juillet 12, 2011

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Conférence le Futur de la Création : 22 juin 2011
L’impact des technologies numériques sur les nouvelles formes de fabrication personnelles et partagées. Cela concerne les outils d’auto-expression et leur rôle émancipateur, les productions à l’échelle individuelle et collective, leur identité plus localisée et personnalisée. Il s’agit de questionner l’apparition de nouvelles chaînes de valeur, avec des modes de distribution plus responsables et l’évolution des nouveaux modèles de propriété. Intervenants :
Neil Gershenfeld, inventeur du Fab Lab.
Shawn O’Keefe, co-fondateur de SXSW, USA.
Marleen Stikker, directeur de WAAG et co-fondateur de PICNIC.
Jean-Louis Frechin, fondateur et directeur de NoDesign.net.
Bror Salmelin, Policy Advisor à la Commission Européenne.
Odette Valentine, département de design, Brunel University, UK

Lire aussi sur les FabLabs et les ateliers de fabrication:
les nouveaux lieux de la transdisciplinarité
Ensci, Fing et FabLAbSquare à Futur en Seine
Fing FabLabSquare

juillet 11, 2011

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Baccarat « House of Crystal » by James Bort from James Bort Factory on Vimeo.

La maison Baccarat a donné carte blanche au photographe James Bort pour réaliser un projet vidéo dans les ateliers de la manufacture. Voici « House of Crystal », une plongée au cœur du savoir-faire des artisans de la cristallerie.

Baccarat gave photographer James Bort carte blanche to shoot an exclusive behind-the-scenes video in its ateliers. The result is « House of Crystal », a stunning depiction of the artistry and savoir faire behind the magic of crystal.

http://www.baccarat.com

http://www.jamesbort.com

juillet 10, 2011

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Lift, pour vous le présenter, c’est à la fois une experience festive et studieuse. Le cadre et le contexte sont somptueux. L’organisation fluide, discrète et souriante des volontaires est très agréable.  Lift, c’est aussi des événements; un diner de Gala, véritable expérience artistique surprise, a animé la soirée qui avait bien débuté par l’organisation d’un tremblement de terre à la sonorité étrange par les Fifters (Lift+Fing). Le Lift expérience est complété par ce que Marseille a de plus sympathique à offrir: soirées sur le vieux port avec les Minots.

Apres le contexte festif, voici les quelques idées que je retiens de ce cru 2011.

Les journées de Lift-Fing Marseille accélèrent les réflexions, les émergences et les enjeux à explorer pour le monde que nous voulons construire.

LiftFing : Consolidation
Un ensemble de thèmes récurrents étaient présents à Lift: open, slow,etc…  je retiendrais l’utilisation et le potentiel social des technologies qui est toujours à valoriser. l’Open (l’ouverture comme mode de pensée) peut être désormais qualifié de « mainstream ». On peut ainsi presque parler de SurOpeness ou D’Openobesité dans les réflexions du moment. Le Quoi, le pourquoi, pour qui et dans quel contexte sont les questions qui donneront corps aux changements des rapports entre les hommes, les technologies et les biens communs. D’autre part, je crois que l’on peut ouvrir ce qui est transformable et cultivable, mais peu les choses finis ou intransformables.

Les interrogations sur les usages et la nature des services inscrits dans l’époque sont encore et toujours nécessaires à explorer. Ils sont présents à Lift et nous avons encore du travail pour expliquer aux « entreprises », aux «citoyens » et aux « hommes politiques » que le siècle est nouveau. La pédagogie reste donc présente à Lift. Des économistes, marqueteurs, innovateurs de business modèle sociaux  pourraient peut être compléter le plateau.
Les nouvelles conditions et formes d’émergences des innovations sont à rappeler. Ainsi une envolée sur Twitter à révéler l’intérêt d’une partie de la salle pour le  livre Democrating innovation d’Eric Von Hippel.

