u00e9fient. Elles sont par ailleurs peu centr\u00e9es sur les usages et les pratiques des individus.<br \/>\n> On peut aussi s\u2019en remettre aux \u00e9volutions techniques et scientifiques, mais l\u00e0 encore, les r\u00e9sultats sont longs \u00e0 venir, insuffisants, et les visions sont parfois contestables (machine to machine, lobby, technopush). Ces \u00e9volutions sont inscrites dans l\u2019approche \u00absyst\u00e8me infrastructure utilitaire\u00bb \u00e0 la fran\u00e7aise et sont tr\u00e8s peu centr\u00e9es sur des usages humains, av\u00e9r\u00e9s et sensibles.<br \/>\nCes propositions pr\u00e9sentent un risque d\u2019incompr\u00e9hension et de perte de contr\u00f4le des technologies, pourtant suppos\u00e9es nous aider \u00e0 mieux vivre. Celles-ci sont souvent propri\u00e9taires et peu op\u00e9rables alors que l\u2019Internet est naturellement interop\u00e9rable (compteur Linky EDF, LiveBox Orange, Domotique propri\u00e9taire, etc.). <\/p>\n<p><strong>B. Le num\u00e9rique dans l\u2019habitat\u00a0: la voie du d\u00e9sir<\/strong><\/p>\n<p>Ces nouvelles situations questionnent le design et posent le d\u00e9fi de l\u2019invention de nouvelles mat\u00e9rialit\u00e9s, de nouvelles pratiques, de nouvelles symboliques, de nouvelles esth\u00e9tiques\u00a0: des nouvelles po\u00e9sies du quotidien qui dessinent des repr\u00e9sentations compr\u00e9hensibles, des possibles permis par les technologiques num\u00e9riques dans le logement. Il semble important de proposer d\u2019autres sc\u00e9narios, ouverts et l\u00e9gers qui, dans un premier temps, incarneront et repr\u00e9senteront clairement des services num\u00e9riques jusqu\u2019alors souvent invisibles et incompr\u00e9hensibles. Il y a donc un enjeu de lisibilit\u00e9 des offres et services. Il est \u00e9galement primordial que ces services et offres soient cultivables, bricolables et contr\u00f4lables (projet Mininet de services num\u00e9riques d\u2019immeuble). C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils rel\u00e8vent d\u2019une culture d\u2019usage ascendante (bootom up). En effet, il est vital de rendre visibles et intelligibles les dispositifs qui nous entoureront afin de permettre leur appropriation et leur manipulation, configuration seule apte \u00e0 inventer d\u2019autres pratiques. <\/p>\n<p>De nombreux enjeux sont soulev\u00e9s par cette question et il devient alors incontournable de construire des dispositifs avec et pour ceux \u00e0 qui ils sont destin\u00e9s, \u00e0 partir des nouvelles fa\u00e7ons de vivre et d\u2019exister. Ainsi r\u00e9pondre aux d\u00e9fis \u00e9nerg\u00e9tiques : agir pour une r\u00e9gulation ma\u00eetris\u00e9e et concert\u00e9e de l\u2019\u00e9nergie, \u0153uvrer \u00e0 sa production locale, engager une nouvelle relation avec les op\u00e9rateurs d\u2019\u00e9nergie gr\u00e2ce aux syst\u00e8mes num\u00e9riques. Il appara\u00eet aussi primordial d\u2019inscrire les technologies num\u00e9riques dans les contextes intimes, affectifs et spatiaux de l\u2019habitat, ainsi que dans l\u2019histoire et la culture de ce qui fait \u00ab foyer \u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire m\u00e9tisser les techniques et les usages, plut\u00f4t que revendiquer une vision spectaculaire et na\u00efve d\u2019un progr\u00e8s salvateur reposant uniquement sur les technologies. \u00ab\u00a0Passer ainsi de l\u2019\u00e2ge de la commande \u00e0 l\u2019\u00e2ge de l\u2019interaction.