avril 17, 2013

Comment

Les modèles du XXè siècle semblent arrivés à une limite. A l’aube du véritable changement d’âge que nous vivons, il paraît nécessaire de construire et d’inventer de nouvelles « propositions », préférables à celles léguées par le siècle précédent.

Le design semble désormais considéré comme un élément de solution pour accompagner ces mutations. Pour Paola Antonelli, conservatrice au Moma de New York, « le design fait partie des indicateurs qui éclairent et fabriquent le changement culturel que nous vivons ». Il est donc à un tournant de ses pratiques et de ses rôles, mais aussi dans une mutation au regard des responsabilités qu’il se doit d’assumer.

Au-delà de ses actions historiques, le design contemporain s’étendra jusqu’à toucher presque toutes les facettes des activités humaines, la science, l’éducation, l’économie ou la politique. Il sera protéiforme, à l’instar de disciplines comme la physique ou l’architecture. Ainsi, au-delà de leur formation classique, les nouveaux designers devront avoir une vision systémique et des savoirs étendus en termes économiques, technologiques et anthropologiques, ainsi qu’une aptitude à dialoguer avec d’autres disciplines.

Le designer définira des possibles et des propositions. Celles-ci pourront se définir autant comme des visions que comme des pratiques – un dessein et un dessin – pour accompagner les transformations du monde.

On pourra distinguer deux sortes de designers. Les premiers produiront des questionnements et des visions autour de sujets nouveaux, éclairant les opportunités et les risques du futur. Les autres représenteront des situations concrètes (nouveaux objets, services, organisations…) afin qu’entrepreneurs, scientifiques, politiques et grand public puissent agir dessus, les adopter et les produire.

Ces designers ne seront pas solitaires, leur palette d’expression s’appuiera sur une capacité à dialoguer, à «synthétiser» et créer des situations d’intelligences contributives, réflexives et attentionnées «pour et avec» les organisations, la société et les gens.

Cette nouvelle ère a commencé. Le design devient central dans la quête éternelle de l’homme à dégager la beauté et le bien de la nécessité et de la complexité. Notre plus gros défi sera peut-être de convertir les hauts décideurs des entreprises françaises, pour la plupart silencieux sur cet enjeu et ces opportunités.

Publication orginale dans les Echos

09/04/2013 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

avril 8, 2013

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Les zones d’innovation sont souvent dans de grandes villes, comme San Francisco qui est le complément « créatif » de la Silicon Valley. Le développement de ces quartiers, souvent initiés par des artistes, s’organise autour de la recherche de loyers modiques et de lieux attractifs.

A l’exemple des quartiers créatifs de New York, Londres ou Berlin, les clefs de leur succès se trouvent dans l’attraction de talents : communicants, designers, ingénieurs, développeurs, marketeurs, acteurs de la culture, universitaires… Ces « industries créatives », comme on les nomme, sont des ponts entre intelligible et sensible, entre recherche et innovation, entre projet et produit.

Paris a vocation à être un leader des industries créatives et aura bientôt son « quartier numérique », comme l’a annoncé la ministre Fleur Pellerin. Il me semble important d’y dédier des lieux aux entreprises du futur et d’y lier numérique, créativité et productivité. Ce sont donc des situations urbaines nouvelles, des programmations innovantes et des lieux légers et « désirables » qu’il s’agit d’imaginer.

Des plates-formes en réseau qui favoriseront les fertilités croisées pour permettre des productions imprévues. Certains seront nouveaux, d’autres existent déjà ou trouveront place dans des friches, peu importe. Pour réussir, ces lieux devront être multithématiques, multi-usage, multisurfaces et multiobjets : incubateurs pour se lancer, accélérateurs pour se développer ou « agrandisseurs » pour se consolider. Ouverts à toutes les entreprises récentes, anciennes, petites ou moyennes (et aux laboratoires des grandes), ce seront également des lieux de production, grâce à des micro-ateliers de fabrication. Les lieux de convivialité (restaurant, machine à café, babyfoot, concert, salle de sport…) y seront aussi importants que le débit du réseau pour favoriser les échanges et les rencontres.

Bâtiments, quartiers, véritables laboratoires du renouveau économique et urbain, c’est un réseau fertile de lieux multiples, hybrides, pollinisateurs, ouverts, légers et non standards qu’il s’agit de favoriser pour faire de Paris la ville du numérique créatif.

Publication orginale dans les Echos

19/03/2013 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

mars 18, 2013

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Les débats sur le made in France relèvent autant d’une réflexion sur l’industrie que sur ce que nous sommes, nos objets et nos pratiques. En France ont été inventés la photographie, le cinéma, l’automobile, l’aviation, etc. Mais notre pays a perdu beaucoup des entreprises qui produisaient nos objets « du quotidien ».

Roland Barthes pourrait-il écrire à nouveau « Mythologie », le livre où il décryptait la symbolique d’objets comme la Citroën DS ?
Nous avons la recherche, nous avons la technologie, nous avons la culture des projets, mais où sont les « objets de désirs » ?
Notre pays a une culture abstraite qui tend à valoriser les savoirs et l’analyse plutôt que les compétences, l’intuition, la passion, l’action, l’imprévu. La création y relève de la culture, rarement de l’industrie.