Beaucoup de projets reposent désormais sur l’application du principe d’ouverture à peu près tout et à une sorte d’obligation à l’aplatissement des organisations. Nous sommes donc dans une période de déploiement, parfois idéologique, et de « modélisation » de ce principe à toujours plus de secteurs. Ce qui n’est pas toujours forcement radical.

Ce Lift a donc été un Lift de consolidation, de maturité et de premier bilan des nouvelles formes de l’innovation ou plutôt comme je le crois une réelle démocratisation de ces idées dont il est bon de rappeler les fondamentaux et les buts.

LiftFing: DifferenceCulturelle
La langue anglaise a ses charmes, auxquelles la langue française ne rend pas toujours justice.

Il existe un brouillage sémantique et systématique en France entre le mot « Design » utilisé dans la langue anglaise qui veut dire conception et design dans la langue française qui veut dire « création industriel (Dessin et dessein)». Ce Design que je pratique, se dit Gestaltung en allemand ou projetazzione en italien. En anglais, on le nomme « Industrial design »  Nous parlons d’approche, de création, de sensibilité et de proposition de solution alors que la « conception » nous parle de process et de résolution de problème….

Cela entraine parfois des confusions sur les propos des débats.
Ainsi, quand les Anglo-Saxons défient les producteurs de technologie, les entreprises et les organisations avec l’open design , ou le lowtech mouvement . Les français défis le design et les designers qui compte tenu de leur faible pouvoir d’action n’en demande pas temps.
Cette confusion brouille les objectifs et évitent de se concentrer sur les mutations : sociales, industrielles, marchandes, marketing et donc sur les nouvelles émergences crédibles de l’innovation. Ce quiproquos sémantique gomme la dimension usage, esthétique, culturelle, sensible et unique de la création industrielle appliquée aux objets contemporains.

LiftFing:Stimulation
Les présentations d’Adam Greenfield sur la ville interrogent le statut d’intérêt des objets publics ouverts. Adam propose une raison et une nature à cette ouverture. L’urbanisme numérique repose sur l’enjeu de ne pas laisser seuls propositions d’IBM ou Cisco sur la ville mesurée (Smart cities) et proposer des visons de « networked cities », de villes numériques, de villes informées/informantes et de villes relationnelles centrées sur des usages sociaux et « humains » faisant « urbanité ». La ville numérique, ce «vieux» projet de la Fing Ville 2.0 reste d’actualité au regard des questions posées par le Grand Paris et du temps long de l’urbanisme.

Robin Chase nous introduit son projet BuzzCar de partage de son véhicule, mais aussi le rôle de l’internet dans la mutation, l’optimisation, la fluidification et le partage de ses biens personnels. On peut ainsi parler de transformation de biens personnels en éléments d’infrastructure AdHoc.
Elle introduit également dans sa présentation pour qualifier les nouveaux espaces d’innovations la notion de PicNic; un espace à usage connu, à la localisation spontanée et dont l’usage et la socialité sont attractifs
Elle complète la notion que nous avions introduit l’année dernière de « place du marché », un espace connu aux situations connues et imprévisible et où tout peut arriver dans un cadre socialement adapté et culturel.
L’enjeu des métaphores de «  place du Marché « ou du « PicNic » est d’inventer les espaces « plausibles » d’innovations économiquement viables entre modèles du Bazar (limité et aculturel) et de la cathédrale (fini et d’un autre temps mais culturel). Comme le dit Nicolas Nova, dans un Tweet: Open innovation doesnt mean anarchy, leadership is needed, tutoring as tell.

PatientsLikeMe, présenté par Paul Wicks propose aux internautes de renseigner leurs symptômes, traitement en ligne… L’idée radicale, est se situer et d’échanger et d’extraire des données anonymes qui remonte des études ou données clinique. Après la ville sensible, le corps social mesuré, c’est donc le corps physique et la santé qui sont mesurés et améliorés. PatientLikeme permet un engagement face à sa maladie.

