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Retour à la présentation de L'Histoire de
l'aviation
Peu de coucous, guère de loopings Une histoire
rigoureuse de l'aviation
Le dernier cédérom de Montparnasse Multimédia conte avec sérieux la
fantastique épopée de l'aviation. Mais où sont passées les têtes brûlées
de l'Aéropostale?
Le Deperdussin Monocoque de 1913 était un drôle de zinc. Autrement dit,
pour emprunter le style encyclopédique de l’Histoire de l’aviation de
Montparnasse Multimédia, cet appareil "premier aéroplane à avoir dépassé
la vitesse de 200 km/h était étonnamment moderne et original pour son
époque". Suivent les informations techniques indispensables sur "la
voilure monoplane haubanée" et la "grande casserole d’hélice qui s’intègre
dans le profil du fuselage et réduit ainsi la traînée
aérodynamique." La notice est rédigée avec soin, signée (par l’un des
auteurs, Patrick Facon, d’une équipe conduite par Jean-Louis Frechin),
accompagnée d’une photo et d’un schéma. On y apprend même que le pilote
Maurice Prevost battit avec cet appareil peu courant un record de vitesse
à 203,850 km/h. Rien, par contre, sur la petite histoire de cet appareil
élégant et racé, et bien peu de chose sur celle des quelque 200 avions de
légende, DC3, Superconstellation, Concorde, Spitfire et autre Mig 21 dont
le CD, avec un sérieux janséniste, nous fait découvrir les
caractéristiques techniques et les performances. Il nous souvient
pourtant d’avoir rêvé à la lecture du Grand Cirque, le récit de guerre de
Pierre Closterman à la gloire des Spitfires, justement, d’avoir voyagé
avec quelques ratés du palpitant dans un DC3, sans parler de la saga du
Piper, petit monoplace à bord duquel nous connûmes un baptême de l’air
inoubliable. Cette mythologie si fascinante de l’épopée, celle que conte,
par exemple, l’admirable Vol de nuit à la gloire des têtes brûlées de
l’Aéropostale, on la retrouve quand même un peu dans les sautillantes
banques d’actualité de l’époque qui nous rappellent, en un Quick Time 3.02
très propre et plein écran s’il vous plaît, d’autres exploits, les
premiers vols d’Ader, la traversée de la Manche par Blériot après la
tentative manquée de Latham, etc. Ces récits sont la partie la plus
vivante de ce CD riche de 300 notices et 2000 photos, à l’interface dans
le ton: précise, élégante mais plus technique qu’épique... En passant,
l’un de ces récits nous rappelle, à propos de Latham, que celui-ci avait
participé, en 1909, à l’un des tout premiers meetings aériens. Et que dans
la foule qui regardait d’en bas ces fous volants dans leurs drôles de
machine, il y avait un gamin du nom d’Antoine de Saint-Exupéry! On ne
demandera donc pas à cette Histoire de l’aviation autre chose que ce
qu’elle apporte, et qui n’est pas rien: un beau produit, soigneusement
réalisé, documenté et écrit (nous avons fait contrôler par l’un de nos
spécialistes ès aviation la notice sur Swissair...), instrument de
consultation fiable et pratique grâce à un excellent outil de recherche,
le Navigateur. Très utile aussi, la fonction Internet, qui permet
d’accéder en ligne à quelques-uns des nombreux sites dans le monde
consacrés à l’aviation. On appréciera aussi la Chronologie, approche par
dates et domaines (1700 événements, 60 biographies de pilotes et
inventeurs, 80 monographies d’entreprises...) de ce siècle d’aventures
aériennes, techniques et industrielles. Enfin, les fans du plus lourd que
l’air trouveront dans la section Ateliers, de quoi nourrir leur faim
d’informations techniques. Une histoire à recommander pour amateur
sérieux, donc. Ce qui n’empêchera personne de relire, juste pour un peu de
fun, quelques vieux Buck Danny, fameuse BD francophone d’aviation qui
enchanta notzre jeunesse. D’ailleurs, les avions des premiers épisodes,
parus au tout début des années cinquante, appartiennent, eux aussi, à
l’histoire.
Robert Netz
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