Posted on mars 18th, 2013 by Jean-Louis

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Les débats sur le made in France relèvent autant d’une réflexion sur l’industrie que sur ce que nous sommes, nos objets et nos pratiques. En France ont été inventés la photographie, le cinéma, l’automobile, l’aviation, etc. Mais notre pays a perdu beaucoup des entreprises qui produisaient nos objets « du quotidien ».

Roland Barthes pourrait-il écrire à nouveau « Mythologie », le livre où il décryptait la symbolique d’objets comme la Citroën DS ?
Nous avons la recherche, nous avons la technologie, nous avons la culture des projets, mais où sont les « objets de désirs » ?
Notre pays a une culture abstraite qui tend à valoriser les savoirs et l’analyse plutôt que les compétences, l’intuition, la passion, l’action, l’imprévu. La création y relève de la culture, rarement de l’industrie.

Le changement d’âge que nous vivons ouvre des perspectives sur ce que nous pourrions « faire », et sur les manières dont nous pourrions « faire » ces choses. C’est donc moins un redressement qu’il s’agit de mettre en place que de nouvelles projections innovantes.
L’esprit du numérique bouleverse les schémas classiques et ouvre de nouvelles relations entre vision, conception, production et public. Il existe en France des modèles qui illustrent ces mutations, à l’exemple de la société Biscuits Poult, où l’homme est utilisé non plus comme force de travail, mais comme une intelligence productive et créative. Sculpteo, une entreprise de fabrication à la demande, regroupe une usine à Tarbes, un service de modélisation 3D dans le « cloud » et une application iPhone qui forment une nouvelle chaîne de conception, fabrication, distribution avec les utilisateurs. Tribord, la marque de sports nautiques de Decathlon, réinvente la conception intégrée de produits avec son centre de design hébergé dans un magasin test à Hendaye, au bord de l’eau. Cet esprit se retrouve aussi chez les nouveaux « patrons » de start-up, souvent visionnaires et créatifs.
Assumons notre histoire, soyons créatifs, faisons des produits qui nous ressemblent : nos défis pour y arriver seront nos capacités à changer et à laisser l’envie et la passion conduire ces changements…

Publication orginale dans les Echos
11/12/2012 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

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