Le changement d’âge que nous vivons ouvre des perspectives sur ce que nous pourrions « faire », et sur les manières dont nous pourrions « faire » ces choses. C’est donc moins un redressement qu’il s’agit de mettre en place que de nouvelles projections innovantes.
L’esprit du numérique bouleverse les schémas classiques et ouvre de nouvelles relations entre vision, conception, production et public. Il existe en France des modèles qui illustrent ces mutations, à l’exemple de la société Biscuits Poult, où l’homme est utilisé non plus comme force de travail, mais comme une intelligence productive et créative. Sculpteo, une entreprise de fabrication à la demande, regroupe une usine à Tarbes, un service de modélisation 3D dans le « cloud » et une application iPhone qui forment une nouvelle chaîne de conception, fabrication, distribution avec les utilisateurs. Tribord, la marque de sports nautiques de Decathlon, réinvente la conception intégrée de produits avec son centre de design hébergé dans un magasin test à Hendaye, au bord de l’eau. Cet esprit se retrouve aussi chez les nouveaux « patrons » de start-up, souvent visionnaires et créatifs.
Assumons notre histoire, soyons créatifs, faisons des produits qui nous ressemblent : nos défis pour y arriver seront nos capacités à changer et à laisser l’envie et la passion conduire ces changements…

Publication orginale dans les Echos
11/12/2012 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

mars 15, 2013

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Les « fablabs », ateliers de fabrication numérique où l’on peut produire à peu près n’importe quoi, provoquent à la fois de l’enthousiasme et des croyances. Ces nouvelles formes de bricolage, de prototypage et de fabrication trouvent leurs origines dans l’évolution des procédés et dans la démocratisation des technologies logicielles, des nouvelles machines (imprimantes 3D, découpeuses laser…) et des cartes électroniques qui leur sont connectées. Elles bouleversent les cultures industrielles classiques. Cependant, les attentes ouvertes par ces lieux pourraient amener des déceptions. Ces ateliers combinent en effet plusieurs enjeux différents, complémentaires, qu’il faut apprendre à distinguer pour les comprendre :

- des espaces sociaux de partage, permettant de faire ensemble, pour soi ;

- des espaces de formation par la pratique, qui permettent de « faire faire pour faire comprendre » ;

- enfin, des ateliers de production utilisant le prototypage comme outil de conception inscrit dans l’économie des « nouveaux objets ».
En plein débat sur la culture industrielle, on mesure l’intérêt des paysages de possible qu’ouvrent ces ateliers. Ils rééquilibrent notre éducation abstraite fondée sur le savoir, transcendent les compétences, les disciplines et les sujets. Ils valorisent la diversité des êtres qui les fréquentent. Surtout, ils doivent être centrés sur des usages et des propositions adéquates. C’est peut-être la vraie valeur de ces ateliers : une approche qui nous apprend à regarder la réalité des choses et à proposer des expériences et des produits nouveaux, mais également à changer les organisations de l’intérieur.

Cet esprit de création et de fabrication, métissant le collectif et l’individuel, proposant de nouvelles organisations sociales, créatives et productives, sera la marque de fabrique des entreprises du XXI e siècle pour gérer les défis de la complexité et de la transformation du monde.

Nous ne retrouverons pas nos usines d’antan, en revanche, nous pouvons inventer un « nouveau monde » industriel.

Publication orginale dans les Echos
22/01/2012 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

mars 11, 2013

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Publié en 1886, en pleine crise économique, le rapport Vachon intitulé « La Crise industrielle et artistique » pointait le retard français dans les échanges internationaux.
Etonnant complément au rapport Gallois, il soulignait déjà les faiblesses chroniques d’attractivité de nos productions : « Nous avons marché à la tête de la révolution des idées, rarement de celle de l’industrie » ; « Soyons un peuple d’artistes, en même temps qu’un peuple de marchands, cela n’est point inconciliable, à condition que les marchands soient des artistes. »

Effet du rapport Vachon, les cinquante années qui suivirent virent l’éclosion de trois expositions universelles, d’inventions, de technologies, de produits et d’entreprises singulières. Cette période a créé le grand récit de la création industrielle en France et notre réputation de créativité. Dans le propos de Marius Vachon, la compétitivité est indissociable de l’attractivité. « Le mérite artistique d’une oeuvre industrielle n’implique point un prix de vente fort élevé. Ainsi, un meuble de 100 francs peut être plus élégant, d’un goût plus pur qu’un meuble de 1.000 francs. » Marius Vachon proposait de quitter la tradition et de séparer les valeurs d’usage, de perception et de production. En cela, il est l’un des précurseurs du design, cette discipline qui donne du sens, de l’usage, un « dessein » et un « dessin » aux productions industrielles.

Le design est aujourd’hui une activité de conception innovante et de création qui s’attache à aménager, créer et produire le lien entre les technologies et les « objets » finaux pour l’homme et son environnement. Cependant, à cause du poids récurrent de notre histoire, il est souvent perçu en France comme un style ou une fonction cosmétique, mais rarement comme un agent de création de valeur. A l’heure du changement d’âge que nous vivons et de la révolution numérique, les analyses de Vachon restent d’actualité : « Mettons de l’art en tout, dans tout ce que nous faisons… et élevons notre imagination. » Réalisons encore une fois notre dessein, notre destin. Ainsi, nous serons peut-être à nouveau attractifs, et donc compétitifs.
Publication orginale dans les Echos
11/12/2012 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

février 26, 2013

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Pour Jean-Louis Frechin, le design doit évoluer et tenter de répondre aux enjeux de la révolution numérique. Ce Design numérique relève autant des humanités, de l’art et de la science et des technologies, que de l’économie car il s’attache à la création de nouvelles relations entre les producteurs et les Hommes dans un monde en réseaux.