Une discussion avec  Tobbie Kerridge, qui présentait le projet Material Beliefs http://www.materialbeliefs.com/ a compléter la séance sur le corps, la santé et le numérique. Il serai, peut-êtret intéressant en France d’intégrer ces réflexions au Dossier médical partagé?

LiftFing:Les Nouveaux Artisants Jonathan Kuniholm qui est ingenieur pointe les oublis de l’industrie sur la production de prothèse pour réparer l’homme. Ce sujet pourtant abondamment traité dans les labos scientifiques français notamment est laissé en jachère par les industriels. Couteux, séries faibles, trop personnel et spécifique, toutes les raisons sont bonnes pour ne pas proposer ces produits essentiels. Jonathan pointe l’intérêt d’utiliser des objets de série, des technologies accessibles pour les transformer en produits ou services en extensions ou en remplacement du corps. Son propos factuel, précis, discret met l’objet des fablabs dans un contexte fondamental, essentiel et intéressant relevant du nouvel artisanat du XXI siècle et d’un rôle économique crédible.

Kris de Decker de Low Tech Magazine et No Tech Magazine nous rappelle que la technologie comme seul vecteur de progrès n’est pas la seule voie. L’obsolescence programmée, la nécessité de renouveler artificiellement les produits, le potentiel prétendument infini des technos et les nécessités de gain de productivité (marge arrière pour des produits à coûts constants) obligent à ces changements techniques permanents pour des raisons parfois éloignées de l’essentiel et des hommes. De vieilles solutions ou technologies peuvent ainsi créer des opportunités intéressantes.

Un FabLab gagnerait par exemple également à acheter un tour ou une fraiseuse mécanique au poids du métal en complément d’une ReRap qui ne fonctionne pas toujours ;=). Ces machines offrent une valeur d’usage identique depuis leur création, ce qui n’est pas le cas de l’ordinateur. Le tour n’émancipe pas les gens facilement (difficile à apprendre) mais valorise les savoirs personnels et les valeurs d’apprentissages. Le résultat est un « langage » qui permet les conceptions et des créations fines. Kris appelle à l’efficience et à l’élégance des solutions adaptées à un contexte. Vers le MixTechnology: nouvelles machines+vieilles machines+nouveaux savoirs faire+vieux savoir faire et nouveaux objets ?

LiftFing:SoryTelling vs Design
L’injonction à innover, à ouvrir, à être créatif, à être émancipé, à programmer, a faire du DIY est saisissante. Ce storytelling militant est parfois caricatural. On tape sur les gros « I’m getting sick of these top-down designed smart homes ». Mais on est financé par eux…
On dit que les grosses compagnies ne font pas du bon boulot, cela est peut-être véridique pour certaines, mais d’autres proposent des produits « adéquates », « utiles »et « désirables ». Au dela du truc de conférencier, la plupart de ces fictions produisent des caricatures aussi fortes que celle qu’elles prétendent dénoncer. On souhaite absolument croire que les vraies gens puissent faire eux-mêmes ce dont ils ont besoin et le donner gratuitement, tout en étant payer pour cela. Peut-être tout cela est-il plus subtile ? Il y a dans ce type de démarche (HomeSense, TeamBuilding) la distance entre « Sense and Sensibility* », entre la raison et la sensibilité ou entre la mesure et l’esthétique, entre l’histoire et la réalité, entre les parties et le tout. Un objet humain doit exprimer une sensibilité, et une inscription culturelle partageable dans un langage commun. Cette fiction n’est pas notre Design. Il me semble que des approches plus réelles, contextuelles, économiques, culturelles et inscrites dans la légitimité des choses et des gens soient beaucoup plus intéressantes. Un designer n’est ni un docteur, ni un psychologue, et encore moins un publicitaire.
La fiction du Storytelling va-elle tuer la réalité de nos convictions et du Design ?