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les projets pr\u00e9sent\u00e9s ici proposent justement un m\u00e9tissage des nouvelles technologies relationnelles et d\u2019objets dans la maison : objets utilitaires, mobiliers, \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9coration, de confort, d\u2019\u00e9clairage, objets de tabletterie et de repr\u00e9sentations nouvelles, etc. Ces objets-interfaces sont des mat\u00e9rialisations discr\u00e8tes, douces, \u00e9motionnelles et diffusent des potentiels offerts par les technologies de l\u2019information et de la communication. Les N\u00e9oObjets, supports, \u00e9metteurs ou r\u00e9cepteurs de services en ligne, se manipulent par des dispositifs visibles et r\u00e9els et par des interactions naturelles et amicales. <\/p>\n<p><strong>II. Un nouveau design<\/strong><\/p>\n<p>Une telle approche constitue une proposition autant qu\u2019un enjeu d\u2019innovation pour les cr\u00e9ateurs de services, pour les industriels des technologies, pour les acteurs du logement, aussi et surtout pour ceux qui y habitent. Les d\u00e9marches pr\u00e9sent\u00e9es proposeront un regard sensible sur les mani\u00e8res d\u2019utiliser les technologies pour vivre et habiter. Le sujet ici n\u2019est donc pas tant les objets en eux-m\u00eames, mais ce que nous en faisons, comment nous les utilisons et pourquoi nous les concevons. Les enjeux sont nouveaux, le contexte a chang\u00e9, autant de situations qui obligent \u00e0 inventer des situations pr\u00e9f\u00e9rables et la mani\u00e8re dont nous souhaitons les habiter. <\/p>\n<p>Un objet est per\u00e7u par les sens. Cette question du sens est un axe majeur de r\u00e9flexion dans le domaine des nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication, domaine dans lequel la forme du tout et les usages possibles ne sont pas encore fix\u00e9s, en cours d\u2019\u00e9laboration.<\/p>\n<p>Il est confortable de placer le design, comme une prolongation fascinante, amusante ou po\u00e9tique de l\u2019histoire des arts d\u00e9coratifs, trublion d\u2019un monde pragmatique. Il est \u00e9galement habituel de le consid\u00e9rer comme une extension d\u00e9grad\u00e9e de l\u2019architecture ou comme le champ formaliste et applicatif d\u2019une approche utilitaire qui entend r\u00e9pondre \u00e0 la question des besoins. Il est aussi commode de le consid\u00e9rer plus classiquement comme la main talentueuse du march\u00e9. Le design \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019attention aux besoins, au quotidien et au d\u00e9sir \u2013 est peut-\u00eatre plus que cela. Il s\u2019applique \u00e0 aborder et \u00e0 r\u00e9soudre de fa\u00e7on ad\u00e9quate les situations nouvelles et complexes de son \u00e9poque \u2013 comme le Bauhaus a su inventer l\u2019esth\u00e9tique des possibles de la sienne. Les contextes ont cependant profond\u00e9ment chang\u00e9. En effet, doit-on encore opposer la fascination de l\u2019art \u00e0 l\u2019utilit\u00e9 de la technique, quand la technique n\u2019est plus un enjeu en tant que tel et que le progr\u00e8s a perdu son innocence\u00a0? Doit-on opposer la science \u00e0 l\u2019art, quand nous confondons \u00ab\u00a0conna\u00eetre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0comprendre \u00bb, \u00ab\u00a0savoir\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0proposer\u00a0\u00bb dans nos champs sp\u00e9cifiques architecture et design\u00a0? Doit-on opposer l\u2019architecture au design quand les architectes ont, semble-t-il, abandonn\u00e9 les usages au profit de la forme et \u00e0 l\u2019universalit\u00e9 de leur pratique\u00a0?