Posted on novembre 12th, 2012 by Jean-Louis

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Valeur partagée mais valeurs detournées ?.

MQRF Contribuer : Quelle est la valeur du travail ?
La France change, une multitude d’événements, de lieux, de situations révèlent de nouvelles formes d’innovation et de rencontre: FabLabs, Hackaton, Barcamp, Co-Working qui sont des formats importés. Des organisations nouvelles et originales se créées également basées sur des apprentissages collectifs comme les Cantines, MuseoMix, MakeitSense, OuiShare, Apéro, ou Questions numériques sur des formats plus gaulois.

Ces manifestations illustrent une mutation profonde issue de l’internet et du réseau que l’on pourrait qualifier d’« aplatissement du monde » ou des « nouvelles formes » de relations déterminé par l’esprit du numérique. Nous pourrions la nommer « économie de la contribution ». Celle-ci revalorise l’engagement et le savoir au détriment de la seule valeur monétaire du travail. Elles illustrent une envie profonde de contribution, de dialogues, de rencontres, d’échanges, mais aussi de valorisation de soi ainsi qu’un changement de génération.
Ces situations innovantes révèlent et démontrent la capacité des gens à agir (empowerment ). Elles signent autant les ambitions personnelles que les envies de destins communs. Ainsi, ces situations nouvelles sont devenues des moteurs d’innovation et de réflexions sociales, économiques et culturels.

Ces situations nouvelles illustrent les théories d’Éric Van Hippel sur les selfs manufacturers, la figure de l’amateur de Bernard Steigler ou des livres comme l’éthique hacker de Peka Himanen qui raconte l’histoire de Linus Torvald, le père de Linux. Mais également les propos de Ian Moullier Boutang sur économie de pollinisation dans « l’abeille et l’économiste ».

 Contribuer : Quelle est la valeur du travail ?

« Innovation happens when people don’t ask permission ».
Ces « situations » et « objets » sociaux, culturels et économiques nouveaux sont nombreux, intéressants, fructueux et salutaires au regard des blocages de la société française. Elles sont difficiles à comprendre car elle n’ont pas de « formes ». Ainsi, les grosses organisations publiques, culturelles, les grandes entreprises observent cet âge du changement sans y voir un véritable changement d’âge.

Ainsi, au cours des 10 dernières années, notre pays a ainsi profondément changé: Naissance de cantines locales (lieu d’échanges et d’innovation), réseaux de FabLAb (lieux transdisciplinaires de production locale), invention de nouveaux tiers lieux, développement d’espace de co-working en réseau qui se traduisent aujourd’hui dans le développement urbain. Cela signe l’importance de l’économie sociale et solidaire comme agent économique, célèbre la reconnaissance de la figure de l’entrepreneur et développe de nouvelles opportunités urbaines autour de l’être ensemble, de l’économie ou de l’engagement. Il semble que notre vieux pays soit balayé par un mouvement fort et innovant étonnant.
Celui-ci est horizontal, individuel, collectif, large. Il agrège culture, action sociale, solidarité, création de richesse et idées de l’entreprise. Ces situations nouvelles créées de la valeur pour les individus, de la valeur sociale et de la valeur économique dans de nouveaux « destins a-disciplinaires » cause ou conséquences de la mutation numérique.

L’engagement de ces « amateurs » , « contributeurs » ou « Hackers » repose sur des valeurs d’engagements et de quête de sens autour du don, du contre don et des échanges. Ces valeurs sont le plus souvent immatérielles: connaissances, éducation, enrichissement personnel, intelligence partagée, construction d’émergences et quête d’engagement commun qui sont finalement des valeurs assez françaises et connues dans notre histoire (Lumières, révolution, histoire de la République, histoire des associations et des mutualistes). Ces situations renouvellent également le modèle associatif par « mutations générationnelles ».

Les objectifs recherchés par les « contributeurs » sont variés: Construction de soi, reconstruction, changement de parcours, engagement, quête de sens, projet, désir d’émancipation, estime de soi, promotion personnelle ou le désir de destin commun que l’on ne trouve plus forcement dans le travail et dans l’entreprise.

Contribution des entreprises
Ces illustrations de l’« esprit du numérique », c’est-à-dire des conséquences déterminées par le réseau sur nos modes de fonctionnement tant en immatériel que réel a fini par intéressé les Organisations.
Par exemple si l’on rencontre à de rares exceptions des responsables de la Culture, des Musées ou de l’administration dans ce type d’événement, on y rencontre quand elles ne les organisent pas des entreprises comme SFR, Microsoft, Orange, LA SNCF, La Poste, ou Renault. Les grosses collectivités territoriales proches du terrain en Bretagne, à Lille, Marseille, Lyon, Toulouse et Paris ont intégré ces activismes générateurs de liens sociaux, d’innovations et d’économie.
Celle-ci n’ont pas le choix, le modèle d’entreprise du XXe siècle ne fonctionne plus et ses frontières se troublent au regard de l’environnement ouvert, informé, communicant et hyperconcurrentiel conséquence de la numérisation des échanges.