*(Hommage à Jane Austen ;=))

LiftFing:Best of Show
Le formidable Workshop sur la monnaie organisée par l’expédition Monnaie complémentaire de la Fing et animée par Jean Michel Cornu reste la plongée et l’échange riche et stimulant de ce Lift 2011.

LiftFing:expériences, fraicheur et Made in Gaulle.
L’architecte énergique Alain Renk avec UFO,  le graphiste/chercheur Geoffrey Dorne et La ruche qui dit oui sont des exemples de propositions imaginées en France. Les projets de Lift Expérience sont vraiment intéressants: les démos d’asso-bug:le Jardin des savoirs dont je suis Fan, Tomette 2013, Le poisson-Pilote, HackableDevice, le voyage dans Rennes, et les projets d’objets issus d’Atelier de l’Ensci, etc…..

LiftFing:rencontres
Norbert, Philippe M, Philippe G, Ana, Adam, Robin, Norbert, Licia, Xavier, Hubert, Jean Michel, Denis, Pierre, Jacques-François, Xavier, Thierry, Amandine, Veronique, Jean-Marie, Tobie, Axelle, Phil, Florence, Matt, Jean-Michel, Nicolas, Laurent, Daniel et Bernard Moise, Designer sensible

LiftFing Marseille est un grand moment, dont je ne comprends pas toujours pourquoi il n’y a pas plus d’entreprises petite ou grande, d’acteurs territoriaux ou plutôt je ne le comprends que trop bien. Je crois que le défi, notre défi est d’ouvrir cet événement à plus de monde… Je les invite à venir rencontrer, échanger et voir les questions, les pistes qui éclairent ce que nous aurons à faire demain. Chef d’entreprise, Marketeur, Chef de projet, resp de Bureau d’étude, venez travailler avec nous…

Lift by Fing est un creuset incontournable de perception des évolutions et des mutations de la société française dans un monde ou nous sommes plutôt isolés… C’est un risque, échangeons et faisons-en un atout… A vous voir à Lift 2012

juin 14, 2011

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Nous vous invitons à découvrir les derniers projets de Nodesign et à rencontrer ses créateurs pendant Futur en Seine 2011 le Festival de la vie et de la création numérique.

Exposition « objet(s) » du numérique design d’un nouveau monde industriel

Au lieu du Design – 74, rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris
du 18mai au 23 juillet 2011.
Accès libre du lundi au vendredi de 13h à 18h et le samedi de 11h à 18h.

Mêlant recherches, créations, intelligence, approches sensibles et pistes nouvelles & alternatives, cette exposition est l’occasion de mieux saisir les nouveaux rôles possibles du design au moment où la transformation des technologies constitue une opportunité pour inventer un Nouveau monde humain, sociale, économique, énergétique et écologique.
Commissaire d’exposition Jean-Louis Frechin, Nodesign

Lancement de l’application Harmonav pour iPhone

Disponible dès le 17 juin sur AppleStore en téléchargement gratuit.

Trouvez le stand d’Harmonav à Futur en Seine au « 104″, 104 rue d’Aubervilliers, 75019 Paris du 23 juin au 26 juin

«Aujoud’hui, la ville est une place pour interagir»
Ce qu’on appelle « la ville » est en train de disparaître, au profit de lieux hétérogènes, parcourus de flux et de phénomènes autant que de dispositifs et de bâtits. Les nouvelles formes de mobilité hybride sont au cœur de ces nouveaux enjeux urbains.
Harmonav est un service de gestion de transport multimodal édité par la Société Senda.
Harnonav sera lancé en Ile-de-France, avec le soutien du Conseil Régional et de CapDigital sous la forme d’un prototype dans le cadre de Futur en Seine 2011.
Il est né d’un consortium de sociétés et de collectivités locales, qui partagent une vision sur l’avenir de la mobilité durable:
Communauté d’Agglomération Clichy-Montfermeil, Pays de Roissy-CDG, MediaMobile, Senda et NoDesign

