La Dame du design

L’Observeur du design 2018 aura lieu le 5 décembre au Centre Georges-Pompidou. C’est le seul prix international de design français. Il a été créé en 1999 par l’Association pour la promotion de la création industrielle. Ses objectifs sont de valoriser les démarches exemplaires de design des entreprises de tous secteurs, de démontrer que le design n’ajoute pas tant de la valeur, mais qu’il la crée. Il est également de sensibiliser le public au design. Et, enfin, d’assurer la promotion de l’industrie française à l’étranger. L’Observeur est un moment important qui montre, par le prisme du design, la richesse autant que les faiblesses des propositions des entreprises et des institutions. En creux, l’exposition nous dévoile, loin de toutes communications factices, l’état d’esprit des entreprises, leurs rêves, leurs visions, mais également le niveau des designers français et des écoles de design. Cependant, cette fête sera triste, quoi qu’il arrive ! En effet, sa créatrice, animatrice et premier soutien, Anne-Marie Boutin, vient de nous quitter. Cette grande dame, à la force de la conviction redoutable, a porté jusqu’à la déraison ce sacerdoce pour notre pays. Les designers lui doivent beaucoup. Il est impératif que l’APCI et l’Observeur du design lui survivent, se renforcent, et en cela continuent son oeuvre. Pour cela, il faudra remplir un certain nombre de conditions. Servir l’intérêt général du design au bénéfice de l’activité économique, de la culture, mais aussi de la recherche. Impliquer les entreprises et les institutions culturelles. Etre national, et pourquoi pas européen. Elargir le périmètre de sélection de l’Observeur, pour regrouper toutes les forces créatives. Enfin, proposer un jury à la hauteur des efforts et des innovations proposés. Il faut donc, pour remplir ces missions, que l’APCI devienne une institution autonome et pérenne. Pour cela, elle devra avoir le soutien inconditionnel et durable des ministres de l’Industrie et de la Culture, afin d’éviter de renouveler vingt années d’errements au détriment du « soft power » français. Enfin, elle devra garder un esprit d’ouverture pour les émergences, comme Anne-Marie a toujours su le faire. L’Observeur est un musée vivant des objets de l’époque, qui dit beaucoup de nos ambitions. C’est un objet de culture et d’économie qu’il nous faut protéger pour le futur que nous souhaitons bâtir. Nous lui devons cela.

Publication originale dans les Echos

28/11/2017 | Jean-Louis Frechin | Économie & société | Innovation | Tribune |

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