La nouvelle révolution industrielle provoquée par le « numérique », embrasse et modifie en profondeur tous les secteurs de la société. Le véritable changement d’âge que nous vivons (rôle infini du logiciel, monde en réseau, mutations sociales, hypercrises successives, fin des modèles du XX siècle, désir d’émancipation) bouleverse les aspirations des hommes, des organisations sociales, de l’économie, de l’éducation, de l’industrie et même les organisations politiques. Il transforme la nature des offres qui nous sont proposées et les modes d’organisation de conception, de production, de distribution et de consommation des « situations », « objets » et « services » contemporains. Dans ce contexte, à partir de ses fondamentaux historiques, le design doit évoluer et tenter de répondre aux enjeux de la révolution numérique comme le Bauhaus a pensé, la forme, l’usage, le sens et les productions de la révolution industrielle et structurée l’esthétique du XX siècle.

UNE APPROCHE « TRANSDISCIPLINAIRE » POUR CONCEVOIR DES « NOUVEAUX OBJETS » ADOPTABLES.
Le design numérique, design de la transformation numérique, a pour défi d’être un acteur de la pensée, des technologies et des constructions du « Nouveau Monde industriel » qui s’ouvre. Le design du numérique, design des possibles, des actions et des transformations peut se définir autant comme une ambition qu’une pratique – un dessein et un dessin -. Son objet consiste à proposer, spécifier et aménager des situations, des interactions et des représentations des nouvelles « offres ». Il est à la fois une activité de création et de conception innovante dont le but est d’imaginer, de projeter, et de produire les multiples facettes des objets, des services et des systèmes de façon globale et sensible. C’est pourquoi il constitue un des principaux leviers d’originalité, d’humanisation et de transformation des technologies.
Le Design numérique comme le design relève autant des humanités, de l’art et de la science et des technologies que de l’économie. Il s’attache à la création de nouvelles relations entre les producteurs et les Hommes dans un monde en réseaux. Cette démarche est possible par ses capacités à dialoguer avec l’ensemble des acteurs des projets recherche, technologie, utilisateur, et modèle d’affaires innovants dans des situations « transdisciplinaires » qui transcendant entre, à travers et au-delà les expertises pour concevoir des « nouveaux objets » adoptables. Cette démarche s’applique à tous les niveaux et tout au long du projet.

DE NOUVELLES SPÉCIALITÉS AUX RÉGIMES INSTABLES
Le champ d’application du design numérique est large et protéiforme à l’instar de disciplines comme la physique, l’architecture, ou l’ingénierie. Il s’attache autant aux « objets contemporains » qu’à la fourniture de propositions globales, contextuelles, inclusives et réflexives au service de l’entreprise, des institutions ou des situations d’intérêt général. Il agrège, sublime et défini l’objectif des nouvelles spécialités aux régimes instables : Design d’interaction, de l’expérience utilisateur, des interfaces, des services, centrés sur l’utilisateur, graphique ou de produits. Dans ce contexte, il est porteur des démarches d’innovations non technologiques actionnables, par ses capacités à imaginer, à scénariser, à représenter et à prototyper des formes, des situations, des usages et des pratiques afin d’aborder et stimuler le Nouveau, la complexité contemporaine, les sciences du numérique et la création de valeurs sociales, économiques et éthiques.

UN POINT D’INTÉGRATION ENTRE LES PRODUCTEURS, LE PRODUIT ET LES UTILISATEURS
L’approche du Design lorsqu’elle est bien conduite doit aider à définir le contexte, les enjeux, les objectifs du projet jusqu’a son exécution et sa formalisation : « ce que l’on propose, pour qui, ce que l’on fait, ce que l’on voit, ce que l’on perçoit et la manière dont on le fabrique et dont on l’utilise ». Il porte en son sein l’ambition de « concevoir » des produits/services originaux qui améliorent la vie, mais aussi de les réaliser: « Que Faire » en amont et le « faire » en aval. Le design numérique est ainsi le garant de « l’esprit et du corps » des productions numériques instables, non finies, ouvertes, par nature.
Le design numérique porte la synthèse créative et sensible des composantes d’un projet. Un point d’intégration entre les producteurs, le produit et les utilisateurs, qui répond aux nouveaux enjeux culturels, sociaux et industriels. C’est un enjeu culturel, de création de valeur et de compétitivité et d’attractivité, mais également une responsabilité et un défi pour contribuer à un projet de société et une responsabilité au regard de notre histoire. Les designers et les lieux de formation doivent l’assumer et s’y préparer… Les politiques doivent l’intégrer… les entreprises l’aborder et les hommes en bénéficier. C’est un enjeu d’économie politique.
Jean-Louis Frechin

Publié initialement dans l’usine digitale

février 11, 2013

Comment

A la fin du XX siècle, les propositions qui nous sont faites sont basées sur des modèles marchands de consommation de masse où la valeur n’est plus la richesse produite, mais se reporte sur les marques, la financiarisation, les techniques de commercialisation, etc… Après la disparition des usines, théorisée sous le nom de «FabLess». Nous assistons a une disparition du rôle des «produits» dans l’offre des entreprises. Celui-ci devient une «commodité » au service de la marque et de la valeur financière de l’entreprise, en oubliant la terre et les hommes. En France, nous avons été parmi les bons élèves de cette stratégie, et nos champions d’hier ont pour la plupart disparu….
Nous vivons désormais dans un régime de crise permanente mondiale: financière, écologique, politique, mais également en France une crise profonde des modèles et des « propositions » qui nous sont faites. La résultante de ce processus est une question: quels «objets français» , services ou situations marqueront le XXIs siècle ?, qu’utiliseront nos enfants ? De quoi nos souvenirs seront-ils faits ? Pour citer Roland Barthe, d’où viendront les «mythologies» de demain, ces objets qui nous définissent culturellement ?
Par-dela les objets, la révolution numérique provoque la naissance d’une nouvelle modernité, basée sur l’information, les relations et la complexité. Elle sculpte déjà le XXIe siècle.
Dans ce contexte, les modèles publics, éducatifs, industriels, marchands changent à cause ou en conséquence de ces mutations. On peut ainsi souligner des idées importantes parmi les nombreuses mutations pour construire ces nouvelles propositions.
La production n’est pas seulement la fabrication d’objet, elle est un élément de la construction des structures sociales, culturelles et symboliques d’un pays. Mais nous ne retrouverons pas nos usines d’antan, par contre nous pouvons inventer un Nouveau Monde industriel.