<\/p>\n<p>Le poids de la recherche a boulevers\u00e9 les disciplines cr\u00e9atives et artistiques. Elle tente de collecter, de conna\u00eetre et de comprendre les erreurs du pass\u00e9, sans proposition de rem\u00e8de, et fait parfois oublier la puissance et la force de la culture du projet, m\u00e9thodologie pratique, int\u00e9gratrice et transdisciplinaire qui forgent des propositions appr\u00e9hendables. Doit-on, comme dans l\u2019immature Internet, scientificiser et quasi m\u00e9dicaliser le facteur humain\u00a0? Ou plut\u00f4t exp\u00e9rimenter des possibles, inventer des actions transdisciplinaires et laisser une place \u00e0 la vie et aux usages\u00a0? <\/p>\n<p>La convergence num\u00e9rique red\u00e9finit ainsi ce que nous faisons, op\u00e9rons, g\u00e9rons, \u00e9coutons, produisons, communiquons, s\u00e9curisons et regardons dans nos maisons. Ces fonctions connect\u00e9es \u00e0 des r\u00e9seaux proposent une grande vari\u00e9t\u00e9 de services.\u00a0On nous promet, d\u00e9sormais, pour demain un environnement intelligent pour la maison, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019omnipr\u00e9sence de r\u00e9seaux filaires et sans fil, second\u00e9s par un d\u00e9bit de plus en plus rapide. Avec ce r\u00e9seau nouveau, les appareils \u00e0 venir s\u2019interconnecteront pour former un gigantesque Internet des objets. D\u2019aucuns proposent des objets sp\u00e9cifiques, relativement intrusifs, visibles, marchands et complexes ; d\u2019autres tentent \u00e0 l\u2019inverse d\u2019enfouir machines et r\u00e9seaux pour fabriquer des espaces connect\u00e9s\u00a0o\u00f9 plus rien de ce qui se passe ne serait perceptible (informatique pervasive). Ces propositions technologiques int\u00e8grent assez peu la sensibilit\u00e9 humaine et la nature des objets et des logements.<\/p>\n<p><strong>A. Des nouveaux objets : les N\u00e9oObjets<\/strong><\/p>\n<p>Habituellement, un objet, c\u2019est ce qui se pr\u00e9sente \u00e0 la vue ou \u00e0 l\u2019esprit et qui affecte les sens. Les objets sont d\u00e9sormais r\u00e9gis par des caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques qui entra\u00eenent et cr\u00e9ent de nouveaux paradigmes dans la relation de l\u2019individu \u00e0 celui-ci, et de l\u2019objet \u00e0 la technique. Nous proposons de regrouper l\u2019ensemble des produits, des services ou des espaces utilisant les TIC, et par extension les BNIC, sous la m\u00e9taphore de N\u00e9oObjet ou d\u2019HyperObjet. Le\u00a0N\u00e9oObjet \u00e9largit le champ traditionnel des objets en s\u2019hybridant avec les notions de service, d\u2019information, de connaissance, d\u2019exp\u00e9rience, de culture, de diffusion et de production. Les N\u00e9oObjets reportent l\u2019usage et la valeur ajout\u00e9e au-dehors de la mati\u00e8re et du p\u00e9rim\u00e8tre physique de l\u2019objet. Ils d\u00e9finissent des espaces de valeur et de transformation en offrant une primaut\u00e9 \u00e0 l\u2019usage sur la notion classique de possession, proposent une partition entre les fonctions visibles et les fonctions per\u00e7ues de services communicationnels. Ils sont issus d\u2019une situation (ou d\u2019un hypercontexte) qui met en jonction le temps, l\u2019espace et des \u00e9v\u00e9nements. Le courant moderne a construit des propositions sur un mod\u00e8le de relation entre les formes et les fonctions dans une vision progressiste, humaine et d\u2019esp\u00e9rance. Le postmodernisme a impos\u00e9 la primaut\u00e9 du signe et de l\u2019individu sur le projet collectif. Quelles vont \u00eatre les desseins, les repr\u00e9sentations, les symboliques et l\u2019esth\u00e9tique des N\u00e9oObjets ?