Urban Musical Game

Urban Musical Game aura lieu sur la Place Stravinsky à Paris entre le 17 et le 26 juin tous les jours entre 15h et 20h. Il a été crée en collaboration avec les chercheurs en interactions musicales temps-réel de l’IRCAM, l’agence de design Nodesign, l’association Phonotonic et le compositeur Andrea Cera.
L’installation consiste en des ballons augmentés avec des capteurs sans fil et une technologie qui génère des sons et des pistes musicales. Urban Musical Game est une rencontre entre les sports et la musique, et en même temps celle des chercheurs de l’IRCAM avec le grand publique.
Venez jouer au ballon et de la musique avec nous!

La vidéo des premiers essais

Conférence et workshops sur le Futur de la Création

22 juin dès 9h30 – 13h : Conférence le Futur de la Création (en séance plénière)

Centre 104, 104 rue d’Aubervilliers, 75019 Paris

L’impact des technologies numériques sur les nouvelles formes de fabrication personnelles et partagées. Cela concerne les outils d’auto-expression et leur rôle émancipateur, les productions à l’échelle individuelle et collective, leur identité plus localisée et personnalisée. Il s’agit de questionner l’apparition de nouvelles chaînes de valeur, avec des modes de distribution plus responsables et l’évolution des nouveaux modèles de propriété.

Intervenants :

Neil Gershenfeld, inventeur du Fab Lab
Marleen Stikker, directeur de WAAG et co-fondateur de PICNIC.
Jean-Louis Fréchin, fondateur et directeur de NoDesign.net
Bror Salmelin, Policy Advisor à la Commission Européenne
Shawn O’Keefe, co-fondateur de SXSW, USA


Venez decouvrir nos création et nous rencontrer. L’equipe de Nodesign sera presente pendant Futur en Seine :

Jean-Louis Frechin, Uros Petrevski, Angelo Chiacchio, Laurent Francois, Alexandre Hoyos, Paul Morin

OFF :

Nodesign sera présent sur l’exposition Hellodemain organisé par Orange à Cité des sciences La Villette avec le projet Wanomirror, le miroir interactif connecté au Twitter. Vous pouvez envoyer vos tweets sur le miroir en utilisant #wanomirror.

Du 23-26juin Cité des Sciences La Villette, entrée gratuite

Nodesign sera également présent lors de la Nuit des Instituts à Bucarest pour la présentation d’une installation originale de signalétique numérique dynamique pour l’Institut Français de Bucarest.

Nuit du 24 au 25 juin à Bucarest, Institut Français de Bucarest,
77 Bulevard Dacia Bucarest, Roumanie

juin 6, 2011

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Et si la rencontre des « Salons » et des « Ateliers » préfiguraient les nouveaux espaces d’aménagement transdiciplinaire du Futur ? Ne serait-ce pas cela le véritable rôle des FabLabs ?

La fondation de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI) en 1982 est une tentative de modification de l’approche française centrée sur la pensée abstraite et rationnelle où « l’objet rarement nommé, jamais touché semble être défini comme l’ultime aboutissement d’une démarche linéaire nécessaire, procède de la seule rationalité déductive qui va de la loi scientifique à ses applications ». (1)

Au-delà du simple rapport entre Art et Industrie, cette école qui se nomme « ENSCI-Les Ateliers » a été imaginée pour répondre à ces enjeux : créer une culture de l’objet industriel et en penser les processus fonctionnels, esthétiques et sociaux.

Cette école, qui fêtera bientôt ses trente ans, est donc un espace de pratique, mais aussi un espace de pensée, de conversation et de démonstration. Elle renoue avec une tradition française, celle de l’atelier, du salon et du cabinet d’objets.  Cet aménagement particulier lui a donné son nom : « Les Ateliers »

L’ENSCI-Les Ateliers répond à un double objectif: d’une part, valoriser la culture générale, scientifique et technique pour proposer des « objets industriels » esthétiques, singuliers, adéquats, désirables et durables ; et d’autre part, modifier les modèles culturels de création et de production de ces objets par une formation et une éducation nouvelle orientées vers les enjeux de société.