Produire, de manière contemporaine est important et un des enjeux de la campagne présidentielle. Mais on ne peut oublier la nature et la qualité de ce que l’on se propose de produire. La nature de ces «propositions» est curieusement absente des propositions des candidats. En d’autres termes quelle est la qualité, la valeur et la singularité du Made in France et du Design in France ?.

La relation entre producteur et consommateur est changée à tout jamais
par la mise en réseau et l’information des personnes… l’interdépendance entre institutions, entreprises, marque, produit et activités sont visibles, commentés et observés.

Les humains aspirent à être plus que des consommateurs dont le rôle est simplement de «payer». On ne peut plus être exclu des objets, des services ou des institutions que l’on utilise. Il existe une aspiration de reprise en main de son destin propre et de son existence par des contributions, des actions individuelles et collectives.

La notion de progrès évolue et délaisse le seul critère technologique, au profit de propositions humanistes centrées sur les gens et le progrès social.

À partir de ces émergences, les relations entre les hommes et les offres qui leur sont faites sont bouleversées. Aujourd’hui, on constate des aspirations à des nouveaux modèles où la recherche de valeurs éthiques et morales enrichit la valeur économique. On peut ainsi appeler de nos vœux la fin des produits et de services qui nous asservissent plutôt qu’ils nous servent. Le toujours plus n’en peut plus, les nouvelles propositions alternatives et contributives doivent aller vers le meilleur.
Ces enjeux nous obligent désormais à considérer les destinataires des produits comme des partenaires informés et responsables. Peut-être, faut-il alors réinscrire les entreprises et les organisations dans des objectifs identifiables, sociaux, territoriaux, politiques, économiques dont l’aboutissement est une proposition intéressante et adéquate et dont la juste conséquence sera un gain économique mais aussi un progrès social et culturel.

Dans cette «société de proposition» que j’appelle de mes vœux, les valeurs esthétiques, sensibles, créatives, symboliques, démocratiques, responsables, éducatives, symboliques et emphatiques vont être centrales et donner une profondeur distinctive et une singularité aux projets et aux offres qui nous sont faites. Les acteurs de ces mutations seront comme le prédît Armand Hatchuel les agents du progrès du XI siècle.

Notre pays revendique une réputation créative. Mais pour répondre à ce «leg » issu de la fin du XIX siècle, les entreprises et les institutions ne peuvent plus considérer le design industriel comme la spécialité du beau, ou comme un art bourgeois décoratif. Face à ces défis, nous pensons qu’il est temps de considérer l’apport du design et des créateurs pour ce qu’ils apportent; une force de proposition impliquée et contextuelle, stratégiques et créatrice de valeur(s).
C’est une responsabilité, un défi au regard de notre de notre histoire.
Les créateurs doivent l’assumer et s’y préparer… Les politiques doivent l’intégrer… c’est un enjeu d’économie politique.

Jean louis Frechin

Article publié sur le site de Telerama en Février 2012

décembre 10, 2012

Comment

Le site Owni et Sabine Blanc avec  humour et un ton plus militant que journalistique interpelle Fleur Pellerin et s’interroge de ce qu’est ou n’est pas un FabLab©.

Une tentative de contribution pour aller au delà et chercher ce qui pourrait être important pour le pays.

Vous avez raison, Chere Owni  l’ENSCI n’est pas un FabLab©. Nous ne revendiquons que cela: “l’ENSCI, dans son organisation, ses missions, son histoire et ses projets est un atelier de pensée et de pratique qui s’inscrit, participe et contribue à l’histoire du design et à la dynamique des FabLabs.”

Faites-nous l’honneur de considérer que le débat d’idée et l’intérêt général nous intéresse en premier lieu. La pratique nous la maitrisons, les échanges nous les affirmons.

Je ne parlerai donc pas du Modèle FabLab©, mais de ce qu’on y fait.

Ce sujet dépasse l’idéologie et les philosophies de l’instant. “Donne un poisson à un mendiant il mangera une journée, apprends lui a pêcher, il mangera toute sa vie” disait Confucius qui n’a pourtant signé aucune charte de FabLab.
Faire des choses est vieux comme l’humanité; comprendre, vieux comme la science; pratiquer pour apprendre vieux comme “les petits débrouillards”; la volonté de récupérer les outils de production, vieux comme le “marxisme” et la débrouillardise aussi ancienne que la Gaule.

Les pratiques issues des Fablabs sont donc anciennes: rendons hommage à l’atelier de Pascal et sa Pascaline, aux sessions ouvertes de l’académie royale des sciences à Londres, aux labos de Cornell University (premiers FabLabs), aux écoles mutualistes, Montessori, Freinet et à l’atelier de Jean Prouvé.

J’ai échangé lors de conférences plusieurs fois avec Gershenfeld de sa vision et des croisements et spécificités culturels, ce qu’il admet en homme intelligent, ouvert et passionné. La science est son propos et ce qu’il a créé avec les FabLabs est inscrit dans sa théorie scientifique générale pour arriver à ce que des machines programmes la matière. Son labo n’est d’ailleurs pas ouvert, à l’instar de l’atelier de conception et de fabrication numérique de l’ENSCI. Cela limite t’il l’intérêt de leurs formes et de leurs fonctionnements ?