Dans cet espace complexe, de nouvelles questions se dessinent. Peut-on laisser aux « gens » le seul rôle de « payeurs » ou de « consommateurs » passifs. Pourquoi les salaries cherchent-ils un sens à leurs actions, pourquoi les entreprises et leurs dirigeants chargés de la vision ne voient-ils pas ou ne ne comprennent-ils pas ou peu les situations de mutation que nous vivons et les rôles direct ou indirect de la valeur d’engagement, d’initiative et de proposition comme nouveau modèle de développement ?.

On assiste ainsi, par des initiatives variées et nombreuses à la création de communautés d’intérêts, toutes mues par ce même désir d’engagement et par la nature des défis à relever. Des tiers acteurs, associatifs ou des jeunes entreprises animent ces conversations parfois pour le « bien commun », comme la Fing, mais également parfois pour des objectifs plus intéressés par la marchandisation de cet élan ou par simple effet de mode.

Marketing de la contribution
Ainsi, les vielles « organisations » dans leurs efforts d’adaptation au monde tentent d’utiliser ces « mutations » comme des opportunités de communication publicitaire, d’accompagnement du changement, ou par la « destruction » de l’imaginaire et de visions internes. Les relations que les grands organismes économiques ont tissés avec le réseau sont d’abord interressés et promotionnelles. Elles ont ainsi eu des actions de communication par un dialogue avec des blogueurs influents. Puis Les Community manager ont eu pour rôle d’animer, d’influencer et de répondre aux communautés autour de la marque, ou des services proposées remplaçant ainsi les outils de CRM (Management de la relation client) lourds et inefficaces. … Nous sommes ici dans un marketing et une communication de la contribution qui n’a rien a voir avec les attentes et l’engagement des gens.
Les entreprises se sont également intéressées à des modèles d’innovation ouverte, formule « compatible avec le langage de l’entreprise » pour « confirmer » qu’elle n’innovait plus ou quelle ne le pouvait pas par blocage interne. Les petits acteurs ont ainsi été invités à devenir partenaires de leur création de richesse. Ces modèles de coopération avec de petites entreprises n’a pas toujours donné les résultats escomptés. En effet sans changement interne, ces petites entreprises agiles et passionnées ont souvent été regardées comme des concurrents et des challengers du « Not Invented Here ». Si quelques-unes d’entre elles sont entrées, la plupart sont ressorties très vite.
Les entreprises se sont ensuite intéressées aux Cantines, aux Hackatons, aux HackingsParty s’adressant directement aux individus, à la multitude et aux talents….
On constate en parallèle des évolutions dans le « contrat » entre le salarie et l’entreprise: Connexion permanente, Bring your own device, impératif de connexion haut débit et de Firewall, etc……. *

Ainsi, cette intelligence partagée, les échanges et la collaboration des publics, amateurs prosumers, employés, partenaires, clients, clients finaux sont désormais sollicités et partie prenante dans l’identification et dans la construction des opportunités marchandes.
Ainsi des entreprises, délèguent ou s’inspirent de clients ou d’individus engagés qui « deviennent » en partie « les producteurs de l’innovation » qu’il vont achetés.
Les relations entre Hommes, clients, salariés et entreprises sont ainsi profondément bouleversées.

« WEME »
L’époque articule la force des individus et d’un nouvel être ensemble. C’est un dire l’articulation de destin personnel avec ceux du collectif .

« Je contribue donc je suis » semble être le mot de l’époque. Cette reconnaissance de la contribution définit un  » je suis (connue) ou « re connue » » donc j’existe . C’est ce que l’on appelle l’économie de la réputation et de la contribution. Ces engagements ne sont donc pas tout à fait désintéressés, c’est la base d’une valeur d’échange renouvelée. On peut ainsi désormais parler d’« égoconception » inscrit dans une « égonomie ». L’empowerment et l’autonomie personnelle sont d’abord une affirmation de soi plus qu’un désir de destin commun. Ces contributions sont importantes, car elles semblent devenir la nouvelle forme de CV actif, indépendant de ce qu’on est et de ce qu’on a fait.