Les créateurs industriels que nous formons possèdent des profils de capteurs, de médiateurs, et de révélateurs d’un monde en constante mutation.

L’ingénieur Jean Prouvé, parrain de l’école, à la fois entrepreneur, constructeur, théoricien, praticien et parrain de l’école, a inspiré ces multiples approches.

L’ENSCI, dans son organisation, ses missions, son histoire et ses projets est un atelier de pensée et de pratique qui s’inscrit, participe et contribue à l’histoire du design et à la dynamique des FabLabs, dont elle possède une solide expérience.

L’« atelier » comme nouveau « salon »
Un lieu où naissent et se développent les projets

A l’ENSCI, les ateliers sont des lieux de fabrication et de prototypage, mais également des espaces de conception, de création et d’échanges.

La fabrication, désormais assistée par le numérique, a fait apparaître de nouveaux processus de production intégrant des outils logiciels, des imprimantes 3D et autres machines de prototypage rapide qui ont transformé les pratiques du prototype, du travail à façon et de l’industrie.
Les nouveaux outils assistés par le numérique élargissent et changent l’équipement, mais aussi les objectifs des ateliers tels que nous les connaissions au XIXème et XXème siècles.

La diffusion et les progrès de ces technologies permettent désormais une utilisation démocratique de ces outils par des acteurs connus (designers, architectes, ingénieurs, artisans), par de nouvelles entreprises, mais aussi par de nouveaux acteurs issus de la société actuelle (amateurs, hackers, bricoleurs, et développeurs informatiques). Dans la boucle, les destinataires de ces objets peuvent également contribuer aux propositions qui leur sont faites.

Cet être ensemble, en réseau, forme les acteurs de ce que Bernard Stiegler nomme le « Nouveau monde industriel ». (2)

Le numérique, moteur d’un changement d’âge économique, philosophique et social bouleverse l’objet, le sujet et la nature de ce qu’il est possible de produire dans « Les ateliers ». Le matériau numérique investit désormais les ateliers du XXI siècle.
C’est pour cette raison que les nouvelles matières, les nouveaux processus et procédés, mais aussi l’électronique, l’informatique, la chimie et la biologie font partie intégrante de ces ateliers, autant comme moyens que comme objectifs de projets.

L’objectif de ces nouveaux ateliers et des démarches de création industrielle, consiste à s’éloigner de la production d’objets connus pour s’atteler à inventer des nouvelles situations et les nouveaux objets/services du XXIe siècle : les NéoObjets (objet programmable,  objet imprimable / téléchargeable, spime (3), objet à terminer, objet transformable, objet durable, etc.).

« Les Ateliers » constitue un lieu de projet et de prototype, en cela il est aussi un lieu des pensées émergentes sociales, esthétiques, scientifiques et techniques qui incarnent des situations nouvelles dans des objets, systèmes, services, logiciels et médias.

Il tire sa richesse de la diversité des êtres qui le fréquentent et le pratiquent, plutôt que des machines qui l’équipent.

C’est donc une fabrique de pensée où l’on conçoit, crée, dialogue avec des expertises pluridisciplinaires, mais également un lieu dans lequel on représente, forme et propose. Il ne sépare pas le pourquoi du comment, la conception de l’exécution. L’atelier s’éloigne de la fiction et de la communication spéculative, en cela il est dans le réel.

« Les Ateliers », à l’ENSCI, est bien un lieu d’échanges, de création, d’expérimentation, de reconstruction, de modélisation tant théorique que pratique. L’endroit où naissent les « propositions » et les « choses ».

