Posted on octobre 16th, 2012 by Jean-Louis

5 Comments

Faire, ReFaire: un enjeu pour l’entreprise

En plein débat sur l’industrie et l’innovation, quelles sont les nouvelles perspectives sur ce que nous pourrons « Faire » et sur les manières dont nous pourrions « Faire » ces choses.

Le changement d’âge que nous vivons: ère numérique, hypercrises successive nous interrogent sur le devenir de l’aventure collective innovante portée par la science qu’étaient les entreprises de la seconde révolution industrielle.

Notre pays a perdu beaucoup d’usines et d’entreprises qui imaginaient nos objets quotidiens. Pour celle qui reste, il n’est pas toujours aisé de comprendre «où naissent les produits ou les services». Montre-moi ton organisation et tes processus internes, je te dirais ce que tu produits, comment tu le produits et quel est ton imaginaire, pourrait-on dire.  Notre force en France est basée sur une capacité d’abstraction et d’analyse, qui a permis Airbus et le TGV et qui tend à distinguer la conception de son exécution. Hélas, le Minitel dernier objet technologique « grand public » français est orphelin et nos Startups ont du mal à grandir.

La crise profonde que nous traversons est donc celle de déficit de propositions attractives, mais également celle de «l’objet social» des «organisations» souvent centrées sur elle-même, et sur leurs actionnaires, paralysées par la peur de l’échec et les ses difficultés à comprendre les mutations induites par la révolution numérique.

C’est donc l’organisation tout entière dans sa dynamique collective, les relations à son milieu et aux hommes qui doivent évoluer.  Alors, comment «l’entreprise» peut-être ou redevenir une organisation «apprenante» force de propositions centrée sur le progrès partagé ?.

Afin de répondre à ces défis, un rééquilibre de notre culture, de notre éducation, mais surtout de nos pratiques sont certainement nécessaires.

L’esprit du numérique: réseaux «acentrés», force de la multitude en réseau, ouverture peuvent-ils libérer les énergies dans les organisations et redonner un sens partagé au projet. Peuvent-ils être émancipateurs des blocages pour aller vers la création, l’invention, et l’agilité collective ?

Nous proposons comme hypothèse de mettre en place en entreprise les démarches pratiques issues de l’esprit des Fablabs pour créer des espaces où naissent les produits et la valeur de l’organisation.  Ces ateliers transcendent entre, à travers et au-delà  les compétences, expertises et savoirs faire, mais aussi les disciplines, les filières et les sujets. La finalité de ces nouvelles situations est inscrite dans des objectifs. Cette organisation transdisciplinaire innovante et apprenante tire sa richesse de la diversité des êtres qui la fréquentent et le pratique, plutôt que des processus qui la guident. Ces ateliers font collaborer des acteurs variés, des talents et la création, par essence individuelle. Il en résulte une «transcréation», résultat et objectif de la transdisciplarité

Cet esprit du « Faire », transdisciplinaire est applicable à la mise en mouvement et à l’ouverture des organisations et des entreprises, mais surtout leur permettra de gérer les défis de la création industrielle et de la transformation du monde.   Ces Ateliers  sont les endroits où naissent l’«imprévu » créateur de « propositions »  nouvelles . En cela ils sont les lieux des pensées émergentes, technologiques et économiques qui incarnent les propositions nouvelles et l’imaginaire de l’entreprise.

Ils permettent ainsi de :

  • Construire des espaces innovants relevants du bien commun et du « faire ensemble » dans l’entreprise.
  • Valoriser de façon harmonieuse les intelligences pratiques et théoriques.
  • Révéler et libérer les énergies disponibles,.
  • Former et se former, défaire, refaire, faire
  • Expérimenter, se tromper, réussir
  • Valoriser le prototype comme outil de conception et de partage
  • Construire le Sentiment de fierté et d’appartenance à l’organisation
  • Ouvrir l’entreprise de l’intérieur et vers l’extérieur

Cet esprit de création, de mouvement et d’ouverture souvent visionnaire, métissant le collectif, mais aussi l’individuel, revendiquant un nouveau rôle social sera, nous le pensons la marque de fabrique des entreprises performantes du XXI ème.