*« En permettant ainsi à toutes ses parties prenantes de participer à ses projets, en motivant, donnant et parfois en récompensant cette implication, les entreprises développent un avantage compétitif bien plus important que toutes les barrières technologiques ou de marché qu’elles ont su créer jusqu’alors. Le futur des entreprises passe par leurs communautés. Celles qui sauront le mieux les fédérer, les mobiliser et en tirer la plus grande valeur seront les championnes de demain. » ( ) 0I informatique. Nous voila prévenus…

Si c’est gratuit vous êtres devenu le produit
On offre donc désormais une partie de ce qu’on est pour bénéficier d’un système de communication permettant la réputation. L’engagement crée l’audience rémunératrice, documente son intimité plus efficacement que n’importe quelle technique de profilage .
« Si c’est gratuit vous êtres devenu le produit et la marchandise ». C’est le modèle Facebook qui tente de deviner ce que vous êtes par vos intérêts. C’est d’une autre manière le modèle de Google qui vous connait par vos recherches. Certaines entreprises ouvrent le « travail du Consommateur » (Livre de M-A Dujarier) comme aux bornes SNCF ou chez Ikea.
C’est enfin la façon dont les entreprises traditionnelles comprennent désormais et captent cet esprit du numérique et souhaitent désormais faire leur produit pour, avec et par les Hackers, prosumers, amateurs ou autres clients. C’est une nécessité pour elle si elles veulent survivre, car ne peut plus laisser aux clients un unique rôle de consommateur ou d’utilisateur. Mais elle ouvre la question du « travail de concepteur du Consommateur »

Qu’est devenu le travail ?
Ces nouvelles conversations redéfinissent donc la valeur d’échange, mais également la notion même du travail. Nous pouvons ainsi constater des détournements de l’esprit initial qui vont de la mise à disposition de sa vie, de son travail (site de logo gratuit, production d’objet, style de site), délégation de services clients ou hacking de performance… Le prolétaire était rémunéré pour acheter les produits qu’il fabriquait contre la force de son travail. Aujourd’hui il est non seulement le produit, mais est parfois désormais son concepteur et son initiateur. L’entreprise économique se sert de cette force innovante et créative supérieure à la sienne. Cet esprit de partage et de création, ce « travail » se trouvent ainsi captés dans une valeur d’échange inégale, don d’un côté, préemption de l’autre. La réputation suffit-elle comme valeur d’échange ? « La multitude succède au prolétariat. Plongés dans le capitalisme cognitif et saisis par ses exigences, engagées dans un travail de plus en plus immatériel, manipulant de plus en plus de concepts, voire d’affects, sommés de garantir notre « employabilité », nous appartenons tous à un ensemble intelligent, mouvant, autoorganisé : la multitude. » Comme le soulignent Verdier et Collin dans l’âge de la Multitude.
Le « pronetaire » est il le travailleur de l’intelligence comme le décrit Joel de Rosnay ou son nouvel esclave ? les exemples sont nombreux concours d’application, Hackaton, Hacking, proposition d’application qui demande des idées et des développements contre des cadeaux. Des sociétés tierces en ont fait un business modèle entre sourcing, communication, place de marché gagnant sur les deux tableaux et vendant la participation à des acteurs plus « gros ».

Je m’interroge sur ces ruptures de l’équilibre de la valeur d’échange et la nature et l’objet social des entreprises. La résolution de la crise des « propositions », c’est-à-dire des offres qui nous sont faites devra-elle se bâtir sur une redistribution de la valeur créée entre société, individu et entreprise. Je le crois.

Les individus changent, la société évolue , et les entreprises ?

Ainsi, en partageant et en contribuant tout le monde peut avoir un nouveau rôle et un objet social étendu: les individus, les entreprises et la société .
Si les gens (people en anglais) ou la multitude crée de la valeur, alors leurs rôles dans la chaine économique, sociale ou institutionnelle peuvent être définis au dela de l’estime de soi et de la réputation: Clients, actionnaires, Concepteurs, Vendeurs, Transformateurs, publicitaires, chefs d’entreprise,politiques. Tout le monde est concerné.

La société change, l’économie non marchande est très active. Les acteurs français sont leaders sur l’économie de la contribution (B Stiegler SFR-Player). Contrairement aux époques précédentes, la société est ainsi en avance sur les entreprises et sur la représentation politique. C’est dommage, car on mesure bien que ces questions relèvent essentiellement du politique et de l’économie politique.

Un nouvel objet social pour les individus et les entreprises
Les entreprises doivent évoluer et inventer de nouvelles relations et un nouveau partage de valeur dans un « objet social », c’est a dire une finalité réinventée.
On peut les nommer entreprise étendue . Armand Hatchuel développe l’idée de la refondation des objectifs de l’entreprise dans l’ouvrage «Refonder l’entreprise» et nous parle d’entreprise à objet sociale étendue . Refonder l’entreprise, de Blanche Segrestin et Armand Hatchuel . Il est important dans le contexte actuelle ne ne pas avoir peur de se poser ces questions et de rebâtir l’idée même de l’Entreprise comme destin collectif créatrice de valeurs economique et de valeur éthique et morale. On devine que les contours deviennent flous, poreux, ouvertes. Beaucoup des organisations du partage definnissent les contours de ce que nous pourrions nommer: l’entreprise ouverte. Les questions associées, deja posées par le mouvement coopératif ou mutualiste sont celles de la destination et du partage de la valeur ainsi créée.