Le « salon » comme nouvel « atelier »
Un lieu où naissent les idées


« Les Ateliers » du XXIème siècle est une proposition de réponse aux défis qui s’annoncent. C’est un véritable changement d’âge : ère numérique, économie de la connaissance et crises successives (politiques, économiques, sociales, morales, éducatives). En cela, ils s’inscrivent dans la figure de la renaissance et des salons des lumières. Il propose pour une nouvelle forme de production d’intelligence nécessaire à l’équilibre de notre culture.

Ce « salon-atelier » est un espace physique collectif de rencontres, d’échanges, de propositions et de convergences avec la recherche, la science, le design, l’art, l’ingénierie, les sciences de gestion, les sciences humaines et sociales… Il élargit et redéfinit l’univers du laboratoire en l’ouvrant à d’autres modèles et à l’innovation. Il est organisé autour du progrès social, des nouveaux modes de production et des économies locales. Il s’agit d’un mode d’organisation ouvert, agile (4), ascendant, modifiant l’organisation hiérarchique d’hier et libérant la créativité de tout un chacun. Ce modèle accélère les processus de propositions, fait émerger les talents et les énergies.

C’est un lieu de pensée et d’action qui interpelle les conditions de production des connaissances (universités, laboratoires, écoles, entreprises, collectivités territoriales) comme les rapports sociaux.

« Les Ateliers » met la pratique et la démarche expérimentale, utilisées par le design, au cœur de l’apprentissage et de la production de connaissance et d’innovations.

« Les Ateliers » propose un nouvel espace de projet pour le XXIème siècle qui conjugue connaissance, savoir, processus, savoir-faire dans un mode pratique. Le prototype et le démonstrateur sont ses moyens d’expression.

Ses acteurs possèdent des profils variés permettant des approches pluridisciplinaires et relevant de la culture de la sérendipidité et des découvertes (amateur, bricoleur, ou apprenant).

Ce lieu, où l’on pense et où l’on fait, rééquilibre les caractéristiques abstraites de notre culture, de notre système éducatif et de notre société. Le « salon ateliers » réunit les antagonismes ou les dialectiques de l’art et de l’industrie, de la science et du progrès, de la technique et de l’anthropologie, de la conception et de la fabrication qui, dans un monde complexe, ne devraient plus être opposés, mais cohabiter dans un même espace d’invention collective.

Le design est au centre de cette pensée active et expérimentale. Il introduit les pratiques, inductive et intégrative, des savoirs faire techniques et artistiques et des concepts théoriques et scientifiques.
La forme des dispositifs et des productions est un enjeu majeur et central pour proposer des représentations, formes, symboles, usages, adoptions et désirs, intelligence et esthétique.

« Les Ateliers », par son modèle, permet d’élargir la culture de l’analyse et de la synthèse cartésienne à l’approche d’analyse sensible et de synthèse créative du design.
Savoir penser – savoir-faire – savoir faire faire – savoir-faire ensemble – et  faire pour comprendre  sont les points clés de la démarche du design que nous pouvons apporter à ces nouveaux salons ateliers. Ils sont une opportunité pour « enfin » intégrer le potentiel du design dans « la culture française ».

Un « cabinet d’objets », ouvert et participatif
Un lieu où se fabrique la transdisciplinarité

« Les Ateliers » s’expose et expose. C’est l’espace collectif de l’imaginaire et des possibles, dans lequel on peut voir les processus en train de se faire, un lieu où l’on apprend et on échange, un lieu ou l’on écoute et on contribue. Et on sait que mettre en lumière les choses en train de se faire favorise les vocations, les transformations, les échanges et les propositions.

Les dimensions intégrative, politique, éducative, innovante, économique, sociale, technologique et scientifique de l’atelier en sont l’enjeu principal.
Rêver, proposer, faire, transformer, avancer, représenter et partager sont les objectifs majeurs de nos projets.

Dans notre monde abstrait où il est difficile de construire des offres adéquates et de désencombrer notre hyperconnaissance, il faut « faire place ».

« Les Ateliers » du XXIème siècle est un espace de propositions transdisciplinaires s’appuyant sur les fondamentaux de notre humanité.