Avec Daniel Kaplan et la Fing et d’autres association comme ping, l’ensci, et d’autres nous avons initié le développement des Fablabs en France en observant le dynamisme américain, africain, mais également en nous appuyant sur l’histoire du Design, de l’industrie, de l’artisanat.
Ce sont ses causes qui ont conduit à la création de l’ENSCI-Les Ateliers, il y a trente ans pour les mêmes raisons que celles qui ont guidées Gershenfeld. Ce constat à donné un nom à cette école : les Ateliers. Affirmons une histoire de la fabrication et de l’intelligence de la main en France, puisque tel est le cas.

Ces ateliers de pratique transdisciplinaire sont un enjeu multiple social, territorial, éducatif et économique débattu depuis presque un siècle dans le Design. C’est important aujourd’hui au regard de la crise sociale qu’a traversée notre pays. Beaucoup de collectivité territoriale intègre ces nouveau espaces dans leurs projets urbains sur tous types de sujets; nautisme, data, textiles, santé et vieillissement, etc…
J’ai eu l’opportunité de visiter dans la plupart de ces nouveaux lieux en Europe, j’en ai initié certain. J’ai constater leur génie et leurs limites: le passage a l’échelle et le modèle économique.

Sur le fond, J’en proposerai trois idées sur les besoins éducatifs, productifs, créatifs, inventifs et économiques du Pays

Le « salon » comme nouvel atelier :Un lieu où naissent les idées
L’« Atelier » comme nouveau « salon »:Un lieu où naissent les projets
Un cabinet de curiosités ouvert et participatif: Un lieu où se fabrique la transdisciplinarité

Sur ce qu’on y fait, les enjeux sont importants et variés:

Fablab social (faire ensemble)
FabLab formation (comprendre)
FabLab production (invention de nouveaux objets)
Ces objectifs et enjeux peuvent être confondus, complémentaires ou organisés sur un domaine plutôt qu’un autre.

Ne faisons pas de ce sujet majeur et capital, une revendication partisane. Battissons des propositions adéquates et constructives répondant à des enjeux complexes et larges, sans idéologies destructrices. Nous ne serons pas de trop pour nous atteler à la tache. La paysage doit-être complet et diverses pour réussir.

De l’ouverture d’esprit et tous ensemble nous changerons les choses.
http://www.nodesign.net/blog/salons-ateliers-cabinets-de-curiosite-les-lieux-de-la-transdiciplinarite/

http://www.editions-descartes.fr/Titres-des-Editions-Descartes/Internet-peut-il-casser-des-briques/770.htm

novembre 12, 2012

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Valeur partagée mais valeurs detournées ?.

MQRF Contribuer : Quelle est la valeur du travail ?
La France change, une multitude d’événements, de lieux, de situations révèlent de nouvelles formes d’innovation et de rencontre: FabLabs, Hackaton, Barcamp, Co-Working qui sont des formats importés. Des organisations nouvelles et originales se créées également basées sur des apprentissages collectifs comme les Cantines, MuseoMix, MakeitSense, OuiShare, Apéro, ou Questions numériques sur des formats plus gaulois.

Ces manifestations illustrent une mutation profonde issue de l’internet et du réseau que l’on pourrait qualifier d’« aplatissement du monde » ou des « nouvelles formes » de relations déterminé par l’esprit du numérique. Nous pourrions la nommer « économie de la contribution ». Celle-ci revalorise l’engagement et le savoir au détriment de la seule valeur monétaire du travail. Elles illustrent une envie profonde de contribution, de dialogues, de rencontres, d’échanges, mais aussi de valorisation de soi ainsi qu’un changement de génération.
Ces situations innovantes révèlent et démontrent la capacité des gens à agir (empowerment ). Elles signent autant les ambitions personnelles que les envies de destins communs. Ainsi, ces situations nouvelles sont devenues des moteurs d’innovation et de réflexions sociales, économiques et culturels.

Ces situations nouvelles illustrent les théories d’Éric Van Hippel sur les selfs manufacturers, la figure de l’amateur de Bernard Steigler ou des livres comme l’éthique hacker de Peka Himanen qui raconte l’histoire de Linus Torvald, le père de Linux. Mais également les propos de Ian Moullier Boutang sur économie de pollinisation dans « l’abeille et l’économiste ».

 Contribuer : Quelle est la valeur du travail ?

« Innovation happens when people don’t ask permission ».
Ces « situations » et « objets » sociaux, culturels et économiques nouveaux sont nombreux, intéressants, fructueux et salutaires au regard des blocages de la société française. Elles sont difficiles à comprendre car elle n’ont pas de « formes ». Ainsi, les grosses organisations publiques, culturelles, les grandes entreprises observent cet âge du changement sans y voir un véritable changement d’âge.

Ainsi, au cours des 10 dernières années, notre pays a ainsi profondément changé: Naissance de cantines locales (lieu d’échanges et d’innovation), réseaux de FabLAb (lieux transdisciplinaires de production locale), invention de nouveaux tiers lieux, développement d’espace de co-working en réseau qui se traduisent aujourd’hui dans le développement urbain. Cela signe l’importance de l’économie sociale et solidaire comme agent économique, célèbre la reconnaissance de la figure de l’entrepreneur et développe de nouvelles opportunités urbaines autour de l’être ensemble, de l’économie ou de l’engagement. Il semble que notre vieux pays soit balayé par un mouvement fort et innovant étonnant.
Celui-ci est horizontal, individuel, collectif, large. Il agrège culture, action sociale, solidarité, création de richesse et idées de l’entreprise. Ces situations nouvelles créées de la valeur pour les individus, de la valeur sociale et de la valeur économique dans de nouveaux « destins a-disciplinaires » cause ou conséquences de la mutation numérique.