<\/p>\n<p>La crise de la conception des objets contemporains li\u00e9e \u00e0 la fin de l\u2019hyperconsommation, telle que nous l\u2019avons connue pendant quarante ans, pose les questions des formes nouvelles de conception, de la place de l\u2019utilisateur et de la finalit\u00e9 des produits\/services. Sommes-nous condamn\u00e9s \u00e0 concevoir, \u00e0 partir de techniques, des usages pr\u00e9finis\u00a0? Ou au contraire, une voie est-elle ouverte qui permet de d\u00e9finir des produits o\u00f9 l\u2019utilisateur trouve une place ? Comment lorsqu\u2019on propose un objet manufactur\u00e9 passe-t-on d\u2019une intention utilisatrice \u00e0 des intentions fabricatrices ? Quelle place donner aux utilisateurs qui ne soit pas r\u00e9ductrice \u00e0 la position de consommateur\u00a0? Comment concevoir des syst\u00e8mes, des services, des logements ou des objets adoptables ? Quelle est la condition d\u2019existence d\u2019objets \u00e9mancipateurs? La plasticit\u00e9 et les possibilit\u00e9s du num\u00e9rique ont permis le passage, comme l\u2019\u00e9nonce Bernard Stiegler, de la notion d\u2019usage \u00e0 celle de pratique. Elles se traduisent dans le monde r\u00e9el par\u00a0diff\u00e9rentes initiatives : bricolage, Faites-le vous-m\u00eame, syst\u00e8me D, Do it yourself, autant de situations qui remettent au centre du protocole l\u2019amateur. L\u2019\u00e9thique et la culture hacker (Peka Himmanen) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019ouverture, de passion et de d\u00e9sir pour innover. Le bricolage d\u00e9borde ainsi sur les objets et la fabrication permet \u00e0 chacun \u2013 professionnel ou amateur \u2013 de satisfaire son go\u00fbt croissant pour le sur-mesure. Make Magazine se veut le Popular Mechanics ou le syst\u00e8me D du XXIe si\u00e8cle\u00a0: \u00ab Le premier magasine consacr\u00e9 aux projets num\u00e9riques, aux bricolages et \u00e0 l\u2019inspiration \u00bb. <\/p>\n<p><strong>B. L\u2019objet est interface : l\u2019interface est l\u2019objet<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019interface et les interactions concentrent les enjeux de relation entre la machine et l\u2019homme : comment passer de l\u2019\u00e2ge de la commande des interrupteurs \u00e0 la culture de l\u2019interaction des ordinateurs ou permises par les nouvelles interfaces\u00a0? L\u2019ultramobilit\u00e9 des objets communiquant, les multiplications des \u00e9crans bouleversent la topologie, l\u2019identit\u00e9 et l\u2019usage des objets. Les interfaces et sp\u00e9cifiquement les interfaces visuelles participent \u00e0 la perception globale de la finalit\u00e9 des objets num\u00e9riques. Ainsi \u00ab l\u2019interface devient le produit et l\u2019objet du service \u00bb. Elle n\u2019est plus un espace de commande utilisable, elle est la repr\u00e9sentation du service, son usage et sa finalit\u00e9 symbolique, cognitive et esth\u00e9tique. On ne peut pas s\u00e9parer la probl\u00e9matique de conception d\u2019une interface, de celle de la relation entre l\u2019homme et le dispositif technique mis en place ainsi que de celle de la cr\u00e9ation de repr\u00e9sentations et de formes symboliques. L\u2019image d\u2019une interface exprime la finalit\u00e9 du service et son attractivit\u00e9. Les interfaces des objets communicants devenues omnipr\u00e9sentes sont la premi\u00e8re r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019Internet des objets\u00a0: omnipr\u00e9sentes, plastiques dans les formes, elles sont appel\u00e9es \u00e0 s\u2019\u00e9manciper encore davantage. L\u2019informatique discr\u00e8te se diffuse d\u00e9sormais dans des objets, des espaces et dans le corps humain. La radicalit\u00e9 technologique qui se profile \u00e0 l\u2019horizon est m\u00eame en mesure de rendre obsol\u00e8te l\u2019interface au profit d\u2019une technologie invisible, banalis\u00e9e et omnipr\u00e9sente.