Jean-Louis Frechin.


(1) Jean-Louis Monzat de Saint-Julien, premier directeur de l’ENSCI – Les Ateliers
(2) « Les entretiens du nouveau monde industriel » est une manifestation annuelle co-organisée par le Centre Pompidou / I.R.I., le pôle de compétitivité Cap Digital et l’ENSCI. Sa prochaine édition (19, 20 et 21 décembre 2011 à Beaubourg) aura pour thème « Les technologies de la confiance ».
(3) Selon Bruce Sterling, un « spime » est un objet qui est issu d’un ordinateur, est repérable dans l’espace et possède une mémoire de son histoire
(4) Méthode de conduite de projet, initiée au début des années 90 aux Etats-Unis, qui valorise des méthodes rapides de développement informatique et met en avant l’être humain et les usages.

DSCF4470 Salons, Ateliers, Cabinets de Curiosité... et FabLabs
DSCF4473 Salons, Ateliers, Cabinets de Curiosité... et FabLabs
Scanner 3D: Thomas Lebecel Ensci-Les Ateliers

mai 21, 2011

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conférence
Venez rencontrer les acteurs majeurs de l’internet des objets grands public français

24 mai 2011

Avec : Bruno Aidan (BELL LABS), Eric Careel (WHITHINGS), Rafi Haladjan (SEN.SE) et Henri Seydoux (PARROT)
Modérateur : Jean-Louis Frechin
LIEU Le Lieu du Design – 74, rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris
Mardi 24 mai à 18h30 – reservation@lelieududesign.com
5725392655 d49f0f510d b Internet des objets et Design

mai 8, 2011

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La semaine où l’ex Sagem Mobile dépose son bilan, le Jury national d’attribution des Instituts de recherche et technologies rétoque l’IRT Vie Numerique portée par Cap Digital. Les IRT doivent être des équivalents français du MIT sur des sujets de pointe.
Comment peut-on refuser la vie, les usages, les services, les objets, le désirs, le nouveau cinéma, la création avec les technologies ?

Notre dossier correspond exactement aux besoins de l’économie numérique, des nouveaux rapports à inventer entre recherche et innovation mais surtout répond à la difficulté française de produire des produits et services technologiques grands publics, innovants et désirables.
En effet, que portent ou qu’utilisent vos enfants qui est produit chez nous ? rien.

Je me souviens de directeurs de recherche « rigolant » devant l’iPod, j’aime voir nos ministres twitter avec leur Iphone, J’aime raconter que les Français d’Apple en Californie ont des talents incroyables.

Comment une politique industrielle peut-elle se séparer de 25 % des créations d’emploi et de la croissance, et des jeunes entreprises qui seront les grands de demain.

Faire la Silicon Valley en France, ce n’est pas seulement servir les universités et les entreprise du Cac 40, c’est aussi intégrer les « transformateurs » c’est-à-dire comprendre ce qu’est le « Nouveau Monde industriel »

Ce n’est pas non plus reproduire les schémas du XX siècle et construire des projets autour des champions du Minitel, du D2 Mac Paquet, de l’A380 ou du Missile Durandal….
Le MédiaLab incarne la force du MIT, il a été ici refusé. Quels seront donc les IRT intégrant le design ?

Souhaitons-nous être un lecteur, un commentateur ou un acteur du XXI° siècle ?

Point de rancœur, nous connaissons et aimons la douce France. Peut-être l’IRT, produit d’une analyse cartésienne et jacobine que nous connaissons bien n’est pas le modèle adapté à notre projet ?

L’énergie déployée pour ce projet n’est pas celle de ces acteurs, mais celle de l’appel du XXI siècle. On continue, donc.

Je vous invite le 17 mai au Lieu du Design pour échanger, parler et voir une toute petite partie de ce Nouveau Monde Industriel et de la Vie Numerique

5680377072 bed559a118 b Ou sera la fabrication de la vie numérique ?