Jean-Louis Frechin Designer Nodesign.net -

Partenaire du Programme ReFaire de la Fing –

Directeur Innovation et Prospective – École Nationale Supérieure de Création Industrielle

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5 Responses to “Faire, ReFaire: un enjeu pour l’entreprise”


  1. Mickaël

    1 year ago

    Bonjour Jean-Louis et merci pour cet article,

    A sa lecture je me pose bcp de question sur la conciliation des cultures d’exploration et d’exploitation et sur la capacité des entreprises « normal » à entrer dans ce mouvement. On voit beaucoup des avantages et on est séduit par cette idée d’espace de confrontation à la matière et de médiation entre les métiers de l’entreprise pour concevoir et « faire » ensemble. Mais, si l’une des idées porteuses est de laisser « de la place » pour l’émergence de l’innovation, et pour des organisations apprenantes, est-ce que le lieu même de l’entreprise, un espace aujourd’hui historiquement fermé et de plus en plus tendu vers l’opérationnel et le court terme, est le meilleur endroit ? Peut-on, ou à quelles conditions, peut-on opérer ce glissement en laissant de coté tous les freins qui empêchent de (re-)trouver cette liberté d’être et de faire ? N’y-a-t-il pas toute une écologie du monde de l’entreprise à réinventer, au même titre que les statuts juridiques des entreprises, pour comme tu le dis si bien faire évoluer « l’organisation tout entière dans sa dynamique collective, les relations à son milieu et aux hommes » ?


  2. Jean-Louis

    1 year ago

    Bonjour Mikael,
    En effet, c’est bien du redesign de l’entreprise qu’il s’agit. Cela passera par la modification de son objet social. Une Entreprise à objet social étendu comme la décrit Armand Hatchuel, ou entreprise a bénéfice humain…
    Beaucoup de boulot ;)


  3. Lomig Unger

    1 year ago

    Bonjour,
    je partage entièrement le point de vue exprimé dans cet article, bien mieux que je n’aurais su le faire. Nous avons lors de notre table ronde Atelier à la FING tous les deux évoqués le bouquin d’Hatchuel, dont la problématique est au coeur du sujet « Fablab dans l’entreprise ». C’est pour toutes ces raisons d’ailleurs, que nous sommes en train (avec Mickael) de mettre en place un FabLab interne (à notre échelle et avec nos moyens). L’aventure sera (est!) passionnante ; elle necessitera de l’énergie et des apports variés, pas forcément identifiés de manière formelle. Créer le lieu est la première étape, un lieu qui revendique – au sein de l’entreprise – l’esprit de jeu, de « transcréation » comme le dit l’article. Partage, mélange, mais aussi exigeance, esprit critique, liberté. J’utilise à dessein le mot de « jeu », car au-delà de l’aspect ludique, ce type de tiers-lieu interne doit permettre de mettre du jeu (au sens des mécaniciens) dans l’organisation. Un endroit où l’on peut rebattre les cartes, poser des questions, prendre le temps.
    à bientôt !

2 Trackbacks For This Post

  1. Un individu dans l’innovation | BLOmiG Says:

    [...] libres sont une vraie piste pour cela (sortir les gens de leurs missions au sein de la firme), et les « tiers-lieu » permettent de formaliser cette transversalité, et de favoriser un mélange réussi entre les [...]

  2. Le design et la transcréation | Les Entretiens du Nouveau Monde Industriel 2012 Says:

    [...] http://www.nodesign.net/blog/faire-refaire-un-enjeu-pour-l%E2%80%99entreprise/ ArtLabo : Considérant que les savoirs sont un bien commun qu’il conviendrait de partager à [...]

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