<\/p>\n<p><strong>> Des objets r\u00e9v\u00e9lateurs\/des objets capteurs<\/strong><br \/>\nLes objets capteurs r\u00e9v\u00e8lent ce que l\u2019on ne voit pas, ils rendent l\u2019invisible visible, laissent des traces et sont localisables ; ils captent, produisent et \u00e9changent en continu des informations sur l\u2019environnement et sur eux-m\u00eames. Il ne s\u2019agit pas ici de rendre les objets intelligents, mais de produire et faire circuler facilement une information, relativement standardis\u00e9e, \u00e0 partir de laquelle pourra \u00e9merger des usages et des sch\u00e9mas inattendus : voir ce que l\u2019on ne voit pas et r\u00e9v\u00e9ler un contexte. Ce sont les objets bavards (blogjets, \u00ab\u00a0objet qui blogue\u00a0\u00bb selon la courte d\u00e9finition de Julian Bleeker) appel\u00e9s ainsi parce qu\u2019ils laissent des traces et sont localisables. \u00c0 titre d\u2019exemple, la Montre verte (Ivo Flammer\/Fing) est \u00e9quip\u00e9e de moyens de communication\u00a0: des balises GPS agissent pendant les d\u00e9placements comme des capteurs environnementaux mesurant le niveau de pollution des villes \u2013 et mettent \u00e0 disposition des donn\u00e9es dont pourraient se servir tout \u00e0 la fois les services municipaux, les entreprises et les populations. Ce type d\u2019objet \u2013 actif sans \u00eatre pour autant autonome et mena\u00e7ant \u2013 pourrait prendre une importance nouvelle dans les vies de chacun. <\/p>\n<p><strong>> Des N\u00e9oObjets verts<\/strong><br \/>\nLe num\u00e9rique permet \u00e9galement, dans une vision holistique, d\u2019optimiser la gestion environnementale de l\u2019habitat autour de ce que l\u2019on appelle les GreenIT et le Green Design. Il contribue \u00e0 la bonne gestion de l\u2019empreinte \u00e9nerg\u00e9tique et \u00e9cologique de l\u2019habitat\u00a0: pilotage de la demande, automatisation et optimisation, ma\u00eetrise inter r\u00e9gul\u00e9e de l\u2019efficience \u00e9nerg\u00e9tique, mesure et contr\u00f4le des syst\u00e8mes logistiques, d\u00e9chets, eau, \u00e9nergie, tarification, taxation contextuelle comme la PoweoBox. Toutes ces fonctions prises en charge par le num\u00e9rique permettent aussi l\u2019organisation de march\u00e9s complexes tels que les droits \u00e0 polluer et les carbon offsets des immeubles. Ce sont ces technologies qui autorisent le passage du produit au service (e-substitution), gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9mat\u00e9rialisation relative des produits et des d\u00e9placements&#8230;<\/p>\n<p><strong>> Un objet social<\/strong><br \/>\nL\u2019intelligence \u00e9ventuellement partag\u00e9e des syst\u00e8mes centr\u00e9s sur le commun peuvent \u00e9galement construire et repr\u00e9senter des organisations sociales dans les immeubles, habitats individuels et lotissements. Ces nouveaux agencements cr\u00e9atifs influenceront les organisations collectives, les \u00e9changes locaux, la mutualisation et le partage de ressources (smart grids, mobilit\u00e9 douce, gestion des d\u00e9chets, etc.). Les nouveaux services vont \u00e9galement permettre la m\u00e9moire des b\u00e2timents et des lieux pour des activit\u00e9s optimis\u00e9es de gestion, de r\u00e9paration, d\u2019entretien. Enfin, les dispositifs num\u00e9riques contribuent \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler et \u00e0 optimiser l\u2019organisation du d\u00e9bat social et local, la participation citoyenne (forage num\u00e9rique rive droite de Bordeaux communaut\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration). Le design concevra alors des repr\u00e9sentations adoptables, personnelles et sensibles sur les cons\u00e9quences collectives des actions de chacun (par exemple, les projets Ecopet, Fixmysrteet, Cousurfing, MyResedidene.fr, etc.).