Posted on avril 8th, 2013 by Jean-Louis

1 Comment

Les zones d’innovation sont souvent dans de grandes villes, comme San Francisco qui est le complément « créatif » de la Silicon Valley. Le développement de ces quartiers, souvent initiés par des artistes, s’organise autour de la recherche de loyers modiques et de lieux attractifs.

A l’exemple des quartiers créatifs de New York, Londres ou Berlin, les clefs de leur succès se trouvent dans l’attraction de talents : communicants, designers, ingénieurs, développeurs, marketeurs, acteurs de la culture, universitaires… Ces « industries créatives », comme on les nomme, sont des ponts entre intelligible et sensible, entre recherche et innovation, entre projet et produit.

Paris a vocation à être un leader des industries créatives et aura bientôt son « quartier numérique », comme l’a annoncé la ministre Fleur Pellerin. Il me semble important d’y dédier des lieux aux entreprises du futur et d’y lier numérique, créativité et productivité. Ce sont donc des situations urbaines nouvelles, des programmations innovantes et des lieux légers et « désirables » qu’il s’agit d’imaginer.

Des plates-formes en réseau qui favoriseront les fertilités croisées pour permettre des productions imprévues. Certains seront nouveaux, d’autres existent déjà ou trouveront place dans des friches, peu importe. Pour réussir, ces lieux devront être multithématiques, multi-usage, multisurfaces et multiobjets : incubateurs pour se lancer, accélérateurs pour se développer ou « agrandisseurs » pour se consolider. Ouverts à toutes les entreprises récentes, anciennes, petites ou moyennes (et aux laboratoires des grandes), ce seront également des lieux de production, grâce à des micro-ateliers de fabrication. Les lieux de convivialité (restaurant, machine à café, babyfoot, concert, salle de sport…) y seront aussi importants que le débit du réseau pour favoriser les échanges et les rencontres.

Bâtiments, quartiers, véritables laboratoires du renouveau économique et urbain, c’est un réseau fertile de lieux multiples, hybrides, pollinisateurs, ouverts, légers et non standards qu’il s’agit de favoriser pour faire de Paris la ville du numérique créatif.

Publication orginale dans les Echos

19/03/2013 | Jean-Louis Fréchin | Développement | Tribune | LesEchos

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One Response to “Des quartiers numériques à inventer”


  1. La B@se

    1 year ago

    Bonjour,

    Votre réflexion est intéressante en ce qu’elle se propose de décloisonner les « quartiers numériques », initialement destinés par le gouvernement à une quinzaine de « métropoles » et aux entreprises du secteur des nouvelles techno.
    15 quartiers numériques devraient être mis en place dans autant de métropoles mais quid des autres collectivités ?
    Pour tenter de répondre aux questions posées par les fractures numériques cognitives et matérielles, nous avons en projet la création d’un Espace Public Numérique innovant et évolutif qui soit un lieu
    d’échanges et de mixité sociale favorisant le dynamisme socio économique et l’animation territoriale

    L’idée serait de réunir divers publics en un même lieu mais dans des espaces différents et en collaboration avec des acteurs du territoire; de part la transversalité et l’importance du numérique au quotidien, ces espaces numériques seraient des lieux d’interactions.

    La nouveauté serait un positionnement au carrefour de la création d’emplois (formations des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés), du conseil en TIC auprès des commerçants/TPE/artisans/ESS, de la formation, de l’insertion, de l’animation urbaine/rurale et de quartier, de la proximité.
    Toutes notions qui sont, nous le savons, sont sources d’innovation sociale et de dynamisme économique.

    Il s’agirait de réunir,en collaboration avec des structures existantes sur le territoire, par exemple:
    • Points d’Information et Médiations Multiservices ou e-Pimms dont le but est de faciliter l’accès aux services publics

    • Tiers lieu : (télétravailleurs, étudiants, etc…)

    • Atelier d’assistance pour l’installation d’une connexion à très bas prix à domicile chez les plus démunis.(FDN)

    • Espace de vente d’ordinateurs , composants électroniques, tablettes et téléphones portables reconditionnés à prix très bas (ADB Solidatech)

    • Atelier de conception et/ou fabrication de nombreux objets permettant une utilisation et/ou une réparation à moindre coût, développement de la créativité, de la débrouille solidaire et dynamisme économique, création d’entreprise: fablab

    • un studio de webtv participative permettant l’expression démocratique des habitants,notamment les plus fragilisés, auxquels on donne rarement la parole

    • un coin détente, information, échange

    • un temps d’animation périscolaire après les cours et diverses animations interactives et créatives utilisant les outils numériques, pour les enfants et ados, pendant les vacances

    • organisation d’expos d’art numérique

    • un temps d’animation périscolaire après les cours et diverses animations interactives et créatives utilisant les outils numériques, pour les enfants et ados, pendant les vacances

    Outre l’animation et la dynamisation du territoire, donc de son économie notamment, la richesse d’un tel lieu viendra des échanges multiples

    Financement?
    L’Etat a créé un fonds national pour une société numérique de 3,6Md’€ dont 2M pour le THD et 1,6M pour les entreprises mais rien pour la médiation numérique. Pourtant les mots « national » et « société » devraient à priori signifier que ce fonds doit soutenir toute la population!
    Nous proposons que 1% de ce fonds soit alloué à la médiation numérique dont, par exemple, la création d’un « quartier numérique », à minima, par département, communauté de communes, agglomération ou canton.

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