La valeur des gens
Messieurs les hackers, amateurs, contributeurs, ou intelligences internes des sociétés vous avez de la valeur. Vos idées, vos actions conséquences de l’esprit distribué et horizontal du réseau ont changé les relations entre les acteurs, les organisations et les institutions. Vous êtes précieux et nécessaires.. Vos actions, vos idées sont importantes. Interrogez-vous sur ce que vous retirez de ces engagements  et de la valeur que vous apportez ? Quand la valeur d’échange n’est pas symétrique, soyez exigeant, soyez grand, soyez généreux mais ne soyez pas naïfs

La force des multitudes et des foules devient aujourd’hui un des modèles économiques de la société en réseau. Il se passe quelque chose qui va vraisemblablement changer la nature des produits, des organisations et de nos relation sociales mais il est également certain que ces rêves et ce futur ne sera pas comme nous pourrions l’imaginer. En effet, si l’on peut penser que l’intelligence collective ne bâtira pas les réponses de demain. L’intelligence partagée nous permettre de comprendre, faire des choix et de bâtir des destins communs.

Il est temps de changer d’échelle… et de « faire valoir » ce que vous êtes et ce que nous faisons pour le bien de tous et notre avenir, ici.

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4 Responses to “Contribuer : Quelle est la valeur du travail ?”


  1. OlivierAuber

    11 months ago

    Valeur d’échange et valeur d’usage sont des cache-sexe.
    Le sexe c’est la valeur d’otage.
    Il y a aussi l’amour, c’est encore autre chose…

3 Trackbacks For This Post

  1. Owni, nous avons besoin d’Ateliers transdisciplinaires et diverses en France | NoDesign Says:

    [...] Ces ateliers de pratique transdisciplinaire sont un enjeu multiple social, territorial, éducatif et économique débattu depuis presque un siècle dans le Design. C’est important aujourd’hui au regard de la crise sociale qu’a traversée notre pays. Beaucoup de collectivité territoriale intègre ces nouveau espaces dans leurs projets urbains sur tous types de sujets; nautisme, data, textiles, santé et vieillissement, etc… J’ai eu l’opportunité de visiter dans la plupart de ces nouveaux lieux en Europe, j’en ai initié certain. J’ai constater leur génie et leurs limites: le passage a l’échelle et le modèle économique. [...]

  2. Faut-il se méfier des concours ? | Avec ou Sans Contact Says:

    [...] dans les domaines de l’architecture ou du design comme le précise Jean-Louis. Son article, Contribuer : Quelle est la valeur du travail ? montre bien les limites de l’exercice pour les contributeurs, les messages en sont [...]

  3. Génération Y? Ou génération e-Grecque? | Lucide Says:

    [...] Mais que s’est-il passé? La conjonction de deux phénomènes : l’explosion en vol de notre modèle économique mondial basé sur la croissance, la consommation et l’endettement et l’avènement d’une contre culture numérique mondiale (elle aussi) basée sur la contribution, le partage et l’intelligence collective. Ce mouvement de balancier fait se soulever peu à peu une jeunesse face à un monde dont elle ne veut plus – et qui n’existe plus. Les rêves et les codes érigés par les générations précédentes ne font plus recettes (c’est le cas de le dire…). Pour Bernard Stiegler, philosophe, nous sommes en train de passer « d’un consumérisme toxique à une économie de la contribution« . Dans le même sens, on peut lire dans  »L’âge de la multitude (Colin et Verdier, 2012) : « Les enfants du numérique sentent bien que la consommation – toujours plus de consommation – ne peut être le seul horizon de leurs activités. Le pouvoir de création qu’ils détiennent désormais leur permet de mesurer combien certains objets en sont venus à les asservir au lieu de les servir ». Les enfants du numérique aspirent donc à autre chose. Dans son billet, David Lang nous décrit son experience au sein de la communauté des makers et tous le bénéfice qu’il a pu en tirer. Il estime que “contrairement à la consommation, c’est le processus de création qui instille du sens dans les produits que nous utilisons”. Il propose ainsi de substituer le Retour sur Investissement (ROI) au Retour sur Aventure (ROA). Tout un programme. Pour Jean Louis Fréchin, ces phénomènes révèlent une “envie profonde de contribution, de dialogues, de rencontres, d’échanges, mais aussi de valorisati…”. [...]

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