<\/p>\n<p><strong>Conclusion. Le sujet est l\u2019objet<\/strong><\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information et l\u2019apparition de l\u2019ordinateur, objet-outil par excellence, a organis\u00e9 un syst\u00e8me d\u2019objets \u00e0 forte dimension d\u2019autonomisation et de responsabilisation (empowerment). Cette possibilit\u00e9 a rendu l\u2019engagement des utilisateurs r\u00e9el et cr\u00e9atif (cf. le concept de crowdsourcing). On nomme cette m\u00e9thode de gestion et de production \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie sociale\u00a0\u00bb. L\u2019empowerment est le processus d\u2019acquisition d\u2019un pouvoir\u00a0: pouvoir de travailler, de construire, de gagner son pain, de d\u00e9cider de son destin social en respectant les besoins et termes de la soci\u00e9t\u00e9. Inscrit dans cette ambition, le web est pass\u00e9 en mode \u00e9criture. Des interfaces comme celle de la Wii, avec un feedback haptique, r\u00e9volutionnent non seulement la fa\u00e7on de jouer, mais aussi l\u2019apprentissage, \u00e0 l\u2019instar du M\u00e9cano ou du Lego. Cette participation physique s\u2019inscrit au c\u0153ur du style d\u2019interaction des interfaces d\u2019aujourd\u2019hui o\u00f9 l\u2019information devient un objet manipulable et configurable. Apr\u00e8s le web 2.0, voici donc l\u2019objet 2.0 ou l\u2019habitat 2.0, dont la prouesse est de laisser libert\u00e9 et autonomie aux hommes pour qu\u2019ils puissent assumer leur r\u00f4le dans la construction de leur existence. \u00ab\u00a0Nous croyons nous affranchir : ils [les objets] nous assujettissent. Il faudrait, en somme, les inventer pour inviter \u00e0 \u00e9changer. Alors, peut-\u00eatre, et pourvu qu\u2019ils deviennent de tels m\u00e9diateurs, les objets pourraient-ils, \u00e0 nouveau, servir.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Les questions pos\u00e9es par les N\u00e9oObjets ouvrent des espaces de r\u00e9flexion et de cr\u00e9ation qui sont des opportunit\u00e9s fortes pour la soci\u00e9t\u00e9, le design, l\u2019art, la conception, la cr\u00e9ation et les hommes. La naissance de cet espace de syst\u00e8mes, d\u2019architectures informationnelles et communicationnelles red\u00e9finit le design \u00e0 partir de propositions et d\u2019esth\u00e9tique nouvelles, reconfigure les pratiques sociales. L\u2019homme devrait, parmi les machines, \u00eatre \u00e0 la fois coordinateur et inventeur permanent de nouveaux objets, con\u00e7us pour \u00eatre des syst\u00e8mes et qui nous serviraient plut\u00f4t qu\u2019ils ne nous asserviraient (Pierre-Damien Huyghe).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9poque contemporaine renoue avec les conditions historiques d\u2019\u00e9mergence du design et avec la mani\u00e8re dont le Bauhaus a forg\u00e9 la culture europ\u00e9enne d\u2019un design humaniste. Il s\u2019agit donc aujourd\u2019hui d\u2019interroger l\u2019utilisation sociale, \u00e9conomique, politique et partag\u00e9e des opportunit\u00e9s technologiques et les mani\u00e8res dont nous souhaitons les utiliser. Il est \u00e9galement souhaitable d\u2019en proposer un acteur : le design. L\u2019objet (produits, services, situations) est aujourd\u2019hui plus qu\u2019hier au-del\u00e0 de la surface. L\u2019enjeu porte sur les formes de la modernit\u00e9 que nous souhaitons habiter. <\/p>\n<p>Le design n\u2019est-il pas le lien manquant entre de multiples acteurs\u00a0: l\u2019industrie, les diff\u00e9rentes disciplines impliqu\u00e9es dans cette \u00e9volution, les technologies, les individus et leurs pratiques\u00a0? C\u2019est la fa\u00e7on dont nous avons conduit ces propositions qui vous sont pr\u00e9sent\u00e9es ici. Il ne s\u2019agit pas ici de th\u00e9orie, mais de montrer des projets porteurs d\u2019une d\u00e9marche d\u2019innovation ouverte et int\u00e9gratrice par le design. La cr\u00e9ation impliqu\u00e9e, l\u2019intention, l\u2019intuition, l\u2019exp\u00e9rimentation, la transdisciplinarit\u00e9, ne sont-ils pas les nouveaux param\u00e8tres de ce qui pourrait nous guider et nous inspirer pour r\u00e9-enchanter un mod\u00e8le d\u2019innovation et d\u2019invention du futur\u00a0? Demain est aujourd\u2019hui. Un confort moderne num\u00e9rique, humain et d\u00e9sirable ? Le design en est l\u2019interface. <\/p>\n<p>[1].