L’engagement de ces « amateurs » , « contributeurs » ou « Hackers » repose sur des valeurs d’engagements et de quête de sens autour du don, du contre don et des échanges. Ces valeurs sont le plus souvent immatérielles: connaissances, éducation, enrichissement personnel, intelligence partagée, construction d’émergences et quête d’engagement commun qui sont finalement des valeurs assez françaises et connues dans notre histoire (Lumières, révolution, histoire de la République, histoire des associations et des mutualistes). Ces situations renouvellent également le modèle associatif par « mutations générationnelles ».

Les objectifs recherchés par les « contributeurs » sont variés: Construction de soi, reconstruction, changement de parcours, engagement, quête de sens, projet, désir d’émancipation, estime de soi, promotion personnelle ou le désir de destin commun que l’on ne trouve plus forcement dans le travail et dans l’entreprise.

Contribution des entreprises
Ces illustrations de l’« esprit du numérique », c’est-à-dire des conséquences déterminées par le réseau sur nos modes de fonctionnement tant en immatériel que réel a fini par intéressé les Organisations.
Par exemple si l’on rencontre à de rares exceptions des responsables de la Culture, des Musées ou de l’administration dans ce type d’événement, on y rencontre quand elles ne les organisent pas des entreprises comme SFR, Microsoft, Orange, LA SNCF, La Poste, ou Renault. Les grosses collectivités territoriales proches du terrain en Bretagne, à Lille, Marseille, Lyon, Toulouse et Paris ont intégré ces activismes générateurs de liens sociaux, d’innovations et d’économie.
Celle-ci n’ont pas le choix, le modèle d’entreprise du XXe siècle ne fonctionne plus et ses frontières se troublent au regard de l’environnement ouvert, informé, communicant et hyperconcurrentiel conséquence de la numérisation des échanges.

Dans cet espace complexe, de nouvelles questions se dessinent. Peut-on laisser aux « gens » le seul rôle de « payeurs » ou de « consommateurs » passifs. Pourquoi les salaries cherchent-ils un sens à leurs actions, pourquoi les entreprises et leurs dirigeants chargés de la vision ne voient-ils pas ou ne ne comprennent-ils pas ou peu les situations de mutation que nous vivons et les rôles direct ou indirect de la valeur d’engagement, d’initiative et de proposition comme nouveau modèle de développement ?.

On assiste ainsi, par des initiatives variées et nombreuses à la création de communautés d’intérêts, toutes mues par ce même désir d’engagement et par la nature des défis à relever. Des tiers acteurs, associatifs ou des jeunes entreprises animent ces conversations parfois pour le « bien commun », comme la Fing, mais également parfois pour des objectifs plus intéressés par la marchandisation de cet élan ou par simple effet de mode.

Marketing de la contribution
Ainsi, les vielles « organisations » dans leurs efforts d’adaptation au monde tentent d’utiliser ces « mutations » comme des opportunités de communication publicitaire, d’accompagnement du changement, ou par la « destruction » de l’imaginaire et de visions internes. Les relations que les grands organismes économiques ont tissés avec le réseau sont d’abord interressés et promotionnelles. Elles ont ainsi eu des actions de communication par un dialogue avec des blogueurs influents. Puis Les Community manager ont eu pour rôle d’animer, d’influencer et de répondre aux communautés autour de la marque, ou des services proposées remplaçant ainsi les outils de CRM (Management de la relation client) lourds et inefficaces. … Nous sommes ici dans un marketing et une communication de la contribution qui n’a rien a voir avec les attentes et l’engagement des gens.
Les entreprises se sont également intéressées à des modèles d’innovation ouverte, formule « compatible avec le langage de l’entreprise » pour « confirmer » qu’elle n’innovait plus ou quelle ne le pouvait pas par blocage interne. Les petits acteurs ont ainsi été invités à devenir partenaires de leur création de richesse. Ces modèles de coopération avec de petites entreprises n’a pas toujours donné les résultats escomptés. En effet sans changement interne, ces petites entreprises agiles et passionnées ont souvent été regardées comme des concurrents et des challengers du « Not Invented Here ». Si quelques-unes d’entre elles sont entrées, la plupart sont ressorties très vite.
Les entreprises se sont ensuite intéressées aux Cantines, aux Hackatons, aux HackingsParty s’adressant directement aux individus, à la multitude et aux talents….
On constate en parallèle des évolutions dans le « contrat » entre le salarie et l’entreprise: Connexion permanente, Bring your own device, impératif de connexion haut débit et de Firewall, etc……. *

Ainsi, cette intelligence partagée, les échanges et la collaboration des publics, amateurs prosumers, employés, partenaires, clients, clients finaux sont désormais sollicités et partie prenante dans l’identification et dans la construction des opportunités marchandes.
Ainsi des entreprises, délèguent ou s’inspirent de clients ou d’individus engagés qui « deviennent » en partie « les producteurs de l’innovation » qu’il vont achetés.
Les relations entre Hommes, clients, salariés et entreprises sont ainsi profondément bouleversées.

« WEME »
L’époque articule la force des individus et d’un nouvel être ensemble. C’est un dire l’articulation de destin personnel avec ceux du collectif .

« Je contribue donc je suis » semble être le mot de l’époque. Cette reconnaissance de la contribution définit un  » je suis (connue) ou « re connue » » donc j’existe . C’est ce que l’on appelle l’économie de la réputation et de la contribution. Ces engagements ne sont donc pas tout à fait désintéressés, c’est la base d’une valeur d’échange renouvelée. On peut ainsi désormais parler d’« égoconception » inscrit dans une « égonomie ». L’empowerment et l’autonomie personnelle sont d’abord une affirmation de soi plus qu’un désir de destin commun. Ces contributions sont importantes, car elles semblent devenir la nouvelle forme de CV actif, indépendant de ce qu’on est et de ce qu’on a fait.

