Posted on mars 15th, 2013 by Jean-Louis

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Les « fablabs », ateliers de fabrication numérique où l’on peut produire à peu près n’importe quoi, provoquent à la fois de l’enthousiasme et des croyances. Ces nouvelles formes de bricolage, de prototypage et de fabrication trouvent leurs origines dans l’évolution des procédés et dans la démocratisation des technologies logicielles, des nouvelles machines (imprimantes 3D, découpeuses laser…) et des cartes électroniques qui leur sont connectées. Elles bouleversent les cultures industrielles classiques. Cependant, les attentes ouvertes par ces lieux pourraient amener des déceptions. Ces ateliers combinent en effet plusieurs enjeux différents, complémentaires, qu’il faut apprendre à distinguer pour les comprendre :

- des espaces sociaux de partage, permettant de faire ensemble, pour soi ;

- des espaces de formation par la pratique, qui permettent de « faire faire pour faire comprendre » ;

- enfin, des ateliers de production utilisant le prototypage comme outil de conception inscrit dans l’économie des « nouveaux objets ».
En plein débat sur la culture industrielle, on mesure l’intérêt des paysages de possible qu’ouvrent ces ateliers. Ils rééquilibrent notre éducation abstraite fondée sur le savoir, transcendent les compétences, les disciplines et les sujets. Ils valorisent la diversité des êtres qui les fréquentent. Surtout, ils doivent être centrés sur des usages et des propositions adéquates. C’est peut-être la vraie valeur de ces ateliers : une approche qui nous apprend à regarder la réalité des choses et à proposer des expériences et des produits nouveaux, mais également à changer les organisations de l’intérieur.

Cet esprit de création et de fabrication, métissant le collectif et l’individuel, proposant de nouvelles organisations sociales, créatives et productives, sera la marque de fabrique des entreprises du XXI e siècle pour gérer les défis de la complexité et de la transformation du monde.

Nous ne retrouverons pas nos usines d’antan, en revanche, nous pouvons inventer un « nouveau monde » industriel.

Publication orginale dans les Echos
22/01/2012 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

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