\u2007Jean-Fran\u00e7ois Marchandise, \u00ab Observer les changements ordinaires\u00bb, 1er octobre 2010,  <a href=\"http :\/\/www.Internetactu.net\">www.Internetactu.ne<\/a>t.<\/p>\n<p> [2].Jean-Paul Robert, Carte blanche \u00e0 Jean-Louis Frechin, VIA, 2008.<\/p>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ouvrages<\/strong><br \/>\nLeornardo Benevollo, L\u2019Histoire de l\u2019architecture moderne\u00a0: la r\u00e9volution industrielle, trad. Vera et Jacques Vicari, Paris, Dunod, \u00ab\u00a0Espace &#038; Architecture\u00a0\u00bb, 1998.<br \/>\nNeil Gershenfeld, FAB: The Coming Revolution on Your Desktop. From Personal Computers to Personal Fabrication, New York, Basic Books, 2005.<br \/>\nSiegfried Giedon, Espace, temps, architecture, trad. Irmeline Lebeer et Fran\u00e7oise-Marie Rosset, Paris, Deno\u00ebl, 1990.<br \/>\nRaymond Guidot, Histoire du design de 1940 \u00e0 nos jours, Paris, Hazan, \u00ab\u00a0Beaux Arts\u00a0\u00bb, 2004.<br \/>\nPierre Damien Huygues (s.l.d.), L\u2019Art au temps des appareils, Paris, L\u2019Harmattan, 2005.<br \/>\nPierre Damien Huygues, \u00ab\u00a0Design et existence\u00a0\u00bb, in Flamand Brigitte (s.l.d.), Le Design essais sur des th\u00e9ories et des pratiques, Paris, Institut fran\u00e7ais de la mode\/Regard, 2006.<br \/>\nAbraham Moles, Th\u00e9orie des objets, Paris, \u00c9ditions Universitaires, 1972.<br \/>\nAbraham Moles, Th\u00e9orie de l\u2019information et perception esth\u00e9tique, Paris, Deno\u00ebl, 1973.<br \/>\nAbraham Moles et \u00c9lisabeth Rohmer, Les Sciences de l\u2019impr\u00e9cis, Paris, Seuil, 1990.<br \/>\nRobert Plotkin, The Genie in the Machine, Stanford, Stanford University Press, 2009.<br \/>\nJeremy Rifkin, L\u2019\u00c2ge de l\u2019acc\u00e8s, trad. Marc Saint-Up\u00e9ry, Paris, La D\u00e9couverte, \u00ab\u00a0La d\u00e9couverte \/ poche\u00a0\u00bb, 2002.<br \/>\nBernard Stiegler, M\u00e9cr\u00e9ances et Discr\u00e9dits, t. 2, Paris, Galil\u00e9e, 2006.<br \/>\n\u00c9ric Von Hippel, Democratizing Innovation, Cambridge, MIT Press, 2005.<br \/>\nJean-Louis Weissberg (s.l.d.), Les Chemins du virtuel, Cahiers du CCI, Centre Georges Pompidou, Flammarion, Paris, 1989. <\/p>\n<p><strong>Ressources internet <\/strong><br \/>\nProgramme financ\u00e9 par l\u2019Union Europ\u00e9enne\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.disappearing-computer.net\/index.html\">disappearing-computer.net<\/a><br \/>\nPlate-forme de conception\u00a0: <a href=\"www.platform21.nl\/index.php\">www.platform21.n<\/a>l.<br \/>\nSite internet du magasin Make\u00a0: <a href=\"http:\/\/makezine.com\">http:\/\/makezine.com<\/a>.<br \/>\nSite de partage de cr\u00e9ation num\u00e9rique\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.thingiverse.com\">www.thingiverse.com<\/a>.<br \/>\nSite de partage de cr\u00e9ation num\u00e9rique\u00a0: <a href=\"http:\/\/bricolabs.net\">bricolabs.net<\/a>.<br \/>\nSite des designers Jean-Louis Frechin et Urios Petrevski : < <a href=\"http:\/\/www.nodesignlab.net\">www.nodesignlab.net..<\/p>\n<p>Je remercie chaleureusement la Cit\u00e9 du Design, Marie-Haude Caraes, Virginie Thomas et le PUCA pour ces \u00e9changes riches et leur accueil.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Publication propos\u00e9 au Plan Urbanisme Construction Am\u00e9nagement (PUCA) lors du Grand Atelier Design logement qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 pendant la Biennale de Saint Etienne, les 25 et 26 novembre 2010. 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