*« En permettant ainsi à toutes ses parties prenantes de participer à ses projets, en motivant, donnant et parfois en récompensant cette implication, les entreprises développent un avantage compétitif bien plus important que toutes les barrières technologiques ou de marché qu’elles ont su créer jusqu’alors. Le futur des entreprises passe par leurs communautés. Celles qui sauront le mieux les fédérer, les mobiliser et en tirer la plus grande valeur seront les championnes de demain. » ( ) 0I informatique. Nous voila prévenus…

Si c’est gratuit vous êtres devenu le produit
On offre donc désormais une partie de ce qu’on est pour bénéficier d’un système de communication permettant la réputation. L’engagement crée l’audience rémunératrice, documente son intimité plus efficacement que n’importe quelle technique de profilage .
« Si c’est gratuit vous êtres devenu le produit et la marchandise ». C’est le modèle Facebook qui tente de deviner ce que vous êtes par vos intérêts. C’est d’une autre manière le modèle de Google qui vous connait par vos recherches. Certaines entreprises ouvrent le « travail du Consommateur » (Livre de M-A Dujarier) comme aux bornes SNCF ou chez Ikea.
C’est enfin la façon dont les entreprises traditionnelles comprennent désormais et captent cet esprit du numérique et souhaitent désormais faire leur produit pour, avec et par les Hackers, prosumers, amateurs ou autres clients. C’est une nécessité pour elle si elles veulent survivre, car ne peut plus laisser aux clients un unique rôle de consommateur ou d’utilisateur. Mais elle ouvre la question du « travail de concepteur du Consommateur »

Qu’est devenu le travail ?
Ces nouvelles conversations redéfinissent donc la valeur d’échange, mais également la notion même du travail. Nous pouvons ainsi constater des détournements de l’esprit initial qui vont de la mise à disposition de sa vie, de son travail (site de logo gratuit, production d’objet, style de site), délégation de services clients ou hacking de performance… Le prolétaire était rémunéré pour acheter les produits qu’il fabriquait contre la force de son travail. Aujourd’hui il est non seulement le produit, mais est parfois désormais son concepteur et son initiateur. L’entreprise économique se sert de cette force innovante et créative supérieure à la sienne. Cet esprit de partage et de création, ce « travail » se trouvent ainsi captés dans une valeur d’échange inégale, don d’un côté, préemption de l’autre. La réputation suffit-elle comme valeur d’échange ? « La multitude succède au prolétariat. Plongés dans le capitalisme cognitif et saisis par ses exigences, engagées dans un travail de plus en plus immatériel, manipulant de plus en plus de concepts, voire d’affects, sommés de garantir notre « employabilité », nous appartenons tous à un ensemble intelligent, mouvant, autoorganisé : la multitude. » Comme le soulignent Verdier et Collin dans l’âge de la Multitude.
Le « pronetaire » est il le travailleur de l’intelligence comme le décrit Joel de Rosnay ou son nouvel esclave ? les exemples sont nombreux concours d’application, Hackaton, Hacking, proposition d’application qui demande des idées et des développements contre des cadeaux. Des sociétés tierces en ont fait un business modèle entre sourcing, communication, place de marché gagnant sur les deux tableaux et vendant la participation à des acteurs plus « gros ».

Je m’interroge sur ces ruptures de l’équilibre de la valeur d’échange et la nature et l’objet social des entreprises. La résolution de la crise des « propositions », c’est-à-dire des offres qui nous sont faites devra-elle se bâtir sur une redistribution de la valeur créée entre société, individu et entreprise. Je le crois.

Les individus changent, la société évolue , et les entreprises ?

Ainsi, en partageant et en contribuant tout le monde peut avoir un nouveau rôle et un objet social étendu: les individus, les entreprises et la société .
Si les gens (people en anglais) ou la multitude crée de la valeur, alors leurs rôles dans la chaine économique, sociale ou institutionnelle peuvent être définis au dela de l’estime de soi et de la réputation: Clients, actionnaires, Concepteurs, Vendeurs, Transformateurs, publicitaires, chefs d’entreprise,politiques. Tout le monde est concerné.

La société change, l’économie non marchande est très active. Les acteurs français sont leaders sur l’économie de la contribution (B Stiegler SFR-Player). Contrairement aux époques précédentes, la société est ainsi en avance sur les entreprises et sur la représentation politique. C’est dommage, car on mesure bien que ces questions relèvent essentiellement du politique et de l’économie politique.

Un nouvel objet social pour les individus et les entreprises
Les entreprises doivent évoluer et inventer de nouvelles relations et un nouveau partage de valeur dans un « objet social », c’est a dire une finalité réinventée.
On peut les nommer entreprise étendue . Armand Hatchuel développe l’idée de la refondation des objectifs de l’entreprise dans l’ouvrage «Refonder l’entreprise» et nous parle d’entreprise à objet sociale étendue . Refonder l’entreprise, de Blanche Segrestin et Armand Hatchuel . Il est important dans le contexte actuelle ne ne pas avoir peur de se poser ces questions et de rebâtir l’idée même de l’Entreprise comme destin collectif créatrice de valeurs economique et de valeur éthique et morale. On devine que les contours deviennent flous, poreux, ouvertes. Beaucoup des organisations du partage definnissent les contours de ce que nous pourrions nommer: l’entreprise ouverte. Les questions associées, deja posées par le mouvement coopératif ou mutualiste sont celles de la destination et du partage de la valeur ainsi créée.

