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J'ai pu constaté, lors de divers événements récents sur les interfaces ou le Web 2.0, qu'un ensemble d'acteurs tendent actuellement ˆ réinventer le concept historique et pourtant assez ancien de design industriel (1930). Je trouve ce paradoxe assez étrange. Soit, en effet, ces gens sont ne sont pas informés de l'existence de cette discipline créative, humaniste et spécialiste des "petits quelques choses en plus qui font la différence " (apple, google, phillips, audi, alessi, sony, etc...), Soit nous sommes nous, designer, tellement nuls que personne ne connait notre activité. Soit, au final, l'étanchéité est totale entre les réflexions du vieux monde industriel et les questions de la jeune industrie numérique. Si, comme le très bonne article de F. Cavazza le dit, l'ergonomie ne couvre pas effectivement le champ complet de ce qui fait un produit contemporain. La complexité ˆ définir l'usabilité pourrait peut-être se résoudre en interrogeant les questions qui se posent ˆ tous concepteurs de "produit" ou "de service". _ Comment être choisi ? , comment provoque t'on le désir ?, pourquoi aime t'on un produit plut™t qu'un autre, quelle est la place de la confiance ˆ la marque dans son interet pour un produit ?. Comment demander aux utilisateurs, objets actuels de toutes les attentions, ce qu'ils souhaitent sans reproduire ce qui existe déjˆ (qui peut souhaiter a priori flckr, netvibes), la part des autres dans mon choix (le buzz), produit unique reconnaissable ou produit customisable dilué, etc... _ bref comment transformer une innovation en produit désirable et utilisable par un public. Cette question de l'usabilité est aujourd'hui au centre de toutes les réflexions; c'est une très bonne nouvelle, car qui peut imaginer, aujourd'hui, un produit qui ne soit pas utilisable ? Existe-il des voitures pas ou peut utilisable?. Le web aura mis un peu plus de dix ans a se poser ces questions et a s'approprier la culture du "produit". Cela correspond certainement ˆ une importante phase de maturité.



La question posée par l'usabilité, me semble t-il, est en premier lieu celle de la conception de produits, et de la pertinence: pourquoi fait-on les choses, pour qui, et comment ?.

Ces questions sont assez balisées et commentées dans le monde de la conception de produit et du design. Peut être alors ne faut-il pas tout réinventer, mais importer ce qui marche et ne pas reproduire les erreurs de ce qui marche mal ou pas du tout. La flexibilité du Web permet le risque et la correction permanente, profitons en et ne tentons pas de nous rassurer avec des recettes toutes faites qui pourrait servir des approches "utilitaires" et "reductrice" des conceptions qui comme le dit F.Cavazza reste a inventer. Notre défi de ce coté-ci de l'Atlantique est d'imaginer des nouveaux services sensés, intelligents, culturellement inscrit dans ce que nous sommes. On observe depuis quelques mois, des exemples de nouveaux sites très "glamour" en terme d'innovation, de service et de désir. Agora vos, netvibes, peuplade, etc....