Posted on avril 17th, 2013 by Jean-Louis

1 Comment

Les modèles du XXè siècle semblent arrivés à une limite. A l’aube du véritable changement d’âge que nous vivons, il paraît nécessaire de construire et d’inventer de nouvelles « propositions », préférables à celles léguées par le siècle précédent.

Le design semble désormais considéré comme un élément de solution pour accompagner ces mutations. Pour Paola Antonelli, conservatrice au Moma de New York, « le design fait partie des indicateurs qui éclairent et fabriquent le changement culturel que nous vivons ». Il est donc à un tournant de ses pratiques et de ses rôles, mais aussi dans une mutation au regard des responsabilités qu’il se doit d’assumer.

Au-delà de ses actions historiques, le design contemporain s’étendra jusqu’à toucher presque toutes les facettes des activités humaines, la science, l’éducation, l’économie ou la politique. Il sera protéiforme, à l’instar de disciplines comme la physique ou l’architecture. Ainsi, au-delà de leur formation classique, les nouveaux designers devront avoir une vision systémique et des savoirs étendus en termes économiques, technologiques et anthropologiques, ainsi qu’une aptitude à dialoguer avec d’autres disciplines.

Le designer définira des possibles et des propositions. Celles-ci pourront se définir autant comme des visions que comme des pratiques – un dessein et un dessin – pour accompagner les transformations du monde.

On pourra distinguer deux sortes de designers. Les premiers produiront des questionnements et des visions autour de sujets nouveaux, éclairant les opportunités et les risques du futur. Les autres représenteront des situations concrètes (nouveaux objets, services, organisations…) afin qu’entrepreneurs, scientifiques, politiques et grand public puissent agir dessus, les adopter et les produire.

Ces designers ne seront pas solitaires, leur palette d’expression s’appuiera sur une capacité à dialoguer, à «synthétiser» et créer des situations d’intelligences contributives, réflexives et attentionnées «pour et avec» les organisations, la société et les gens.

Cette nouvelle ère a commencé. Le design devient central dans la quête éternelle de l’homme à dégager la beauté et le bien de la nécessité et de la complexité. Notre plus gros défi sera peut-être de convertir les hauts décideurs des entreprises françaises, pour la plupart silencieux sur cet enjeu et ces opportunités.

Publication orginale dans les Echos

09/04/2013 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

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One Response to “Quel design pour les défis du futur ?”


  1. Thibaut

    1 year ago

    Encore faut-il que les modes de pensée centrés sur l’utilisateur se généralisent sur une grande partie des projets à faible diffusion et sur le BtoB… Pour le moment, les « experts » -ingénieurs, managers- en qui réalisent la définition ne le maîtrisent pas vraiment. Cela passe par une plus grande ouverture des autres disciplines au design mais aussi… Et il faut que le design le comprenne… Par une plus grande ouverture des écoles de design à la formation de managers et d’analystes compétents sur les enjeux utilisateur….

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