La valeur des gens
Messieurs les hackers, amateurs, contributeurs, ou intelligences internes des sociétés vous avez de la valeur. Vos idées, vos actions conséquences de l’esprit distribué et horizontal du réseau ont changé les relations entre les acteurs, les organisations et les institutions. Vous êtes précieux et nécessaires.. Vos actions, vos idées sont importantes. Interrogez-vous sur ce que vous retirez de ces engagements  et de la valeur que vous apportez ? Quand la valeur d’échange n’est pas symétrique, soyez exigeant, soyez grand, soyez généreux mais ne soyez pas naïfs

La force des multitudes et des foules devient aujourd’hui un des modèles économiques de la société en réseau. Il se passe quelque chose qui va vraisemblablement changer la nature des produits, des organisations et de nos relation sociales mais il est également certain que ces rêves et ce futur ne sera pas comme nous pourrions l’imaginer. En effet, si l’on peut penser que l’intelligence collective ne bâtira pas les réponses de demain. L’intelligence partagée nous permettre de comprendre, faire des choix et de bâtir des destins communs.

Il est temps de changer d’échelle… et de « faire valoir » ce que vous êtes et ce que nous faisons pour le bien de tous et notre avenir, ici.

image slider pad TK 560 31680 Contribuer : Quelle est la valeur du travail ?

octobre 16, 2012

Comment

Faire, ReFaire: un enjeu pour l’entreprise

En plein débat sur l’industrie et l’innovation, quelles sont les nouvelles perspectives sur ce que nous pourrons « Faire » et sur les manières dont nous pourrions « Faire » ces choses.

Le changement d’âge que nous vivons: ère numérique, hypercrises successive nous interrogent sur le devenir de l’aventure collective innovante portée par la science qu’étaient les entreprises de la seconde révolution industrielle.

Notre pays a perdu beaucoup d’usines et d’entreprises qui imaginaient nos objets quotidiens. Pour celle qui reste, il n’est pas toujours aisé de comprendre «où naissent les produits ou les services». Montre-moi ton organisation et tes processus internes, je te dirais ce que tu produits, comment tu le produits et quel est ton imaginaire, pourrait-on dire.  Notre force en France est basée sur une capacité d’abstraction et d’analyse, qui a permis Airbus et le TGV et qui tend à distinguer la conception de son exécution. Hélas, le Minitel dernier objet technologique « grand public » français est orphelin et nos Startups ont du mal à grandir.

La crise profonde que nous traversons est donc celle de déficit de propositions attractives, mais également celle de «l’objet social» des «organisations» souvent centrées sur elle-même, et sur leurs actionnaires, paralysées par la peur de l’échec et les ses difficultés à comprendre les mutations induites par la révolution numérique.

C’est donc l’organisation tout entière dans sa dynamique collective, les relations à son milieu et aux hommes qui doivent évoluer.  Alors, comment «l’entreprise» peut-être ou redevenir une organisation «apprenante» force de propositions centrée sur le progrès partagé ?.

Afin de répondre à ces défis, un rééquilibre de notre culture, de notre éducation, mais surtout de nos pratiques sont certainement nécessaires.

L’esprit du numérique: réseaux «acentrés», force de la multitude en réseau, ouverture peuvent-ils libérer les énergies dans les organisations et redonner un sens partagé au projet. Peuvent-ils être émancipateurs des blocages pour aller vers la création, l’invention, et l’agilité collective ?

Nous proposons comme hypothèse de mettre en place en entreprise les démarches pratiques issues de l’esprit des Fablabs pour créer des espaces où naissent les produits et la valeur de l’organisation.  Ces ateliers transcendent entre, à travers et au-delà  les compétences, expertises et savoirs faire, mais aussi les disciplines, les filières et les sujets. La finalité de ces nouvelles situations est inscrite dans des objectifs. Cette organisation transdisciplinaire innovante et apprenante tire sa richesse de la diversité des êtres qui la fréquentent et le pratique, plutôt que des processus qui la guident. Ces ateliers font collaborer des acteurs variés, des talents et la création, par essence individuelle. Il en résulte une «transcréation», résultat et objectif de la transdisciplarité

Cet esprit du « Faire », transdisciplinaire est applicable à la mise en mouvement et à l’ouverture des organisations et des entreprises, mais surtout leur permettra de gérer les défis de la création industrielle et de la transformation du monde.   Ces Ateliers  sont les endroits où naissent l’«imprévu » créateur de « propositions »  nouvelles . En cela ils sont les lieux des pensées émergentes, technologiques et économiques qui incarnent les propositions nouvelles et l’imaginaire de l’entreprise.

Ils permettent ainsi de :

  • Construire des espaces innovants relevants du bien commun et du « faire ensemble » dans l’entreprise.
  • Valoriser de façon harmonieuse les intelligences pratiques et théoriques.
  • Révéler et libérer les énergies disponibles,.
  • Former et se former, défaire, refaire, faire
  • Expérimenter, se tromper, réussir
  • Valoriser le prototype comme outil de conception et de partage
  • Construire le Sentiment de fierté et d’appartenance à l’organisation
  • Ouvrir l’entreprise de l’intérieur et vers l’extérieur

Cet esprit de création, de mouvement et d’ouverture souvent visionnaire, métissant le collectif, mais aussi l’individuel, revendiquant un nouveau rôle social sera, nous le pensons la marque de fabrique des entreprises performantes du XXI ème.

Jean-Louis Frechin Designer Nodesign.net -

Partenaire du Programme ReFaire de la Fing –

Directeur Innovation et Prospective – École Nationale Supérieure de Création Industrielle

prouvé Faire, ReFaire: un enjeu pour l’entreprise